Scandale

Affaire Benalla : le point sur l'enquĂȘte judiciaire

  • PubliĂ© le 21 juillet 2018 Ă  18:27
  • ActualisĂ© le 21 juillet 2018 Ă  21:17
Le chef adjoint à la sécurité de l'Elysée, Alexandre Benalla le 16 juillet 2018 à Roissy.

Un collaborateur d'Emmanuel Macron en garde Ă  vue tout comme trois haut gradĂ©s de la police, le directeur de cabinet du chef de l'Etat entendu comme tĂ©moin: voici un point sur l'enquĂȘte ouverte par la justice sur l'affaire Benalla, qui plonge l'exĂ©cutif dans la tourmente.

Une enquĂȘte ouverte par le parquet de Paris

C'est le parquet de Paris qui a pris l'initiative, jeudi matin, d'ouvrir une enquĂȘte prĂ©liminaire, quelques heures aprĂšs les rĂ©vĂ©lations du journal Le Monde. Les investigations ont Ă©tĂ© confiĂ©es Ă  la Brigade de rĂ©pression de la dĂ©linquance contre la personne (BRDP) et Ă  l'Inspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale (IGPN).

L'Elysée a reconnu avoir été rapidement au courant des agissements du conseiller Alexandre Benalla : il a été sanctionné par 15 jours de mise à pied du 4 au 19 mai et "démis de ses fonctions en matiÚre d'organisation de la sécurité des déplacements du président", selon le porte-parole Bruno Roger-Petit. Selon des informations de presse, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb l'était également dÚs le 2 mai.

Selon le deuxiĂšme alinĂ©a de l'article 40 du code de procĂ©dure pĂ©nale, le procureur de la RĂ©publique aurait dĂ» ĂȘtre saisi pour ces faits, mais aucun membre de l'exĂ©cutif ne l'a fait, ce qui fait dire Ă  l'opposition que le pouvoir a cherchĂ© Ă  Ă©touffer l'affaire.

En plus de cette enquĂȘte judiciaire, une autre, administrative, a Ă©tĂ© lancĂ©e par la "police des polices" et une troisiĂšme par l'AssemblĂ©e nationale.

Des proches du pouvoir concernés

Deux hommes ont Ă©tĂ© placĂ©s en garde Ă  vue vendredi : Alexandre Benalla, dont l'ElysĂ©e a annoncĂ© le mĂȘme jour le licenciement, et Vincent Crase, rĂ©serviste de la gendarmerie comme lui et employĂ© par La RĂ©publique en marche. Ils ont Ă©tĂ© filmĂ©s en train de frapper des manifestants le 1er mai Ă  Paris, place de la Contrescarpe (Ve arrondissement).

Alors "chargé de mission" à l'Elysée en tant qu'adjoint au chef de cabinet du président, Alexandre Benalla avait été autorisé à assister ce jour-là aux manifestations aux cÎtés des forces de l'ordre en tant qu'observateur. Il a été placé en garde à vue pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique" et "complicité de détournement d'images issues d'un systÚme de vidéo-protection".

Vincent Crase, prĂ©sent Ă  ses cĂŽtĂ©s et dans les mĂȘmes conditions, a pour sa part Ă©tĂ© placĂ© en garde Ă  vue pour "violences en rĂ©union par personne chargĂ©e d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions". Ces deux gardes Ă  vue ont Ă©tĂ© prolongĂ©es samedi matin, pour une durĂ©e pouvant atteindre 24 heures. Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron Ă  l'ElysĂ©e, Patrick Strzoda, qui part Ă  la retraite en octobre, a Ă©tĂ© entendu comme tĂ©moin jeudi. C'est lui qui avait mis Ă  pied M. Benalla.

Trois policiers en garde Ă  vue

Trois policiers, qui sont soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéo-surveillance à M. Benalla, se trouvent également en garde à vue depuis samedi matin, pour "détournement d'images issues d'un systÚme de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel". Ils appartiennent à la puissante Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), de la préfecture de police de Paris.

Il s'agit notamment du chef d'état-major adjoint. Il avait été un temps pressenti pour la direction de la sécurité du Paris Saint-Germain, mais son départ avait été retoqué par la commission de déontologie.

Les deux autres policiers en garde à vue sont un commissaire présent au moment des faits, et chargé de faire la liaison entre la préfecture de police et les forces mobiles, ainsi qu'un commandant en charge des relations entre la préfecture de police et l'Elysée, ont rapporté des sources proches du dossier.

Ils ont été suspendus à titre conservatoire vendredi et le ministre de l'Intérieur a "condamné lourdement" leurs agissements.

L'avocat du commissaire, Me Thibault de Montbrial, a réagi sur Twitter en affirmant que son client entendait notamment s'exprimer sur "la proximité (...) entre la plus haute hiérarchie policiÚre et M. Benalla".

- © 2018 AFP

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