Rare équipe française à briller dans les compétitions européennes cette saison, Lille veut décrocher face au Sparta Prague jeudi (18h55) la victoire qui le qualifierait pour les 16e de finale de Ligue Europa et validerait la progression du club dans la hiérarchie continentale.
- Un effectif plus étoffé -
Si Lille, en tĂȘte du groupe H en C3, est le seul club français Ă porter haut les couleurs de la Ligue 1, c'est parce que son effectif trĂšs large le lui permet.
Certains départs attendus cet été (Boubakary Soumaré, Adama Soumaoro, Luiz Araujo) ne se sont pas concrétisés, laissant le Losc avec un groupe un peu plus riche qu'attendu. Si cela complique la gestion des egos, les options sont d'autant plus nombreuses.
Tous les postes sont doublés voire triplés et, jusqu'aux récentes blessures de Renato Sanches et Zeki Celik, aucun gros pépin physique n'était à déplorer.
"Si notre effectif n'était pas celui-ci, ce serait difficile car il y aurait moins de joueurs à disposition et donc de la fatigue. J'ai un groupe au point dans la qualité et la quantité", a dit Galtier face à la presse avant la réception de l'AC Milan (1-1) la semaine derniÚre.
Le coach des Dogues fait certes tourner une partie de son onze de dĂ©part mais sans perdre en qualitĂ©, Ă©vitant toute impasse sur les matches jugĂ©s moins importants. RelancĂ© en Ligue Europa alors qu'il se contentait de miettes en championnat, le milieu offensif turc Yusuf Yazici s'est ainsi offert un triplĂ© sur la pelouse de Prague puis Ă Milan et pointe en tĂȘte du classement des buteurs de C3.
- Un groupe rodé par la C1 -
FrustrĂ© par la fin abrupte du dernier exercice alors qu'il Ă©tait tout proche du podium, le Losc joue la "petite" Coupe d'Europe alors qu'il visait plutĂŽt la Ligue des champions, disputĂ©e Ă l'automne 2019 (Ă©limination en phase de groupes). Mais avoir hĂ©ritĂ© de la C3 cette saison a un avantage: le rythme y est moins Ă©touffant et les adversaires plus abordables. "L'an dernier, on n'avait ramenĂ© qu'un point dans une compĂ©tition beaucoup, beaucoup plus difficile. MĂȘme s'il y avait eu des matches intĂ©ressants en Ligue des champions, on a Ă©normĂ©ment souffert", a rappelĂ© Galtier.
Alors opposĂ©s Ă Valence, Chelsea et l'Ajax, les Lillois avaient rivalisĂ© dans le jeu, dominant mĂȘme les Espagnols pendant de longues pĂ©riodes Ă l'aller comme au retour. Mais, Ă l'image de Rennes cette saison, ils avaient eu du mal Ă marquer et payĂ© au prix fort leurs temps faibles et leur manque d'expĂ©rience.
Un problÚme depuis corrigé, les incursions dans le camp adverse finissant souvent au fond. "Ce qui s'est passé à Milan lors du match aller (victoire 3-0) est le reflet de notre qualité de jeu", a résumé l'ailier brésilien Luiz Araujo. "Nous profitons de l'expérience que nous avons acquise la saison derniÚre en Ligue des champions."
- Mais rien n'est encore joué -
Leader avec deux victoires et deux nuls aprÚs quatre journées, Lille est bien placé pour continuer l'aventure mais le club nordiste n'a pas beaucoup de marge.
En cas de dĂ©faite jeudi contre le Sparta Prague, et dans l'hypothĂšse oĂč Milan assumerait son statut face au Celtic Glasgow, dernier de la poule, le Losc se retrouverait troisiĂšme et jouerait son avenir en Ăcosse le 10 dĂ©cembre.
Un scénario catastrophe pas si improbable: battus 4-1 à l'aller, les TchÚques avaient tenu le nul jusqu'à l'heure de jeu alors qu'ils avaient rapidement été réduits à dix et reprenaient aprÚs trois semaines de pause en raison de la pandémie de Covid-19.
La méfiance est donc de mise avant cet affrontement piégeux. Mais si l'écueil est bien négocié, cela confirmera que Lille est l'une des rares éclaircies dans la grisaille du football français cette saison.
AFP



