La primaire de la gauche non mĂ©lenchoniste tente de passer la vitesse supĂ©rieure samedi Ă Tours, oĂč ses reprĂ©sentants vont annoncer la date et une partie des modalitĂ©s de ce long processus en vue de la prĂ©sidentielle de 2027, mĂȘme si le PS, divisĂ© en interne, reste pour l'heure en observateur.
AprÚs leur serment fait en juillet à Bagneux (Hauts-de-Seine) d'avoir un "candidat commun" pour 2027, le patron du PS Olivier Faure, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L'AprÚs) et François Ruffin (Debout!) notamment, réunis autour de l'égérie de la Gauche en 2024 Lucie Castets, font un pas de plus pour rendre inéluctable cette primaire, qui doit selon eux leur permettre d'accéder au second tour de la présidentielle.
Dans leur agenda, la date du 11 octobre 2026 se profile, mĂȘme si le mode de scrutin n'a pas encore Ă©tĂ© tranchĂ©.
Les membres du Front Populaire 2027, nom de leur alliance, doivent aussi acter les modalités pour pouvoir se présenter à la primaire.
Mais les embuches sont nombreuses. Tout d'abord, les deux candidats de gauche les mieux placés dans les sondages, le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon et le dirigeant de Place publique Raphaël Glucksmann, sur deux lignes antagonistes, continuent de refuser toute participation à ce processus, persuadés de pouvoir s'imposer en incarnant le vote utile.
Le PCF n'est pas de l'aventure non plus, mĂȘme si PS et Ecologistes sont persuadĂ©s qu'il rentrera tĂŽt ou tard dans le dispositif.
Quant au PS, son premier secrétaire Olivier Faure, favorable à la primaire, n'a pas les coudées franches pour s'engager pleinement dans le processus.
Ce n'est qu'au terme d'un vote des adhérents socialistes, aprÚs les municipales, que le parti à la rose pourra, ou non, s'impliquer dans l'aventure unitaire.
Car en interne, les opposants au chef socialiste, et notamment le camp du maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol qui a échoué de peu à prendre le parti en juin 2025, ont exprimé leur désaccord lors d'un bureau national.
"Olivier Faure va aller Ă Tours mais le mandat qu'il a reçu, ce n'est pas de cautionner les annonces qui pourraient y ĂȘtre faites. Il pourra simplement dire que les socialistes prendront leur dĂ©cision le moment venu", a expliquĂ© le chef des sĂ©nateurs socialistes Patrick Kanner sur Radio J.
"Mais quel est le chemin politique que proposent les autres pour éviter l'éparpillement de la gauche?", interroge le secrétaire général du PS Pierre Jouvet.
- "Mémoire de poisson rouge" -
Certains, dont François Hollande, penchent pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot, qui désignerait un candidat au consensus.
Pour M. Hollande, "la preuve que la primaire n'a pas de sens, c'est bien ce qui se passe Ă l'AssemblĂ©e, oĂč Ecologistes, Autain et Ruffin ont votĂ© pour la censure de LFI et contre le budget au risque de faire sauter le gouvernement quand les socialistes cherchaient une issue".
Et, en l'absence de RaphaĂ«l Glucksmann dans le dispositif, le camp de Boris Vallaud, charniĂšre pour faire ou dĂ©faire une majoritĂ© au PS, avoue ne pas ĂȘtre "emballĂ©" non plus par cette primaire "de bric et de broc", selon les mots d'un proche du chef des dĂ©putĂ©s socialistes.
Les mĂȘmes rĂ©clament par ailleurs que le PS dĂ©signe en amont son propre candidat, sans faire mystĂšre de l'ambition de Boris Vallaud. "Il sera OK pour la primaire de la gauche s'il gagne celle du PS", ironise un pro-primaire.
Pour la maire de Nantes, Johanna Rolland, "on va gagner aux municipales lĂ oĂč on mĂšne des listes de rassemblement. Pourquoi il faudrait bazarder cette stratĂ©gie Ă la prĂ©sidentielle?".
Marine Tondelier, qui "suit les turpitudes du PS", note que ceux qui ont adhéré au parti aprÚs le Nouveau Front populaire, "sont ceux qui ont aimé ce qu'Olivier Faure a fait" et devraient choisir la primaire.
"On peut espérer que les militants socialistes n'ont pas la mémoire d'un poisson rouge et se souviennent du score d'Anne Hidalgo à la derniÚre présidentielle", commente aussi Clémentine Autain.
AFP


