Aviation

Boeing affiche sa confiance dans le MAX et espĂšre reprendre la production avant juin

  • PubliĂ© le 23 janvier 2020 Ă  10:12
  • ActualisĂ© le 23 janvier 2020 Ă  10:18
Un Boeing 737 Max 9 sur le tarmac de l'usine Boeing de Renton, le 12 mars 2019

David Calhoun, le nouveau directeur général de Boeing, a ouvert mercredi une nouvelle Úre chez l'avionneur, en affichant sa confiance dans le 737 MAX et en promettant plus de moyens aux ingénieurs.

Le dirigeant de 62 ans, aux commandes depuis le 13 janvier en remplacement de Dennis Muilenburg limogé pour une gestion jugée calamiteuse de la crise du MAX, a essayé de rassurer à la fois les régulateurs, les salariés, les compagnies aériennes et le président Donald Trump.

Le locataire de la Maison Blanche a fait part de sa "grande, grande dĂ©ception" vis-Ă -vis de Boeing dont les dĂ©boires sont susceptibles d'avoir de lourdes rĂ©percussions sur l'Ă©conomie amĂ©ricaine. La production du 737 MAX, plus de deux-tiers du carnet de commandes de Boeing, devrait ĂȘtre "relancĂ©e" avant juin, a assurĂ© M. Calhoun Ă  des journalistes lors d'une confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique. "Nous allons reprendre lentement et de façon rĂ©guliĂšre notre production quelques mois avant" la remise en service du MAX Ă  la mi-2020, a-t-il dĂ©clarĂ©. Boeing avertira ses sous-traitants auparavant.

- Licenciements -

Le constructeur aéronautique ne produit plus de MAX depuis janvier, en raison des retards pris dans la levée de l'interdiction de vol frappant cet avion depuis le 13 mars 2019, aprÚs deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts. Cette décision a mis sous pression les sous-traitants, obligés d'engager des cures d'austérité. C'est le cas du fabricant américain de fuselages Spirit AeroSystems, qui a dû licencier 2.800 personnes et n'exclut pas des suppressions d'emplois supplémentaires.
M. Calhoun a également assuré qu'il n'y aurait ni licenciements ni mesures de chÎmage technique chez Boeing.

Alors que des experts s'interrogent sur l'avenir du MAX face Ă  la dĂ©fiance des voyageurs, Boeing croit toujours en cet avion vedette. "Je crois en cet avion. J'y crois parce que nous l'avons fabriquĂ©. Les pilotes y croient. C'est juste que la procĂ©dure d'approbation (des avions) est nouvelle", a dĂ©fendu M. Calhoun. C'est la premiĂšre fois depuis le dĂ©clenchement de la crise du MAX que Boeing organise une confĂ©rence de presse. Pendant prĂšs d'une heure, M. Calhoun ne s'est pas rĂ©fugiĂ©, comme son prĂ©dĂ©cesseur, derriĂšre les enquĂȘtes en cours des autoritĂ©s pour ne pas rĂ©pondre aux questions dĂ©rangeantes.

Il s'est voulu direct et franc, répétant plusieurs fois le mot "réaliste" quand il s'est agi d'expliquer les raisons qui ont poussé Boeing à reporter à la mi-2020 la remise en service du MAX. "C'est une prévision réaliste", a dit cet ancien cadre dirigeant de General Electric (GE), ajoutant que celle-ci tenait compte du fait que Boeing recommandait désormais une formation des pilotes sur simulateur, jugée plus longue.

Sans verser dans un mea culpa, il a fait remarquer que Boeing et les régulateurs n'avaient pas correctement anticipé les réactions des pilotes à un dysfonctionnement du systÚme anti-décrochage MCAS mis en cause dans les deux accidents.

- Dividende -

Répétant que la sécurité était la "priorité" de Boeing, David Calhoun a ajouté: "une fois que les pilotes vont se remettre aux commandes (du MAX modifié) et seront en confiance, je suis persuadé que les clients (et les voyageurs) suivront". Il a par ailleurs promis des moyens supplémentaires aux ingénieurs de Boeing, semblant ainsi répondre aux critiques selon lesquelles la culture d'innovation et de sécurité, au coeur de la stratégie de l'entreprise créée il y a 104 ans, avait été écrasée par le souci de satisfaire les marchés financiers et les actionnaires.

Il sera néanmoins difficile de se débarrasser de cette culture du tout-financier puisque David Calhoun a assuré que le dividende versé aux actionnaires ne serait pas réduit, en dépit de l'explosion des coûts liée aux difficultés du MAX. "Nous allons le maintenir tel quel à moins que quelque chose de dramatique ne survienne", a-t-il défendu.
Les experts et observateurs devront attendre un peu plus longtemps que prévu pour juger des promesses de changement faites par M. Calhoun.

Le vol inaugural du long courrier 777X, qui Ă©tait prĂ©vu jeudi dans les environs de Seattle, a dĂ» ĂȘtre repoussĂ© Ă  cause de la mĂ©tĂ©o. Le constructeur aĂ©ronautique souligne que ses Ă©quipes Ă©tudient la possibilitĂ© de voler vendredi 24 janvier, mais sans garantie, le temps Ă©tant notoirement capricieux dans la rĂ©gion. Le dĂ©veloppement de ce long-courrier a Ă©tĂ© marquĂ© par de nombreux problĂšmes, dont ceux du moteur, et des incertitudes entourent sa date de mise en service.

AFP

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