Le paiement des amendes forfaitaires pour consommation de drogue doit pouvoir ĂȘtre "immĂ©diat, par carte bancaire ou en liquide", a affirmĂ© Emmanuel Macron, dans un entretien au quotidien La Provence publiĂ© dimanche soir sur le site du journal, Ă la veille d'une visite de trois jours Ă Marseille (Photo rb/www.imazpress.com)
 Estimant "inacceptable" qu'avec les rÚglements décalés par télépaiement seules 35% de ces amendes soient effectivement réglées, le chef de l'Etat précise avoir demandé au ministre de l'Intérieur "de préparer un décret pour la fin de l'été" et que d'ores et déjà "on a commencé à équiper les agents de 5.000 terminaux de paiement".
"Nous devons trouver les moyens d'ĂȘtre plus efficaces", plaide Emmanuel Macron, Ă la veille de son dĂ©placement de trois jours dans la citĂ© phocĂ©enne pour l'acte II du plan "Marseille en grand" qu'il avait annoncĂ© le 1er septembre 2021 pour venir aider une ville gangrĂ©nĂ©e par la pauvretĂ©, les problĂšmes de logement et les trafics de stupĂ©fiants.
"On ne peut pas déplorer le trafics de drogue si on a des consommateurs", poursuit le chef de l'Etat auprÚs du quotidien régional: "Les gens qui ont les moyens de consommer de la drogue parce qu'ils trouvent cela récréatif, il faut qu'ils comprennent qu'ils nourrissent des réseaux et qu'ils ont une complicité de fait".
"On a mis en place une amende forfaitaire pouvant aller jusqu'à 2.500 euros (NDLR: 200 euros pour une amende non majorée pour une premiÚre consommation). 350.000 ont été dressées en France depuis septembre 2020", poursuit Emmanuel Macron.
"Mais ce que nous avons constaté c'est que comme le rÚglement se fait par télépaiement entre 45 jours et 60 jours, nous avons un taux de recouvrement de 35%. Et c'est en-dessous de cette moyenne à Marseille. C'est inacceptable" ajoute-t-il.
Expérimenté depuis le 16 juillet 2020 à Marseille, ce systÚme d'amende forfaitaire visant les consommateurs de drogue avait ensuite été étendu à toute la France en septembre 2020.
Dans les Bouches-du-RhÎne, 18.600 "amendes forfaitaires délictuelles" pour usage ont été dressées pour la seule année 2022, en augmentation de 50% sur 2021, premiÚre année d'application complÚte de ce dispositif, selon la préfecture de police des Bouches-du-RhÎne.
L'amende forfaitaire est louée par certains policiers et responsables politiques comme une "réponse plus efficace au délit d'usage de stupéfiants", qui évite "d'engorger les tribunaux".
Mais l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) est plus mitigé. "La montée en puissance de cette dynamique de pénalisation financiÚre s'est faite au détriment des mesures à dimension sanitaire individualisées, devenues rares", avait-il ainsi observé.
En France, une loi de 1970 parmi les plus répressives d'Europe prévoit théoriquement de punir l'usage illicite de stupéfiants d'une peine allant jusqu'à un an de prison et 3.750 euros d'amende.
Mais l'emprisonnement pour usage reste exceptionnel, les magistrats privilégiant, avant la mise en place de l'amende, des "mesures alternatives aux poursuites" comme des rappels à la loi.
AFP

On pourrait tester la confiscation des véhicules, auto moto scooter vélo etc à tous les possesseurs et acheteurs de drogue !