Une "remontada" expresse comme cadeau d'anniversaire et l'espoir d'un historique sacre européen en trois matches, toujours en vie: le PSG, vainqueur à l'arraché 2-1 de l'Atalanta Bergame mercredi à Lisbonne, s'est qualifié pour les demi-finales de la Ligue des champions, le jour de son cinquantenaire.
Au bord de l'abĂźme depuis l'ouverture du score de Mario Pasalic (27e) et d'une Ă©niĂšme dĂ©sillusion europĂ©enne, le sursaut parisien est venu d'un vice-capitaine qui ne lĂąche rien jusqu'Ă la "95e minute" et d'un remplaçant toujours exemplaire: Marquinhos (90e) et Eric Maxim Choupo-Moting ont sauvĂ© la fĂȘte des 50 ans, autant que les espoirs de titre dans la plus prestigieuse des compĂ©titions europĂ©ennes.
Absent du dernier carré de la C1 depuis 1995, Paris n'a pas manqué une occasion en or de rééditer le meilleur parcours de son histoire au moment de souffler sa 50e bougie.
ConsidĂ©rĂ© comme le meilleur tirage possible avant le match, Bergame a failli ĂȘtre le rĂ©vĂ©lateur des carences de l'Ăšre Thomas Tuchel depuis son arrivĂ©e sur le banc en 2018. GrĂące au mental de fer de ses joueurs, le Petit Poucet de la compĂ©tition en est devenu le symbole de sa rĂ©ussite, Ă savoir faire passer le PSG au niveau supĂ©rieur.
Pourtant, le PSG a longtemps été incapable, autant par maladresse que par manque de rythme, de se défaire du club lombard alors que Neymar a tout tenté: la coupe "mohican" spéciale grand rendez-vous, les gris-gris des grands soirs, les accélérations des grands matches... Sans succÚs !
- Neymar, héros maudit -
AprÚs avoir brisé la malédiction des blessures, la malédiction des huitiÚmes, et attendu cinq mois aprÚs l'incroyable paralysie des compétitions causée par le coronavirus, tout était pourtant réuni pour que le N.10 brésilien puisse briller 50 ans jour pour jour aprÚs la fondation officielle du PSG, le 12 août 1970.
Mais aprĂšs son Ă©norme occasion manquĂ©e en dĂ©but de match, tous le clan parisien en tribunes s'est pris la tĂȘte Ă deux mains, incrĂ©dule. Comme si le tournant du match avait dĂ©jĂ eu lieu dĂšs la 3e minute de jeu.
AprĂšs avoir lui-mĂȘme initiĂ© l'action en s'appuyant sur Icardi d'une subtile dĂ©viation, "Ney" s'est ouvert seul le chemin du but en perforant la dĂ©fense d'une course supersonique plein axe. Mais une fois seul face au gardien, il a trop ouvert son pied alors que le but semblait acquis...
AlignĂ© dans un trident offensif oĂč il a souvent fait figure de faux N.9, le BrĂ©silien a Ă©tĂ© au coeur de toutes les offensives. Mais incapable de se montrer dĂ©cisif dans la zone de vĂ©ritĂ©, comme sur ce une-deux parfaitement jouĂ© sur le cĂŽtĂ© gauche qu'il n'a pas su encore une fois concrĂ©tiser au bout d'une longue course (19e).
ConcentrĂ©e et appliquĂ©e, l'Atalanta s'est aussi reposĂ©e sur la patte de son N.10, "Papu" Gomez, pour faire la diffĂ©rence. Sur son centre dans le dos de la dĂ©fense, le piston droit Hateboer a vu sa tĂȘte dangereuse ĂȘtre repoussĂ©e in extremis par Keylor Navas, trĂšs vigilant (11e).
Mais sur un coup de billard, Bergame a fini par ouvrir le score. A l'arraché, Duvan Zapata a réussi à contrer un ballon mal dégagé par Kimpembe aux abords de la surface. Mario Pasalic, seul et à l'affût, n'a pas manqué l'opportunité de tromper Navas d'une frappe du gauche enroulée imparable (1-0, 27e).
- Mbappé, entrée en jeu gagnante -
Encore une fois Neymar aurait pu ramener son Ă©quipe dans la foulĂ©e. Mais sa nouvelle chevauchĂ©e fantastique, oĂč il passe en revue Pasalic d'un petit pont, a Ă©tĂ© conclue par un tir puissant... juste Ă cotĂ© (28e). Rageant !
Et quand un énorme cadeau s'est offert à lui, avec une mauvaise passe en retrait d'un défenseur bergamasque au gardien, Neymar, encore esseulé et parfaitement positionné, n'en a pas profité (42e).
Malgré les encouragements sonores et rauques de Keylor Navas, perceptibles de l'autre cÎté du terrain, les Parisiens se sont laissés endormir par le faux rythme des Italiens, qui ont multiplié les fautes.
L'heure de jeu a précipité l'entrée en jeu de Mbappé. Directement placé sur l'aile gauche, son peps a amené du dynamisme et des occasions de but comme ce raid qu'il n'a pu conclure (74e, 80e).
La blessure de Navas a toutefois été le détonateur d'un scénario complÚtement fou: d'abord avec le but égalisateur de Marquinhos sur un centre-tir de Neymar (1-1, 90e), puis sur la passe parfaite de Mbappé pour Choupo-Moting (2-1, 90+3), juste aprÚs son entrée en jeu. Deux buts déjà légendaires.
AFP



