(Actualisé) Les ossements retrouvés dans le Tarn sur les indications de Cédric Jubillar jeudi sont bien ceux de son épouse Delphine, qui avait disparu fin 2020 et qu'il a reconnu début juillet avoir tuée, a indiqué dimanche à l'AFP le procureur général de Toulouse. L’identification a été réalisée grâce à des analyses ADN menées par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale.
Les experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise, ont pu identifier les restes humains en moins de 48 heures grâce à une analyse ADN.
Les causes du décès restent, à ce stade, inconnues.
"Le parquet général confirme que les analyses ADN réalisées par l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, ndlr) ont permis d'établir que les ossements retrouvés correspondent bien à ceux de Delphine Aussaguel", son nom de jeune fille, a déclaré Nicolas Jacquet.
- Les aveux actés de Cédric Jubillar -
Après cinq ans et demi de silences et de dénégations, le mari de cette infirmière disparue en pleine nuit lors du mois de décembre 2020 a suscité un coup de tonnerre judiciaire en reconnaissant, d'abord dans un courrier puis face aux enquêteurs, "être à l'origine de la mort de Delphine Aussaguel", selon ses avocats Mes Guy et Pierre Debuisson.
Il a ensuite indiqué où il avait caché le corps, resté introuvable toutes ces années, et l'absence avait été au coeur des débats de son procès de première instance, au terme duquel il a néanmoins été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025.
C'est grâce à ses renseignements que des fouilles ont permis jeudi, dans un petit périmètre du village de Mailhoc (Tarn) bouclé par une centaine de gendarmes à une dizaine de kilomètres du domicile du couple, de découvrir des ossements dans un champ en bordure d'un bois.
Ces fragments, qui proviennent du bas du corps de la disparue selon une source proche de l'enquête, ont été immédiatement envoyés au laboratoire de l'IRCGN à Pontoise, en région parisienne, qui a donc confirmé qu'ils appartenaient bien à Delphine Aussaguel.
Les recherches s'étaient poursuivies vendredi dans l'espoir de localiser d'autres fragments du corps de l'infirmière de 33 ans, probablement éparpillés de manière accidentelle lors de travaux agricoles, avant de s'interrompre dans l'après-midi.
- Un procès en appel prévu en septembre -
Cédric Jubillar, peintre-plaquiste de 38 ans, avait toujours nié sa responsabilité dans la disparition de son épouse et mère de leurs deux enfants, y compris lors des quatre semaines d'audience devant la cour d'assises du Tarn, à Albi, entre septembre et octobre 2025.
Il a finalement avoué avoir tué son épouse dans un courrier adressé à ses nouveaux avocats, Guy et Pierre Debuisson, que ces derniers ont rendu public le 6 juillet. Lors de ses aveux devant la justice mercredi, Cédric Jubillar, qui reconnaît avoir commis "un acte abominable" "a fait des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue" pendant une heure et demie, a déclaré jeudi soir à l’AFP un de ses avocats, Pierre Debuisson.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu du domicile du couple en instance de divorce à Cagnac-les-Mines, près d'Albi, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s'apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.
Après sa condamnation, Cédric Jubillar avait fait appel, l'un de ses avocats d'alors, Alexandre Martin, ayant dénoncé lors du procès une enquête à charge ayant déroulé le "tapis rouge à l'erreur judiciaire".
Ses nouveaux avocats ont plusieurs fois indiqué que la tenue de son procès en appel aux dates prévues, c'est-à-dire à partir du 21 septembre devant la cour d'assises de Haute-Garonne, à Toulouse, leur semblait impossible compte tenu des nouvelles procédures à réaliser après ses aveux et la découverte des ossements.
- "L’instruction a été bien menée" -
Durant l’été 2025, une ex-compagne de l’accusé avait rapporté aux enquêteurs une confidence de Cédric Jubillar, qui lui avait dit avoir étranglé son épouse, avant de transporter, puis de brûler le corps.
Delphine Jubillar, née Aussaguel, avait disparu mystérieusement du domicile du couple en instance de divorce dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, pendant un couvre-feu lié à la pandémie de Covid-19. Elle s’apprêtait à refaire sa vie avec un autre homme.
Dans une affaire sans corps, ni aveux, ni preuve formelle, l’intime conviction de la cour en première instance s’était forgée grâce à un faisceau d’indices concordants.
Le changement de ligne de défense de Cédric Jubillar, "c’est la confirmation que les enquêteurs étaient dans le vrai et que l’instruction a été bien menée, contrairement à ce que disaient les avocats de Cédric Jubillar", souligne un haut gradé de la gendarmerie qui requiert l’anonymat. "On imagine qu’il y a une stratégie derrière" en vue du procès, ajoute-t-il.
La tenue du procès à partir du 21 septembre à Toulouse semble incertaine. Les avocats de la défense jugent "impossible" que le procès en appel se tienne comme prévu, un avis partagé par l’avocat des enfants.
Incarcéré à l’isolement à la maison d’arrêt de Seysses, près de Toulouse, Cédric Jubillar s’est vu retirer en décembre l’autorité parentale sur ses deux enfants, onze et six ans, confiés par la justice à leur tante maternelle.
AFP

Quelle tristesse! Les pauvres parents, imaginés leur fille,les os dispersés un peu partout! C'est une chose épouvantable!Et les gens qui ont fait pousser leurs legumes sur ce terreau!Il mérite la prison à perpétuité mais ,malheureusement,ce ne sera pas le cas..’