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Brexit: partisans et opposants abattent leurs derniĂšres cartes

  • PubliĂ© le 16 juin 2016 Ă  10:08
Partisans du maintien dans l'UE (en bas) face aux partisans de sortie de l'UE (en haut) le 15 juin 2016 Ă  Londres

A une semaine du référendum sur l'Union européenne, partisans et opposants d'un Brexit abattent jeudi leurs derniÚres cartes: le chef du parti europhobe Ukip dévoile sa nouvelle affiche de campagne, tandis que le ministre des Finances George Osborne s'adresse aux responsables de la City.


"Je veux que les gens rĂ©alisent que ce rĂ©fĂ©rendum oppose les gens ordinaires Ă  l'establishment", a lancĂ© mercredi Nigel Farage, le dirigeant de l'Ukip en rejoignant Ă  Londres une flottille de pĂȘcheurs qui a remontĂ© la Tamise pour vanter un Brexit dont les chances de victoire ont poussĂ© le Premier ministre David Cameron Ă  menacer d'une nouvelle cure d'austĂ©ritĂ©.
L'initiative visait Ă  dĂ©noncer les difficultĂ©s des pĂȘcheurs britanniques en les mettant sur le compte des quotas de pĂȘche fixĂ©s par Bruxelles. "La seule solution, c'est le Brexit", pouvait-on lire sur les pancartes, tandis que des contre-manifestants plaidaient la cause de l'UE sur d'autres embarcations.
Sur l'une d'elles, le musicien irlandais Bob Geldof a traitĂ© M. Farage d'"escroc", l'accusant au micro d'une puissante sono de n'avoir participĂ© qu'Ă  "une seule des 43 rĂ©unions de la commission de la pĂȘche au Parlement europĂ©en".
Les partisans du Brexit ont le vent en poupe aprĂšs une sĂ©rie de sondages en leur faveur, mĂȘme si le dernier en date, de l'institut ComRes, redonnait une avance d'un point au maintien (46%) au sein de l'UE.
Effrayés par la perspective d'une sortie de l'UE, les partisans du statu quo, menés par le Premier ministre conservateur David Cameron, ont lancé mercredi de nouvelles mises en garde contre les conséquences économiques d'une rupture.
Le chancelier de l'Echiquier George Osborne a ainsi affirmé qu'une sortie pourrait déclencher la mise en place d'un "budget d'urgence" qui entraßnerait hausses d'impÎts et réduction des dépenses pour compenser un trou de 30 milliards de livres (38 milliards d'euros).
Ecoles, hÎpitaux et armée verraient leurs financements se réduire, a prévenu M. Osborne. "Quitter l'UE toucherait les investissements, nuirait aux familles et à l'économie britannique", a-t-il averti.
- Budget 'punition' -
"Il y aura un trou dans nos finances si nous quittons l'UE", a renchéri M. Cameron sur Twitter. "Cela signifie des impÎts plus lourds, des coupes budgétaires, plus d'emprunts", a ajouté le chef de l'exécutif, déjà accusé par ses opposants de mener une politique d'austérité au détriment des revenus des plus faibles.
L'avertissement a aussitÎt suscité l'ire du camp pro-Brexit et attisé les frictions au sein d'un parti conservateur profondément divisé sur la question.
ÉchaudĂ©s par l'annonce de M. Osborne, 57 dĂ©putĂ©s conservateurs pro-Brexit l'ont accusĂ© d'avoir ourdi un budget de "punition" en cas de sortie du bloc des 28, avertissant qu'ils s'y opposeraient.
Au budget de M. Osborne, les pro-Brexit ont opposé mercredi leur projet de sortie de l'Union promettant notamment de rediriger la contribution britannique à l'UE vers le systÚme de santé public (NHS).
Un ministre eurosceptique, Chris Grayling, représentant du gouvernement au Parlement, a dit dans le Financial Times espérer que "tout serait bouclé d'ici la fin 2019 et que nous seront sortis de l'UE".
La prĂ©sidente de la banque centrale amĂ©ricaine (Fed) Janet Yellen a expliquĂ© mercredi que le rĂ©fĂ©rendum sur le Brexit Ă©tait l'un des facteurs de la dĂ©cision de la Fed de laisser les taux d'intĂ©rĂȘt inchangĂ©s.
Le vote britannique pourrait "avoir des conséquences économiques et financiÚres au niveau mondial", a souligné Mme Yellen à l'issue d'une réunion du Comité monétaire (FOMC).
Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, a lui prévenu qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne serait une "catastrophe" et "la pire chose" qui pourrait arriver à l'UE.
En Allemagne, le ministre des Affaires étrangÚres Frank-Walter Steinmeier a mis en garde contre le risque d'une "désintégration" de l'Union européenne en cas de Brexit, lors d'une rencontre avec son homologue français Jean-Marc Ayrault. Celui-ci a de son cÎté estimé qu'une sortie de l'UE ferait de "la Grande-Bretagne un pays tiers".

Par Jean-Philippe CHOGNOT - © 2016 AFP
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