L'Inde et l'Union européenne (UE) ont officialisé mardi la conclusion d'un vaste accord de libre-échange commercial qui, au terme de vingt ans de négociations, va créer "une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes".
Dans un contexte géopolitique incertain, ce pacte doit permettre aux deux parties de mieux se protéger de la concurrence chinoise et des effets de la guerre des droits de douane engagée par les Etats-Unis.
"Ce traitĂ© va offrir de nombreuses opportunitĂ©s", s'est rĂ©joui le Premier ministre indien Narendra Modi, avant mĂȘme de rencontrer le prĂ©sident du Conseil europĂ©en Antonio Costa et son homologue de la Commission Ursula von der Leyen.
Il "couvre environ 25% du produit intérieur brut (PIB) et un tiers du commerce mondiaux", a-t-il ajouté.
"L'Europe et l'Inde ont fait l'histoire aujourd'hui", a renchéri sur son compte X Mme von der Leyen. "Nous avons conclu l'accord de tous les accords. Nous avons créé une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes qui va bénéficier aux deux parties", a-t-elle poursuivi.
Les derniers obstacles à la conclusion du texte ont été levés lundi lors d'ultimes tractations entre négociateurs.
L'Inde et l'UE espÚrent qu'il dopera leur commerce en réduisant les droits de douane dans de nombreux secteurs.
Selon Bruxelles, la réduction des taxes indiennes sur les importations européennes devrait permettre à l'UE d'économiser jusqu'à 4 milliards d'euros chaque année, notamment sur des produits emblématiques.
- Voitures, chocolat et pĂątes -
Les droits de douane indiens sur les vĂ©hicules "made in Europe" doivent ainsi passer 110 Ă 10%, ceux sur les vins de 150 Ă 20% et ceux sur les pĂątes ou le chocolat, actuellement Ă 50%, ĂȘtre totalement supprimĂ©s, selon l'UE.
"L'UE compte bénéficier du niveau d'accÚs le plus élevé jamais accordé à un partenaire commercial sur le marché indien traditionnellement protégé", avait indiqué Ursula von der Leyen dÚs son arrivée dimanche en Inde, pariant sur un doublement des exportations européennes.
En 2024, les deux parties ont échangé 120 milliards d'euros de marchandises - en hausse de prÚs de 90% en dix ans - et 60 milliards d'euros de services, selon l'UE.
Bruxelles lorgne avec gourmandise sur l'immense marché que représente le pays le plus peuplé de la planÚte, avec ses 1,5 milliard d'habitants et sa trÚs forte croissance, de 8,2% en glissement annuel au dernier trimestre.
Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), l'Inde devrait rafler cette année au Japon le titre de quatriÚme économie mondiale, derriÚre les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne. Et elle pourrait monter sur le podium avant 2030, selon son gouvernement.
Pour sa part, New Delhi considÚre l'Europe comme une source indispensable des technologies et investissements dont elle a un cruel besoin pour accélérer sa modernisation et créer des millions d'emplois pour sa population.
New Delhi et Bruxelles entendent aussi parapher mardi un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers, les échanges d'étudiants, de chercheurs ou de certains professionnels à forte qualification, ainsi qu'un pacte de sécurité et de défense.
"L'Inde et l'Europe ont fait un choix clair. Celui du partenariat stratégique, du dialogue et de l'ouverture", a souligné Mme von der Leyen sur X, "nous montrons à un monde fracturé qu'une autre voie est possible".
En matiĂšre de dĂ©fense, New Delhi a diversifiĂ© ses achats de matĂ©riel militaire en s'Ă©loignant de son fournisseur historique russe, tandis que l'Europe tente de faire la mĂȘme chose vis-Ă -vis des AmĂ©ricains.
 AFP

