863 emplois concernés

Bridgestone: le site de Béthune fermera, des projets de reprise partielle

  • PubliĂ© le 12 novembre 2020 Ă  20:50
  • ActualisĂ© le 12 novembre 2020 Ă  21:29
La ministre de l'Industrie AgnÚs Pannier-Runacher arrive pour une réunion sur l'évolution de l'usine Bridgestone à Béthune, le 12 novembre 2020

Espoirs douchés pour le maintien de l'usine de Bridgestone à Béthune: le géant japonais du pneumatique a confirmé jeudi la fermeture de ce site de 863 emplois, l'heure étant désormais à la recherche de repreneurs.

"Nous serons là au cÎté des salariés pour trouver les meilleures solutions", a assuré la ministre de l'Industrie AgnÚs Pannier-Runacher, "nous allons nous battre pour que ce site reste industriel".

Dans un communiquĂ©, le manufacturier a immĂ©diatement assurĂ© avoir identifiĂ© "10 opportunitĂ©s dont 4 projets dĂ©jĂ  bien dĂ©finis" dans la recherche d'un repreneur, se disant prĂȘt Ă  "cĂ©der le cas Ă©chĂ©ant le site Ă  un concurrent". "Bridgestone a fermĂ© la porte, Bridgestone quitte le site de BĂ©thune", "le scĂ©nario qui visait Ă  maintenir une activitĂ© de production de pneus pilotĂ©e par Bridgestone a Ă©tĂ© refermĂ©", avait dĂ©clarĂ© la ministre Ă  l'issue d'une rĂ©union Ă  BĂ©thune avec direction, Ă©lus et syndicats.

Pour tenter de sauver l'unitĂ©, dont la direction avait brutalement annoncĂ© mi-septembre la fermeture courant 2021, le gouvernement avait proposĂ© un plan prĂ©voyant une continuation de l'activitĂ© avec le maintien, selon l'intersyndicale, de "525 Ă  555 emplois" sur les 863. Il s'Ă©tait dit prĂȘt Ă  prendre sa part Ă  l'investissement d'une centaine de millions d'euros nĂ©cessaire au projet.

Celui-ci visait à équiper l'usine afin d'y produire, à l'horizon 2025, 1,3 millions de pneus par an, de qualité supérieure à ceux de petit calibre actuellement manufacturés à Béthune.

AprÚs "avoir attentivement étudié cette option", Bridgestone ne la juge pas "réaliste", car "elle ne rÚgle pas (son) problÚme de surcapacité" en Europe, a confirmé le groupe dans un communiqué.

- Projets de reprise? -

"Nous allons travailler sur des scénarios de reprise. Béthune a des talents, des savoirs-faire", a relevé la ministre. Et d'évoquer parmi les pistes un "écosystÚme en train de se mettre en place" dans la région avec un "site de batteries électriques qui va ouvrir et qui va recruter 2.400 personnes".

Le prĂ©sident (ex-LR) du conseil rĂ©gional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a Ă©galement refusĂ© de s'avouer vaincu. "Il y a un projet sur des pneus. Bridgestone nous dit +on est mĂȘme prĂȘt Ă  ce qu'un concurrent vienne s'installer Ă  notre place+. Dont acte", a-t-il affirmĂ©.

L'Etat et les collectivitĂ©s restent prĂȘts Ă  mettre leur part "pour des projets de repreneurs sĂ©rieux qui ne soient pas Bridgestone", avec le mĂȘme ratio d'un euro d'argent public pour 1 euro d'argent privĂ©, a-t-il prĂ©cisĂ©. "Le bras-de-fer continue" par ailleurs avec Bridgestone, "pour qu'ils mettent le maximum sur le plan social", a-t-il soulignĂ©.

- Assemblée Générale -

"L'heure est pour nous au combat sur les mesures sociales, on va essayer d'aller chercher le maximum pour chacun des salariés", a réagi en écho l'avocat de l'intersyndicale, Me Stéphane Ducrocq, alors qu'une assemblée générale était prévue sur le site en début d'aprÚs-midi.

Me Ducrocq s'est affirmé "déçu et en colÚre" de l'attitude de la direction. Le projet "tenait la route, et aujourd'hui Bridgestone l'a en 5 minutes balayé", a-t-il déploré. "DÚs le lendemain de l'annonce de la fermeture, Bridgestone s'est assis à la table des négociations, a signé un accord de méthode, et dans cet accord, il s'engageait à rechercher des solutions alternatives, et nous on y a cru, raison pour laquelle le site est resté admirablement calme pendant deux mois", a-t-il rappelé.

"La fermeture de l?usine Bridgestone de BĂ©thune, c?est l?Ă©chec d?un État sans vision stratĂ©gique, et c?est un drame pour toute notre rĂ©gion Hauts-de-France. Sans volontĂ© politique d?inverser la tendance, la dĂ©sindustrialisation continuera", a pour sa part tweetĂ© la prĂ©sidente du Rassemblement national Marine Le Pen.

Bridgestone ferme "aprĂšs avoir touchĂ© des aides de l?Etat et investi en Pologne et Hongrie avec celles de l?UE ! Les discours de #Macron sur la souverainetĂ© industrielle, c'est du flan! On arrĂȘte quand l?hĂ©morragie ? Bridgestone doit rembourser !", s'est aussi exclamĂ© sur twitter le dĂ©putĂ© LFI du Nord Adrien Quatennens. Et pour le maire de BĂ©thune, Olivier Gacquerre, "on a arrachĂ© une partie de notre histoire, mais maintenant il faut qu'on ait des perspectives d'avenir".

AFP

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