Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a estimé lundi qu'il n'y avait "pas de fondamentalisme pacifique", "pas de salafisme anodin", appelant les responsables musulmans à assumer leur "rÎle éminent" dans la prévention de la radicalisation.
"Nous avons (...) un devoir de lucidité: il existe dans certaines mosquées, comme sur certains sites internet se réclamant de l'islam, un discours qu'il faut qualifier pour ce qu'il est, un discours sectaire, un discours d'enfermement communautariste, un discours d'intimidation qui peut à juste titre inquiéter les Français", a déclaré le chef du gouvernement en ouvrant, place Beauvau, la troisiÚme réunion de "l'instance de dialogue avec l'islam de France".
"Ce discours sectaire (...) fait beaucoup de mal Ă l'islam rĂ©publicain et paisible que plusieurs millions de nos concitoyens pratiquent, en tentant de faire croire aux autres Français qu'il reprĂ©sente la rĂ©alitĂ© de votre religion. Or l'islam, dans la RĂ©publique, ce n'est pas une revendication politique, il ne peut pas ĂȘtre un instrument de lutte contre la RĂ©publique", a poursuivi l'ex-ministre de l'IntĂ©rieur.
Selon Bernard Cazeneuve, "il n'y a pas, il n'y a jamais de fondamentalisme pacifique; il n'y a pas de salafisme anodin; il n'y a pas d'intégrisme modéré". "DÚs qu'on professe le rejet de la République, on prépare les esprits à ce qui vient immédiatement ensuite: l'apologie de la violence et de la haine".
Le Premier ministre a assuré que son équipe, installée la semaine derniÚre, serait "implacable, implacable comme l'ont été les gouvernements de (ses) prédécesseurs lorsque, confronté aux prédicateurs de haine et aux groupements intégristes, il faudra rappeler chacun aux valeurs de la République".
"A chaque fois qu'il y aura une menace avérée contre l'ordre et la sécurité publics, les associations seront dissoutes et les lieux de culte - je le dis clairement - seront fermés", a-t-il poursuivi.
Au moins une vingtaine de mosquées et salles de priÚre ont été fermées depuis le déclenchement de l'état d'urgence au soir des attentats du 13 novembre 2015, a-t-il précisé.
Mais "ce sont les responsables religieux de l'islam de France qui sont les mieux armĂ©s pour alerter les fidĂšles, et notamment les jeunes, pour les mettre en garde lorsque des mosquĂ©es deviennent des lieux oĂč l'on propage la haine contre la RĂ©publique", a-t-il insistĂ© en soulignant leur "rĂŽle Ă©minent dans la prĂ©vention de la radicalisation".
Par Pierre DONADIEU - © 2016 AFP
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