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C1: plus frais mais sans rythme, le PSG et Lyon naviguent Ă  vue

  • PubliĂ© le 9 aoĂ»t 2020 Ă  10:33
  • ActualisĂ© le 9 aoĂ»t 2020 Ă  10:50
Des joueurs de l'Olympique lyonnais félicitent Memphis Depay aprÚs son pénalty inscrit contre la Juventus Turin en 8e de finale retour de la Ligue des champions le 7 août 2020 à Turin

Seules équipes de Ligue des champions à ne pas avoir pu achever leur championnat national pendant l'été, le Paris SG et l'Olympique lyonnais arrivent à Lisbonne plus frais que leurs rivaux, mais privés de rythme en compétition. Davantage un "handicap" qu'une chance, estiment-ils.

Pour la premiÚre fois depuis 2015 (Monaco et le PSG), le football français compte deux représentants en quarts de Ligue des champions. Mais la Ligue 1 étant le seul championnat majeur à avoir stoppé sa saison de maniÚre anticipée à cause de la pandémie de coronavirus, dans quel état physique se présenteront ces deux équipes ?

Marquinhos, Thiago Silva, Mauro Icardi et Layvin Kurzawa qui sortent par précaution en finale de Coupe de la Ligue, Marco Verratti et Kylian Mbappé qui viennent garnir l'infirmerie... Au PSG, la reprise de la compétition a rimé avec pépins physiques.

Une malédiction qui tombe mal, à quelques jours d'affronter mercredi à Lisbonne l'Atalanta Bergame, elle aussi privée de quelques cadres dont Josip Ilicic, son meilleur buteur, mais bien plus dans le rythme du haut niveau que son adversaire parisien car elle a terminé la Serie A tout au long du mois de juillet.

Pendant ce temps, le PSG, privé du moindre match officiel pendant plus de quatre mois, alternait entre préparation physique, matches amicaux et finales des deux coupes nationales. Un programme certes calibré pour monter en puissance en vue de ce grand rendez-vous européen, mais assurément pas comparable à l'intensité d'un sprint final de championnat domestique.

- "Cassés dans le rythme" -

"On joue un quart de finale de Ligue des champions, pas un match amical", a d'ailleurs tonnĂ© l'entraĂźneur Thomas Tuchel mercredi dernier aprĂšs un dernier galop d'essai contre Sochaux (1-0). Comme pour souligner le grand Ă©cart que ses hommes s'apprĂȘtent Ă  effectuer dans la capitale portugaise.

Le directeur sportif Leonardo, sans toutefois chercher "d'excuse", s'est mĂȘme invitĂ© auprĂšs des journalistes mercredi soir pour relever ce manque supposĂ© d'Ă©quitĂ© par rapport aux clubs espagnols, allemands, anglais et italiens, dont la saison a repris en mai ou en juin au contraire de la Ligue 1, dĂ©finitivement stoppĂ©e mi-mars. "On a Ă©tĂ© cassĂ©s dans le rythme", a regrettĂ© le BrĂ©silien. "On ne met pas les Ă©quipes françaises dans les meilleures conditions pour la Ligue des champions."

Le prĂ©parateur physique de Lyon Paolo Rongoni avait fait la mĂȘme analyse quelques jours plus tĂŽt: "On ne jouera pas Ă  armes Ă©gales. On ne nous laisse pas toutes nos chances et c'est cela qui est le plus frustrant", avait-il dĂ©clarĂ©.

Pour Leonardo, le reproche vise aussi les instances du football français: le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration NoĂ«l Le GraĂ«t - "La Coupe de France, on l'a peut-ĂȘtre jouĂ©e pour faire plaisir au prĂ©sident" - et la Ligue, responsable d'un calendrier curieux qui fait commencer la saison 2020-21 de Ligue 1 "le mĂȘme jour que la finale de Ligue des champions" (le 23 aoĂ»t).

Peu présent sur le terrain médiatique pendant toute la séquence du confinement, le club parisien se range ici derriÚre la position agitée par l'OL et son président Jean-Michel Aulas pendant de longues semaines.

- FraĂźcheur -

Aulas, dont le club était privé de qualification en Coupe d'Europe par la décision d'interrompre définitivement la Ligue 1, avait fait de cet argument un cheval de bataille, dénonçant "une injustice" et un "handicap majeur de ne pas pouvoir se préparer".

Ancien préparateur physique de Rennes, Saint-Etienne et Nice, Nicolas Dyon abonde prudemment. "Je préfÚre un joueur en mode compétition qu'un autre en mode préparation. Le corps, les muscles et le cerveau enregistrent les intensités de compétitions et il faut un certain temps pour les reprogrammer", analyse-t-il auprÚs de l'AFP.

De son cĂŽtĂ©, l'UEFA n'a pas pris position sur le sujet. "Cette saison est trĂšs particuliĂšre, elle va se terminer diffĂ©remment, donc c'est trĂšs dur de voir exactement ce que peut ĂȘtre un avantage ou un dĂ©savantage", a estimĂ© Aleksander Ceferin, le prĂ©sident de l'instance.

Certains verraient d'ailleurs presque cette longue coupure comme un avantage non négligeable pour les clubs français, qui ont disposé d'une période de préparation plus longue que pour une saison "normale".

Pour Nicolas Dyon, cela avantage surtout les internationaux, qui n'ont jamais disposé d'autant de temps. "Ils ont pu bénéficier d'une coupure rarissime dans la vie d'un footballeur, ce qui pourrait leur permettre de s'oxygéner avant le +money time+", estime le préparateur physique. Suffisant pour rivaliser à Lisbonne ?

AFP

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