AprĂšs ses propos sur l'envoi de troupes

A Prague, Macron doit préciser sa position sur l'Ukraine et les munitions

  • PubliĂ© le 5 mars 2024 Ă  06:52
  • ActualisĂ© le 5 mars 2024 Ă  07:33
Le président français Emmanuel Macron (G) et son homologue tchÚque Petr Pavel (D) à l'Elysée à Paris, le 20 décembre 2023

Emmanuel Macron se rend mardi Ă  Prague oĂč il devrait prĂ©ciser son soutien Ă  une initiative tchĂšque en vue d'acheter des munitions non europĂ©ennes pour l'Ukraine et Ă©carter toute "logique d'escalade" aprĂšs ses propos controversĂ©s sur la possibilitĂ© d'envoyer des troupes occidentales dans ce pays en guerre.

La visite en République tchÚque vise à mettre en scÚne cette "attention particuliÚre" portée à l'Europe centrale par le président français, a expliqué son entourage à la presse.

A un moment oĂč il semble de plus en plus vouloir imposer son leadership dans le soutien Ă  Kiev et le bras de fer avec la Russie, il va rencontrer son homologue Petr Pavel, qu'il avait reçu Ă  Paris en dĂ©cembre et avec lequel il va donner une confĂ©rence de presse en dĂ©but d'aprĂšs-midi. Et signer avec le Premier ministre Petr Fiala un plan d'action 2024-2028 pour le partenariat stratĂ©gique bilatĂ©ral.

Emmanuel Macron se sait attendu. Au cours d'une conférence internationale organisée le 26 février au palais présidentiel de l'Elysée, il avait esquissé plusieurs pistes pour renforcer l'appui militaire fourni à l'armée ukrainienne, qui essuie des revers sur le front, face à ce qu'il a dénoncé comme un "durcissement" du Kremlin.

Plus de 25 pays, essentiellement européens, doivent maintenant détailler ces solutions nouvelles, toujours sous la houlette de la France, et le président français doit ensuite se rendre d'ici à la mi-mars en Ukraine.

Parmi les idĂ©es qui ont pris la lumiĂšre Ă  Paris la semaine derniĂšre figure une initiative tchĂšque visant Ă  acheter des munitions hors Union europĂ©enne, en raison de la pĂ©nurie actuelle qui complique la vie des soldats ukrainiens sur le champ de bataille, pour ensuite les leur livrer. DĂšs la mi-fĂ©vrier, Petr Pavel avait Ă©voquĂ© quelque 800.000 munitions qui pourraient ĂȘtre envoyĂ©es en Ukraine "en quelques semaines" si les financements nĂ©cessaires (1,5 milliard de dollars, soit 1,38 milliard d'euros, selon le Financial Times) Ă©taient rassemblĂ©s.

- "Ambiguïté stratégique" -

Longtemps réservé, Emmanuel Macron a annoncé la semaine derniÚre que son pays participerait à cette initiative mais sans chiffrer sa contribution contrairement à d'autres Etats comme les Pays-Bas, qui ont promis 100 millions d'euros. Les autorités tchÚques espÚrent qu'il le fera mardi.

La visite "sera l'occasion de discuter de cette initiative" et éventuellement d'apporter ces "précisions", s'est borné à dire un conseiller français. Tout en relativisant la portée de ce mécanisme "ad hoc" et "d'urgence" sur la base de participations "bilatérales", tandis que Paris plaide toujours pour que l'argent européen serve à financer la production d'armes au sein de l'Union européenne, au nom de sa souveraineté et du développement de son industrie de défense.

Mais il y a une semaine, Emmanuel Macron a aussi semé le trouble parmi les autres alliés de Kiev.

En appelant Ă  un "sursaut" des Occidentaux, il a voulu rĂ©tablir une "ambiguĂŻtĂ© stratĂ©gique" pour que le prĂ©sident russe Vladimir Poutine sache que tout sera fait pour l'empĂȘcher de "gagner cette guerre".

Et il a donc expliquĂ© que l'envoi en Ukraine de militaires occidentaux ne pouvait pas "ĂȘtre exclu" Ă  l'avenir, mĂȘme s'il a reconnu qu'il n'existait pas de "consensus" Ă  l'heure actuelle. Le gouvernement français a ensuite prĂ©cisĂ© qu'il s'agirait de missions non combattantes.

Mais des Etats-Unis à l'Allemagne en passant par la grande majorité des autres alliés, les dirigeants se sont succédé pour se démarquer des propos du président français et assurer qu'il n'était pas question d'envoyer des soldats sur le sol ukrainien, offrant une image de division dans le camp occidental.

Vladimir Poutine a quant à lui mis en garde contre une "menace réelle" de guerre nucléaire en cas d'escalade.

"Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple russe et nous refusons d'entrer dans une logique d'escalade", a répondu à distance lundi Emmanuel Macron dans un entretien au journal tchÚque Pravo, tout en assumant de lancer ce "débat" sur "tout ce qu'il est possible de faire pour soutenir l'Ukraine".

Sur le plan économique, sa visite vise aussi à appuyer la candidature du groupe d'électricité français EDF qui ambitionne de rafler le marché d'un programme nucléaire civil tchÚque pouvant inclure la construction de jusqu'à quatre réacteurs.

AFP

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