Zone euro

Conseil des ministres franco-allemand: Macron veut faire "bouger" les lignes

  • PubliĂ© le 13 juillet 2017 Ă  07:10
La chanceliÚre allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron, à Trieste (Italie), le 12 juillet 2017

Quelques heures avant de recevoir Donald Trump, Emmanuel Macron préside jeudi le 19e Conseil des ministres franco-allemand au cÎté d'Angela Merkel avec l'ambition de convaincre Berlin de "bouger" pour corriger les "dysfonctionnements" de la zone euro et lui "donner le destin qu'elle mérite".

L'Allemagne "doit bouger, comme la France doit bouger" en se réformant, a souligné le chef de l'Etat français dans une interview publiée jeudi dans le quotidien Ouest France ainsi que les journaux du groupe de presse allemand Funke, à quelques heures de ce conseil.

L'Allemagne, insiste-t-il, se doit d'"accompagner une relance de l?investissement public et privé en Europe" et d'assumer des "responsabilités partagées", sa compétitivité étant due en "partie" aux "dysfonctionnements de la zone euro" et "à la faiblesse d'autres économies".
Nul doute donc que ces questions sont au coeur des discussions entre le chef de l'Etat français et la chanceliÚre allemande qui ont rejoint Paris ensemble mercredi soir, à bord d'un appareil de la République fédérale, aprÚs une sommet sur le Balkan réuni à Trieste (Italie).

Attendue dÚs 08H40 à l'Elysée jeudi, Angela Merkel et son hÎte repartiront peu aprÚs pour assister dans le nord de Paris à un atelier linguistique organisé par l'Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) et destiné à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes des deux pays.

L'occasion pour Emmanuel Macron de rappeler, comme il l'a fait dans son interview, "la réouverture de 1.200 classes bi-langues dans les collÚges" qui portera, assure-t-il, l'enseignement de l'allemand à "un niveau qu'il n'a jamais connu". De retour à l'Elysée, les deux dirigeants présideront un Conseil franco-allemand de défense et de sécurité centré sur la lutte antiterroriste et l'Europe de la défense, aprÚs un sommet européen qui a créé fin juin un fonds européen ad hoc, jetant aussi les bases d'une "coopération structurée permanente".

Dans la foulée, ils s'entretiendront en présence du Premier ministre français Edouard Philippe, alors que les ministres français et allemands se retrouveront par tandem selon leurs domaines de compétences: Intérieur, Affaires étrangÚres, Défense, Finances, Culture, Travail, Education, Affaires européennes...

Les deux exécutifs partageront ensuite un déjeuner avant une conférence de presse conjointe du président français et de la chanceliÚre allemande.

- 'ContrÎle démocratique' -

A moins de trois mois des élections générales en Allemagne, Paris et Berlin, à défaut d'avancées décisives sur les dossiers clés comme la réforme de la zone euro, tenteront de poser des jalons pour l'avenir. L'exécutif allemand aura aussi à coeur de sonder les intentions du nouveau gouvernement français.

La chanceliÚre compte ainsi évoquer plus en détail avec Emmanuel Macron ses projets pour l'eurozone qu'il souhaite notamment doter d'un ministre des Finances. "Je dois savoir ce dont il s'agit, quelles compétences il aurait, quelles seraient les compétences européennes et nationales", a-t-elle observé cette semaine.

A ce propos, Emmanuel Macron se prononce dans les colonnes de Ouest France pour "des mécanismes de solidarité plus puissants" qui passent selon lui par un "budget" de la zone euro, "un gouvernement qui décide de l'allocation de ce budget et un contrÎle démocratique qui n'existe pas aujourd?hui".

Mais à titre d'exemple, Angela Merkel a évoqué aussi "la relance des (efforts) pour aligner davantage les conditions générales de l'imposition des entreprises" des deux cÎtés du Rhin.
Depuis son élection, Emmanuel Macron a manifesté une trÚs claire volonté de relancer le couple franco-allemand.

Le nouveau président français en avait donné le ton dÚs sa premiÚre visite à la chancellerie, le 15 mai, au lendemain de son investiture, répondant par un "oui" dénué de toute ambiguïté à une question sur sa volonté de restaurer la densité de cette relation. A l'issue du Conseil franco-allemand, il recevra Donald Trump, qui doit assister vendredi en sa compagnie au défilé militaire du 14 Juillet sur les Champs-Elysées, sans que le président américain ne croise la chanceliÚre.

AFP

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