Royaume-Uni

Boris Johnson dénigre l'UE pour mieux rassembler sur le Brexit

  • PubliĂ© le 14 fĂ©vrier 2018 Ă  18:28
  • ActualisĂ© le 14 fĂ©vrier 2018 Ă  18:37
Le ministre britannique des Affaires étrangÚres Boris Johnson prononce un discours sur le Brexit, le 14 février 2018 à Londres

Le ministre britannique des Affaires Ă©trangĂšres Boris Johnson s'est posĂ© mercredi en rassembleur d'un pays profondĂ©ment divisĂ© par le Brexit, mais sans pouvoir s'empĂȘcher de dĂ©nigrer l'Union europĂ©enne.


"Le succÚs du Brexit dépendra de ce que nous en ferons. Et ensemble, nous en ferons un succÚs", a-t-il déclaré dans un discours prononcé à Londres, dans une volonté de tendre la main à ceux qui ont voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. "Au fil du temps, ce projet peut unir ce pays", a-t-il assuré.
Boris Johnson, qui s'affiche depuis la campagne du rĂ©fĂ©rendum sur l'appartenance Ă  l'UE comme l'un des leaders du camp pro-Brexit, a d'abord tentĂ© de rassurer ses opposants sur les consĂ©quences Ă©conomiques et sĂ©curitaires du retrait, refusant l'image d'un Royaume-Uni refermĂ© sur lui-mĂȘme.
"Il ne s'agit pas d'un bras d'honneur adressé depuis les falaises de Douvres", a-t-il affirmé, "la question n'est pas de revenir au systÚme autarcique des années 1950", mais seulement de "reprendre le contrÎle de nos frontiÚres et de nos lois".
Alors que la société britannique reste profondément divisée sur le sujet et que le gouvernement peine à se mettre d'accord sur la mise en oeuvre du retrait, Boris Johnson a mis en garde les opposants au Brexit, estimant que revenir en arriÚre sur la sortie de l'UE provoquerait un "sentiment permanent et ineffaçable de trahison".

- "État europĂ©en global" -

Il a Ă©galement adressĂ© de nombreuses critiques Ă  l'UE, estimant que "l'objectif de crĂ©er un État europĂ©en global" ne correspondait pas Ă  "l'ambition" du Royaume-Uni et son "dĂ©sir lĂ©gitime d'autonomie gouvernementale".
Il a dénigré le fonctionnement des institutions européennes, qu'il a jugées "complexes et obscures". "A mes plus proches amis opposés au Brexit, je leur demande de m'expliquer le processus des Spitzenkandidaten", s'est-il amusé, raillant le processus de désignation du président de la Commission européenne.
Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, Jean Claude Juncker, a rĂ©agi Ă  ces propos, estimant que l'idĂ©e d'un "État europĂ©en global" Ă©tait un "non-sens total".
Boris Johnson s'est également attiré les critiques de plusieurs élus britanniques, parfois au sein de son propre parti. La députée conservatrice Anna Soubry a ainsi estimé qu'il n'avait pas "compris les véritables inquiétudes posées par le Brexit".
Le ministre s'est d'ailleurs bien gardé de répondre aux questions en suspens sur l'aprÚs-Brexit, notamment sur les droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni, qui "font encore l'objet de discussions".

- Série de discours -

Son discours doit ĂȘtre le premier d'une sĂ©rie d'interventions de membres du gouvernement, y compris sa cheffe Theresa May, qui doit exposer sa vision des futures relations avec l'UE.
Le Royaume-uni n'a toujours pas défini sa position dans les négociations avec Bruxelles sur leur future relation commerciale et n'est pas non plus d'accord sur les modalités de la période de transition qu'il a réclamée aprÚs le Brexit, prévu le 29 mars 2019.
L'exécutif est déchiré entre les partisans d'une franche rupture avec les 27, parmi lesquels Boris Johnson et le ministre de l'Environnement Michael Gove, et ceux qui veulent maintenir des liens forts avec l'UE, en particulier Philip Hammond, le ministre des Finances.
Habitué à se poser en challenger de la PremiÚre ministre Theresa May, Boris Johnson est cette fois-ci rentré dans le rang, expliquant qu'il avait "entiÚrement confiance" dans l'assurance qu'elle a donné de parvenir à "un bon accord commercial" entre le Royaume-Uni et l'UE.
D'autres membres du gouvernement livreront leur vision du Brexit dans les deux prochaines semaines: le ministre du Brexit David Davis évoquera les futures normes commerciales, le ministre d'Etat David Lidington abordera la répartition des compétences avec les parlement régionaux, et le secrétaire d'Etat au Commerce international Liam Fox doit livrer la stratégie sur la signature de futurs accords commerciaux.

2018 AFP

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