En Ă©tat de grĂące, le Français Quentin Fillon-Maillet a survolĂ© samedi la poursuite du Grand-Bornand pour s'installer pour la premiĂšre fois de sa carriĂšre en tĂȘte du classement gĂ©nĂ©ral de la Coupe du monde de biathlon.
Devant 20.000 spectateurs dĂ©chaĂźnĂ©s, le Jurassien (29 ans) a sorti un vĂ©ritable rĂ©cital et a Ă©tĂ© tout simplement intouchable pour ses adversaires. DĂ©jĂ souverain la semaine derniĂšre Ă Hochfilzen (Autriche) dans le mĂȘme exercice, un succĂšs qui a vĂ©ritablement lancĂ© sa saison aprĂšs des dĂ©buts mitigĂ©s, "QFM" a fait encore mieux, bouclant la ligne d'arrivĂ©e avec un magnifique 20/20 au tir et s'offrant le maillot jaune de leader du circuit, pour le plus grand bonheur du public tricolore.
Une sacrée revanche pour le Français, N.3 mondial depuis trois ans mais qui avait eu du mal à assumer l'hiver dernier son nouveau statut de patron du biathlon national aprÚs la retraite de la légende Martin Fourcade. C'est d'ailleurs sous les yeux du septuple vainqueur du gros globe de cristal que Fillon-Maillet a signé sa 8e victoire en Coupe du monde en devançant le Russe Eduard Latypov et le Norvégien Vetle Christiansen.
Et comme le faisait Fourcade du temps de sa splendeur, Fillon-Maillet, assurĂ© du succĂšs, s'est mĂȘme permis de lever un poing rageur en direction de la foule aprĂšs son ultime passage sur le pas de tir.
"C'est incroyable, j'ai vĂ©cu Ă©normĂ©ment d'Ă©motions en biathlon mais aujourd'hui c'est une course qui restera gravĂ©e dans ma mĂ©moire jusqu'Ă la fin de ma vie", a-t-il dĂ©clarĂ©. "Ce silence avant le dernier tir, lâĂ©nergie du public, la sortie du dernier tir, franchir la ligne avec le drapeau et apprendre que je vais avoir le dossard jaune, c'est exceptionnel. J'en ai eu les larmes aux yeux pendant le podium".
Quentin Fillon-Maillet, le 2e Français à se retrouver au sommet du classement général cette saison aprÚs Simon Desthieux, n'a toutefois "pas envie de se mettre la pression" avant la mass start de dimanche, dernier rendez-vous avant la pause de fin d'année.
"Je ne m'y attendais pas du tout, je pensais que c'était impossible de chercher le dossard jaune", a-t-il expliqué. "Maintenant j'ai envie juste d'en profiter."
- "Magique" -
Pour Martin Fourcade, la course de Fillon-Maillet a tout simplement Ă©tĂ© "magique", lui rappelant sa performance lors de la mass start disputĂ©e sur la mĂȘme piste en 2017.
"C'est une émotion qu'il gardera à vie", a lùché le quintuple champion olympique. "C'est mérité. C'est une grande journée dans la vie de Quentin et une magnifique journée pour le biathlon français. Gagner à la maison, partager ça avec 20.000 personnes, c'est forcément trÚs particulier".
La déception est en revanche immense pour Emilien Jacquelin, qui était 2e de la Coupe du monde à seulement 3 points du Suédois Sebastian Samuelsson avant la course. Le Grenoblois a dilapidé toutes ses chances en commettant cinq erreurs lors de ses deux tirs debout et n'a terminé que 9e.
Pour complĂ©ter ce samedi faste pour les Français, Julia Simon s'est rĂ©veillĂ©e aprĂšs une entame catastrophique pour dĂ©crocher la 2e place de la poursuite chez les femmes derriĂšre la SuĂ©doise Elvira Oeberg. Partie avec 47 secondes de retard sur la tĂȘte aprĂšs avoir fini 13e du sprint jeudi, la biathlĂšte des Saisies (25 ans) a effectuĂ© une remontĂ©e fantastique pour monter sur le podium.
"C'est une revanche et ça ferme le clapet de certains qui m'avaient déjà enterrée", a-t-elle affirmé. "J'ai prouvé qu'il faut compter sur moi et que je suis de retour. C'est de la rage. C'est une course de référence en terme de maniÚre".
"Quand on est arrivĂ© ici mardi, elle m'a dit qu'elle avait les dents qui traĂźnaient par terre", a rĂ©agi FrĂ©dĂ©ric Jean, l'entraĂźneur des Bleues. "DerriĂšre l'arme, il y avait quelqu'un de prĂ©sent, ce n'Ă©tait pas un fantĂŽme. Quand elle est dans ce mode, c'est impossible de l'arrĂȘter. C'est le dĂ©clic qu'il lui fallait".
AFP




