Algérie

5e mandat de Bouteflika: les urnes trancheront, dit le Premier ministre

  • PubliĂ© le 25 fĂ©vrier 2019 Ă  15:22
  • ActualisĂ© le 25 fĂ©vrier 2019 Ă  15:53
Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia lors d'une conférence de presse le 2 février 2019 à Alger

La question du cinquiÚme mandat du président Abdelaziz Bouteflika, contre lequel un "nombre important" d'Algériens ont manifesté ces derniers jours, sera tranchée par les urnes, a affirmé lundi le Premier ministre algérien, dans une premiÚre réaction officielle à ces protestations massives.

Des dizaines de milliers d'AlgĂ©riens sont descendus vendredi dans la rue, notamment Ă  Alger oĂč les manifestations sont strictement interdites, rĂ©pondant Ă  des appels sur les rĂ©seaux sociaux, pour s'opposer au 5e mandat que brigue le prĂ©sident Bouteflika, 81 ans et affaibli depuis 2013 par les sĂ©quelles d'un AVC.

La prĂ©sidentielle "aura lieu dans moins de deux mois, chacun choisira librement. Chacun a le droit de dĂ©fendre son candidat et d'ĂȘtre contre tout autre candidat, les urnes trancheront de maniĂšre pacifique et civilisĂ©e", a dĂ©clarĂ© M. Ouyahia, Ă©cartant implicitement tout renoncement du prĂ©sident Ă  briguer un nouveau mandat.

RĂ©pondant Ă  "l'appel au changement" lancĂ© par les manifestants, il a soulignĂ© qu'en annonçant sa candidature, M. Bouteflika a promis "dans le cas oĂč il serait Ă©lu une confĂ©rence sans prĂ©cĂ©dent dans l'histoire de l'AlgĂ©rie", ouvertes Ă  tous et oĂč il sera dĂ©battu "de tout".

Il a par ailleurs appelé les Algériens à "la vigilance" car les "appels à manifester sont d'origine inconnue" et "face au risque de dérapages dangereux".
"L'Algérie a vécu suffisamment de souffrances et connu suffisamment de réformes pour avoir obtenu la possibilité de choisir dans le calme et la paix", a déclaré Ahmed Ouyahia, dont les propos ont été retransmis en direct par des télévisions privées.

Les manifestations massives de vendredi ont surpris par leur ampleur et marqué les esprits en Algérie. Dimanche, un nouveau rassemblement à Alger, à l'appel d'un mouvement citoyen qui peine d'habitude à mobiliser a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans le centre de la capitale malgré un dispositif policier important.

Le président Bouteflika a mis fin le 10 février à des mois d'interrogations sur ses intentions, en annonçant dans une "lettre à la Nation" qu'il briguerait un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril, scrutin présenté comme joué d'avance.

Le chef de l'Etat a quittĂ© l'AlgĂ©rie dimanche, comme l'avait annoncĂ© la prĂ©sidence, pour un "court sĂ©jour" Ă  GenĂšve, en Suisse, oĂč il doit subir des "examens mĂ©dicaux pĂ©riodiques".

AFP

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