Otan

AprĂšs le choc Trump, l'Afghanistan et l'Ukraine au menu jeudi

  • PubliĂ© le 12 juillet 2018 Ă  08:10
  • ActualisĂ© le 12 juillet 2018 Ă  09:06
Angela Merkel et Donald Trump parlent Ă  la presse Ă  l'issue d'un entretien en tĂȘte-Ă -tĂȘte au premier jour du sommet de l'Otan Ă  Bruxelles, le 11 juillet 2018

Les alliés de l'Otan vont s'efforcer jeudi à Bruxelles de calmer l'atmosphÚre électrique de la veille en se concentrant sur l'Afghanistan et l'Ukraine, aprÚs le choc provoqué par Donald Trump qui a exigé le doublement de leurs dépenses consacrées à la défense.


Donald Trump a en effet consternĂ© mercredi les alliĂ©s des Etats-Unis en leur demandant de faire passer Ă  terme Ă  4% de leur PIB leurs dĂ©penses de dĂ©fense.Le prĂ©sident amĂ©ricain, arrivĂ© trĂšs remontĂ© Ă  Bruxelles, avait ouvert les hostilitĂ©s avant mĂȘme le dĂ©but du sommet en s'en prenant avec une virulence inĂ©dite Ă  Berlin."L'Allemagne est complĂštement contrĂŽlĂ©e par la Russie (...) elle est prisonniĂšre de la Russie", avait-il lancĂ© dans une tirade d'une rare duretĂ© dans ce genre de rendez-vous entre alliĂ©s.

En séance pléniÚre, il a ensuite insisté pour que les alliés respectent l'engagement pris en 2014 de consacrer 2% de leur produit intérieur brut à la défense en 2024 puis leur a demandé de porter ces dépenses à 4% de leur PIB, selon l'exécutif américain.
La dĂ©claration commune adoptĂ©e mercredi par les dirigeants de l'Alliance ne fait aucune mention de cette requĂȘte."Donald Trump a commencĂ© par dire qu'il avait beaucoup d'estime pour les EuropĂ©ens et, deux secondes plus tard, il a lancĂ© son discours sur le partage du fardeau pour les dĂ©penses de dĂ©fense", a expliquĂ© Ă  l'AFP le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, Ă©voquant les 4%. "Cette approche comptable est un peu absurde", a-t-il ajoutĂ©.

"L'Otan n'est pas un marchĂ© oĂč l'on peut acheter la sĂ©curitĂ©", a renchĂ©ri le prĂ©sident de la Bulgarie Roumen Radev au cours d'une rencontre avec la presse bulgare.Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'Otan Jens Stoltenberg a Ă©ludĂ© le sujet au cours de sa confĂ©rence de presse Ă  la fin de la journĂ©e. "Commençons dĂ©jĂ  avec les 2% pour lesquels il y a encore beaucoup d'efforts Ă  faire", a-t-il lancĂ©.

- Tirade antiallemande -

Une quinzaine d'Etats membres, dont l'Allemagne, le Canada, l'Italie, la Belgique et l'Espagne, sont sous les 1,4% du PIB en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcÚre le président américain, qui a ensuite exigé, dans un tweet, que les Alliés portent leurs dépenses militaires à 2% "IMMEDIATEMENT".

Donald Trump et Angela Merkel ont eu l'occasion de s'expliquer au cours d'un tĂȘte-Ă -tĂȘte aprĂšs la premiĂšre sĂ©ance de travail. Le prĂ©sident a alors changĂ© de ton, assurant avoir de "trĂšs bonnes relations" avec la chanceliĂšre allemande.Il a prĂ©cisĂ© avoir discutĂ© du projet de doublement du gazoduc Nord Stream entre la Russie et l'Allemagne, auquel il est fortement opposĂ©, mais il s'est refusĂ© Ă  entrer dans les dĂ©tails de l'entretien.

Angela Merkel s'est dite "contente d'avoir eu l'occasion d'un échange de vues" avec le président américain. "Nous sommes des partenaires, nous sommes de bons partenaires et nous souhaitons continuer à coopérer à l'avenir", a-t-elle simplement commenté.
De son cÎté, le président français Emmanuel Macron a exhorté les membres de l'Otan à "ne pas fragiliser" l'Alliance atlantique, avant de s'entretenir à son tour avec Donald Trump.

- AprĂšs l'Otan, Poutine -

Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l'Allemagne et exige son abandon.L'attaque lui permet d'enfoncer un coin dans l'unité des Européens, car ce dossier les divise.
La Pologne estime ainsi que l'Europe n'a pas besoin de Nord Stream 2. "C'est un exemple de pays europĂ©ens qui fournissent des fonds Ă  la Russie, lui donnent des moyens qui peuvent ĂȘtre utilisĂ©s contre la sĂ©curitĂ© de la Pologne", a soutenu le chef de la diplomatie polonaise Jacek Czaputowicz Ă  son arrivĂ©e au siĂšge de l'Otan.

L'Otan a par ailleurs invitĂ© mercredi la MacĂ©doine Ă  ouvrir des nĂ©gociations pour intĂ©grer l'Alliance atlantique, aprĂšs l'accord avec la GrĂšce sur le nom du pays.Les EuropĂ©ens apprĂ©hendaient une rĂ©union difficile.Donald Trump avait quittĂ© Washington d'humeur belliqueuse, dĂ©clarant, avec le goĂ»t de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine prĂ©vue pour lundi Ă  Helsinki pourrait ĂȘtre "plus facile" que le sommet de l'Otan.

Les Alliés souhaitent avoir des éclaircissements sur les intentions du président américain en Finlande.La marge de manoeuvre de Donald Trump face à Vladimir Poutine sera réduite.

La déclaration du sommet est en effet un réquisitoire contre la politique du président russe et toutes les décisions avalisées pendant le sommet visent à renforcer la capacité de dissuasion de l'Alliance pour contrer les actions de la Russie.

 AFP

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