Des heurts et des barrages

Antilles : situation toujours tendue au dernier jour de la visite de Lecornu

  • PubliĂ© le 1 dĂ©cembre 2021 Ă  05:53
  • ActualisĂ© le 1 dĂ©cembre 2021 Ă  06:51
Des manifestants devant la préfecture de Martinique à Fort-de-France, le 30 novembre 2021

Tentative d'incendie d'une mairie en Guadeloupe, barrages routiers en Martinique et à Saint-Martin: la situation était toujours tendue dans les Antilles françaises au dernier jour de la visite du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu.

Arrivé lundi soir en Martinique, deuxiÚme et derniÚre étape d'un court séjour destiné à apaiser les tensions et sortir de la crise sociale traversée par les deux ßles des Antilles françaises, le ministre devait rencontrer à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, aprÚs que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court.

A Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu'aucune discussion n'était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les "tentatives d'assassinat contre des policiers et des gendarmes".

En Martinique, l'entourage du ministre faisait valoir son optimisme, fort de l'"accord de mĂ©thode" signĂ© au prĂ©alable avec l'intersyndicale et qui ouvre des discussions sur sept thĂ©matiques (santĂ©, jeunesse, vie chĂšre dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordĂ©conomie, pĂȘche, culture). "La situation n'est pas la mĂȘme en Martinique qu'en Guadeloupe", a fait valoir la dĂ©lĂ©gation ministĂ©rielle. "En Martinique, les syndicats ont condamnĂ© les violences et le prĂ©sident de la collectivitĂ© (Serge Letchimy) a un plan, une vision."

Avant la réunion, environ 120 personnes s'étaient rassemblées devant la préfecture, aprÚs une nuit relativement calme sur l'ßle. Des barrages ont toutefois été érigés, notamment sur l'autoroute, coupant l'ßle en deux, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France a été vandalisé, a indiqué La Poste, qui déplore la détérioration d'une partie des colis.

Une journaliste de l'AFP a constatĂ© la prĂ©sence de voitures brĂ»lĂ©es et retournĂ©es sur un barrage au rond-point de Mahault, sur la commune du Lamentin, avec une dizaine de personnes prĂ©sentes sur place. "On n'attend rien du ministre. Il n'a pas Ă©coutĂ© les GuadeloupĂ©ens, il ne va pas Ă©couter les Martiniquais", a expliquĂ© une manifestante qui a refusĂ© de donner son nom. "La population n'a eu que du mĂ©pris de la part de l’État. Ils veulent nous faire passer pour des sauvages", a-t-elle ajoutĂ©.

En Martinique comme en Guadeloupe, le mouvement, né du refus de l'obligation vaccinale pour soignants et pompiers, s'est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chÚre, et a occasionné des violences, pillages et incendies. Les deux ßles sont placées sous couvre-feu.

- Reprise des blocages Ă  Saint-Martin -

En Guadeloupe, la mairie de Basse-Terre, dont le maire avait rencontré des manifestants la veille sur un barrage, a été la cible d'un début d'incendie, rapidement maßtrisé. "Des barrages dressés dans la nuit, notamment à RiviÚre-des-PÚres, ont été levés ce matin par les forces de gendarmerie", a indiqué la préfecture dont les forces tentaient de débloquer d'autres barrages.

Un journaliste de l'AFP a toutefois constaté que l'accÚs à Mare Gaillard sur Grande-Terre, entre Le Gosier et Saint-François, était à nouveau complÚtement bloqué par un barrage hermétique alors qu'il était dégagé depuis plusieurs jours.

Et à Baie-Mahault, les forces de l'ordre présentes en nombre sécurisaient la vaste zone commerciale de Jarry, au lendemain de l'annonce par M. Lecornu de l'envoi d'un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires.

A Saint-Martin, autre territoire français des Antilles confronté depuis quelques semaines à un mouvement social, des barrages perturbaient de nouveau la circulation mardi aprÚs trois semaines d'accalmie. Les gendarmes sont intervenus trÚs tÎt contre "un groupe d'une trentaine d'individus qui montaient des barricades dans Marigot", selon les forces de l'ordre qui ont fait l'objet de tirs d'artifice.

A Paris, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a réaffirmé la position du gouvernement consistant à refuser de "débattre avec des personnes" refusant de condamner les violences contre les forces de l'ordre. "La grande majorité des Guadeloupéens ne soutiennent pas ce mouvement de contestation de casseurs", a-t-il estimé à l'Assemblée, soulignant le bilan du gouvernement qui "a mis fin à la difficulté de l'approvisionnement de l'eau en Guadeloupe" ou encore "versé 1,5 milliard d'euros" pour lutter contre le Covid sur l'ßle.

Au mĂȘme moment, la prĂ©fecture de Guadeloupe annonçait la rĂ©vision mensuelle des prix des carburants et du gaz, l'un des objets du mouvement social: super sans plomb en hausse de deux centimes par litre, gazole en baisse de deux centimes, prix maximum d'une bouteille de gaz en baisse de 1,26 euros. La prĂ©fecture de Martinique avait annoncĂ© des Ă©volutions identiques lundi.

AFP

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1 Commentaires
Abusé
Abusé
4 ans

Lecornu ne réussit pas à gerer la crise.