AprÚs le crash aérien qui avait décimé l'effectif

BrĂ©sil : Chapecoense retrouve le terrain et toute une ville reverdit

  • PubliĂ© le 21 janvier 2017 Ă  18:57
Des supporters de Chapecoense lors d'un entraßnement de la nouvelle équipe, le 20 janvier 2017 à Chapeco

Un retour sous le prisme de l'émotion. Chapecoense, dont l'effectif a été décimé dans un crash aérien, met fin samedi à prÚs deux mois d'attente de ses supporters avec son premier match depuis la tragédie, un amical contre Palmeiras, en hommage aux 71 victimes de la catastrophe.


Le coup d'envoi est prévu à 16h30 locales (19h30 heures françaises), mais le public est invité à se rendre au stade une heure plus tÎt, pour teinter de vert, les couleurs du club, les tribunes vétustes de l'Arena Conda.
Les 20.000 spectateurs assisteront en lever de rideau à la trÚs attendue remise du trophée de la Copa Sudamericana.
C'est en se rendant en Colombie pour disputer la finale aller de cette compĂ©tition que le rĂȘve de cette modeste Ă©quipe qui faisait sensation s'est brisĂ© net, ainsi que celui de toute une ville du sud du BrĂ©sil, le 28 novembre dernier.
À la demande de l'Atletico National, l'autre finaliste du tournoi, la "Chape" a Ă©tĂ© dĂ©signĂ©e championne par la ConfĂ©dĂ©ration Sud-AmĂ©ricaine (Conmebol).
Le grand moment d'émotion de samedi sera la remise de la coupe aux trois joueurs qui ont survécu au crash, le défenseur Neto, le latéral Alan Ruschel et le gardien Jackson Follmann.
Le commentateur radio Rafael Henzel et deux membres de l'équipage, les Boliviens Ximena Suarez et Erwin Tumiri, sont les autres miraculés.
"Nous trois, nous aurons le privilÚge de soulever ce trophée et je suis sûr que ceux qui nous ont quittés, s'ils nous regardent d'en haut, seront heureux de nous voir faire ce geste", s'est ému Alan Ruschel vendredi en conférence de presse.


- "Rite de passage" -


Les victimes du crash seront représentées sur la pelouse par leurs conjointes, qui recevront les médailles officielles de champion.
Vendredi, elles se sont rĂ©unies avec la direction du club pour aborder la dĂ©licate question des indemnisations de la part de la compagnie aĂ©rienne bolivienne Lamia, dont la "responsabilitĂ© directe" est engagĂ©e, selon les autoritĂ©s locales, et dont le directeur a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en dĂ©cembre.
La moitié du résultat des ventes de billets pour le match de samedi sera reversée aux familles de victimes et l'autre servira à la reconstruction du club, qui a recruté 22 joueurs en un temps record pour reformer une équipe.
Pour Rafael Henzel, le journaliste qui a survécu à l'accident, c'est aussi la reprise, en tribunes de presse, au micro de la radio Oeste Capital.
"Ce sera un rite de passage. Pour moi, mais aussi pour tous les supporters qui sont venus au stade pour la veillée funÚbre collective. Nous avons besoin de ces moments, c?est une renaissance", a affirmé le commentateur vendredi, qui attend avec impatience la présentation du trophée de la Copa Sudamericana.
"Pour des grands clubs comme Palmeiras, ça aurait pu ĂȘtre un titre quelconque, mais pour nous, c?est notre Coupe du Monde", rappelle-t-il.
"Ceux qui nous ont quitté n?ont pas joué cette finale, alors qu'ils le méritaient vraiment, mais je suis sûr que les nouveaux joueurs vont nous permettre de vivre d?autres Coupes du Monde comme celle là", conclut le journaliste.


- Maillots en rupture de stock -


En attendant de retrouver les sommets du football continental, Chapecoense est Ă  nouveau au centre des attentions du monde du ballon rond.
Au total, 241 journalistes de neuf pays ont été accrédités pour le match amical.
"Nous sommes une petite commune, nous ne sommes pas habituĂ©s Ă  cette notoriĂ©tĂ©. Mais cette commotion mondiale nous a rĂ©confortĂ©. L'Ă©norme vague de solidaritĂ© nous a aidĂ© Ă  redresser la tĂȘte et Ă  regarder de l'avant", explique Ă  l'AFP le maire de Chapeco, Luciano Buligon.
Alors que l'heure du match approche, la ville de 210.000 habitants est teintée de vert, le vert de l'espérance de vibrer à nouveau avec les exploits de son équipe de foot.
Cinq heures avant le coup d'envoi, une centaine de supporters se pressaient Ă  la billetterie du stade pour tenter d'acheter une des derniĂšres places disponibles.
Au delĂ  de Chapeco, le "Verdao do Oeste" (les verts de l'Ouest, parce que la ville est situĂ©e Ă  l'Ouest de l'État de Santa Catarina) est devenu le deuxiĂšme club de c?ur de nombreux brĂ©siliens.
Les maillots se vendent comme des petits pains dans tout le pays, à tel point que la boutique en ligne est entrée en rupture de stock à plusieurs reprises.

Par Hervé LIONNET - © 2017 AFP

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