Panama

Aux JMJ, entre l'estrade et le public, des visions parfois contradictoires

  • PubliĂ© le 27 janvier 2019 Ă  15:16
  • ActualisĂ© le 27 janvier 2019 Ă  17:47
Le pape François aux Journées mondiales de la jeunesse à Panama le 26 janvier 2019

A genoux, des milliers de jeunes fidÚles prient en silence. Sur l'estrade, le pape François vient de les mettre en garde contre les mirages d'internet. Pendant ce temps, Francisco, panaméen ùgé de 21 ans, envoie frénétiquement des photos de l'événement à sa famille par WhatsApp.

RĂ©seaux sociaux, contraception, cĂ©libat des prĂȘtres: entre ce que prĂȘche l'Ă©glise et ce que disent ou vivent certains des pĂšlerins prĂ©sents aux JournĂ©es mondiales de la jeunesse (JMJ) du Panama, le fossĂ© semble parfois immense.
"Il ne suffit pas d'ĂȘtre toute la journĂ©e connectĂ© pour se sentir reconnu et aimĂ©. Se sentir considĂ©rĂ© et invitĂ© Ă  quelque chose est plus important qu'ĂȘtre +sur le rĂ©seau+ internet", lance samedi soir le pape Jorge Bergoglio, 82 ans, aux quelque 600.000 jeunes catholiques massĂ©s pour la veillĂ©e des JMJ.

Les réseaux sociaux sont "une arme à double tranchant qu'il faut savoir utiliser", déclare à l'AFP Francisco Alexander, qui porte au front un bandeau blanc frappé d'une photo du souverain pontife.

MalgrĂ© la contradiction Ă©vidente de la situation, cet Ă©tudiant assure qu'il compte bien se soumettre Ă  l'appel du souverain pontife, lui mĂȘme grand amateur des nouvelles technologies, en "vivant une jeunesse complĂšte, une jeunesse d'amour qui ne soit pas seulement faite de technologie mais aussi de relations humaines".
Un peu avant dans l'aprÚs-midi, au milieu de la mosaïque multicolore de tentes, sacs de couchage et matelas gonflables qui recouvre cette immense esplanade des abords de la capitale panaméenne, Lucas Mendes, Brésilien de 20 ans, estime que "l'Eglise doit s'ouvrir à propos de la contraception".

"Avancer avec notre temps"

"On doit avancer avec notre temps, Ă©voluer", assure cet Ă©lecteur de Jair Bolsonaro, le nouveau prĂ©sident d'extrĂȘme-droite du BrĂ©sil.
"En Europe, on peut comprendre (le discours de l'Eglise sur la contraception), mais dans des pays comme le Brésil, ça ne peut pas exister. Si tu as des enfants mais que tu n'as pas d'argent pour t'en occuper, tu ne devrais pas les avoir", ajoute ce jeune homme, chapelet autour du cou, drapeau brésilien sur les épaules et lunettes de soleil sur le nez.

Mais le discours de l'Eglise sur la contraception ou l'avortement, thÚmes particuliÚrement délicats pour l'institution catholique, est tout autre. Au cours de la veillée en présence du pape, une jeune Panaméenne, Erika de Bucktron, est venue raconter comment elle avait choisi de garder son bébé, en apprenant qu'il était atteint de trisomie, plaidant en faveur du "droit à la vie".

La veillée des jeunes avec le pape est traditionnellement un des moments forts des JMJ. Arrivés à pied, drapeaux au vent, en formant de longues caravanes, ils s'installent sur ce terrain prÚs de l'aéroport de Panama, chantant et dansant dans l'attente de voir François. Il y flotte une légÚre odeur de bouse de vache. Un abattoir fonctionnait encore il y a peu juste à cÎté.

Soudain, une clameur. Les fidÚles se pressent contre les barriÚres métalliques de l'allée, le portable en l'air, ils immortalisent le Saint-PÚre dans sa papamobile.
Juste aprĂšs le passage du pape, qui a abordĂ© samedi devant des prĂȘtres et des sĂ©minariste le thĂšme de la crise des vocations sacerdotales, Joao Abrantes, Portugais de 25 ans rĂ©cemment converti au catholicisme, plaide pour une Ă©glise "plus moderne" et confie ne pas comprendre pourquoi l'Eglise interdit toujours le mariage des prĂȘtres.

AFP

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