Il revendique son geste

Attentat prĂšs de la tour Eiffel: l'auteur "assume" et dit "avoir agi seul"

  • PubliĂ© le 4 dĂ©cembre 2023 Ă  21:25
  • ActualisĂ© le 5 dĂ©cembre 2023 Ă  05:07
Une voiture de police est garée dans le périmÚtre de sécurité mis en place aprÚs une attaque au couteau et au marteau, le 2 décembre 2023 à Paris

L'auteur de l'attaque mortelle au couteau samedi prĂšs de la tour Eiffel "assume et revendique totalement son geste" lors de sa garde Ă  vue toujours en cours lundi, et "tout laisse Ă  penser" qu'il a "agi seul", selon une source proche de l'enquĂȘte.

Armand Rajabpour-Miyandoab, Franco-Iranien de 26 ans, dit avoir agi en "réaction à la persécution des musulmans dans le monde". Il apparaßt "trÚs froid", "clinique" et "désincarné", a ajouté cette source.

Il avait été interpellé aprÚs l'attaque qui a causé la mort d'un jeune touriste germano-philippin et blessé deux autres personnes, samedi vers 21H30 à proximité du pont de Bir-Hakeim (XVe arrondissement), à quelques mois des Jeux olympiques d'été dans la capitale (26 juillet-11 août).

L'exécutif est sous pression aprÚs cet attentat survenu moins de deux mois aprÚs celui d'Arras (Pas-de-Calais), qui a coûté la vie à un enseignant mi-octobre et conduit au relÚvement du plan Vigipirate au niveau maximal "urgence attentat".

Quatre personnes (l'assaillant, des membres de sa famille et de son entourage) Ă©taient toujours en garde Ă  vue lundi midi, a-t-on appris auprĂšs du parquet antiterroriste. Celle de l'assaillant pourrait durer jusqu'Ă  mercredi soir, s'agissant d'une enquĂȘte antiterroriste.

- "Ratage psychiatrique" -

"Il y a eu manifestement un ratage psychiatrique, les médecins ont considéré à plusieurs reprises qu'il allait mieux", a dit Gérald Darmanin sur BFMTV à propos du jeune homme, radicalisé depuis 2015 et soumis à une injonction de soins impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrÎlé par un médecin coordinateur.

Le procureur antiterroriste Jean-François Ricard avait indiqué dimanche soir que l'assaillant, fiché pour radicalisation islamiste, était "soumis à une injonction de soins impliquant un suivi psychiatrique resserré et contrÎlé par un médecin coordinateur" jusqu'à la fin de la mise à l'épreuve le 26 avril 2023, aprÚs une nouvelle expertise psychiatrique.

"Il y a quelqu'un de malade mentalement, qui ne prend plus de médicaments pour soigner ses délires et qui passe à l'acte incontestablement. Il faut réfléchir à tout ça pour protéger les Français", a insisté le ministre de l'Intérieur.

Selon les premiers Ă©lĂ©ments de l'enquĂȘte, la mĂšre du suspect avait indiquĂ© en octobre Ă  la police qu'elle s'inquiĂ©tait pour son fils, voyant qu'il "se repliait sur lui-mĂȘme", a rapportĂ© dimanche M. Ricard.

Les services de police avaient alors tenté de le faire examiner par un médecin et hospitaliser d'office, chose finalement impossible en l'absence de troubles, selon une source proche du dossier.

- Conflit Israël/Hamas -

Cette attaque au couteau vient également étayer les craintes des services de renseignement sur un risque d'importation en France de la guerre Israël/Hamas, qu'ils considÚrent comme un "facteur aggravant de la menace terroriste" pesant sur le pays.

Le compte X (ex-Twitter) d'Armand Rajabpour-Miyandoab ouvert début octobre comportait "de nombreuses publications sur le Hamas, Gaza et plus généralement la Palestine", a relevé M. Ricard.

Dans une vidéo publiée avant son passage à l'acte, il a fait allégeance au groupe Etat islamique (EI), apportant notamment "son soutien aux jihadistes agissant dans différentes zones", a-t-il précisé.

Selon un source proche de l'enquĂȘte, l'assaillant dit avoir choisi de mener son attaque prĂšs de la tour Eiffel parce que c'est un "lieu symbolique" et "qu'il n'a pas supportĂ© qu'elle soit allumĂ©e aux couleurs d'IsraĂ«l".

Sur le parvis de la rĂ©sidence de Puteaux (Hauts-de-Seine) oĂč Armand Rajabpour-Miyandoab a grandi, on se souvient d'un enfant du quartier "discret", "un petit qui a grandi ici, qui a vrillĂ©", tĂ©moigne "PanthĂšre", un homme de 32 ans qui a requis l'anonymat.

"Issu d'une famille sans aucun engagement religieux", selon une source proche de l'enquĂȘte, il s'est converti Ă  l'islam Ă  18 ans et a "trĂšs rapidement" versĂ© dans "l'idĂ©ologie jihadiste".

Il avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme, aprÚs un projet d'action violente à La Défense, quartier des affaires à l'ouest de Paris, en 2016.

Il était sorti en mars 2020 de prison.

L'assaillant avait "noué des liens avec des individus ancrés dans l'idéologie jihadiste" tel "l'un des futurs auteurs" de l'assassinat du pÚre Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), selon M. Ricard.

Environ 5.200 personnes sont connues pour radicalisation en France en selon une source au sein du renseignement, qui précise que 20% d'entre eux ont des troubles psychiatriques.

AFP

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