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COP21: quand l'art joue (un peu) la carte du climat

  • PubliĂ© le 28 novembre 2015 Ă  12:32
L'oeuvre de l'artiste américain Shepard Fairey "Earth Crisis"  installée sous la tour Eiffel à Paris, le 20 novembre 2015

Horloge de glace, théùtre pĂ©dagogique, land art : le monde de la culture joue la carte de la confĂ©rence de Paris, mĂȘme si peu de crĂ©ateurs se sont rĂ©ellement intĂ©ressĂ©s au rĂ©chauffement climatique.


Le plus directement branché sur cet événement planétaire est sans doute le théùtre. David Lescot présente ainsi au Théùtre de la ville "Les Glaciers grondants", une piÚce pour laquelle l'auteur a interrogé spécialistes du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) et "climatosceptiques" (du 4 au 8 décembre).
MĂȘme engagement Ă  la Maison des mĂ©tallos avec "Kyoto Forever 2" de FrĂ©dĂ©ric Ferrer, recrĂ©ation d'une sĂ©ance de nĂ©gociations entre experts et diplomates sur une limitation de la hausse de la tempĂ©rature du globe (jusqu'au 6 dĂ©cembre).
Autre manifestation dĂ©diĂ©e au sujet, l'exposition "Climats artificiels" Ă  l'Espace Fondation EDF (jusqu'au 28 fĂ©vrier). Traverser un nuage artificiel ou passer la tĂȘte dans des serres suspendues oĂč sont recréés des Ă©cosystĂšmes : la commissaire Camille Morineau a voulu "faire un pas de cĂŽtĂ© en proposant une rĂ©flexion plus poĂ©tique" que l'approche politique de la COP21.
La confĂ©rence de Paris est aussi l'occasion de revenir sur les courants artistiques traitant des rapports de l'homme avec la nature, mĂȘme si leur dĂ©marche est assez Ă©loignĂ©e de l'augmentation du taux de CO2.
Le Centre Pompidou rend ainsi hommage au Land Art, présenté comme le "premier mouvement (...) à élire la terre comme lieu et matiÚre de l'expression artistique". Un cercle d'ardoises de Richard Long, un des artistes emblématiques de ce courant, est exposé dans le Forum.
Outre un cycle de films sur la nature en danger, le Centre a également élaboré un parcours COP21 destiné à "mettre en lumiÚre les mutations de la représentation de la nature dans le champ de l'art moderne", de Matisse aux paysages des Surréalistes.
- "D'autres chats Ă  fouetter" -
Mais avoir la nature pour inspiration confÚre-t-il pour autant le label d'écologiste militant ? "Le travail de Richard Long porte plutÎt sur les terres sauvages, les grandes étendues", note Camille Morineau.
"Beaucoup d'artistes mÚnent une réflexion politique, mais pas sur le climat, simplement parce qu'ils ont d'autres chats à fouetter", souligne-t-elle.
Des créateurs ont pourtant fait de la question climatique l'un des thÚmes majeurs de leur démarche. Star de l'art contemporain et écolo de la premiÚre heure, le Danois Olafur Eliasson est de ceux-là. Pour la COP21, il a imaginé une horloge géante constituée de 12 blocs de glace (80 tonnes au total) en provenance d?un fjord du Groenland. Elle sera installée place du Panthéon.
Dans le cadre de l'agenda culturel Paris Climat 2015 (Artcop21.com), Eliasson prévoit également une marche lumineuse dont les participants seront munis de petites lampes solaires à LED (4 au 10 décembre) COPqu.
Autre projet spectaculaire, "Particle Falls", cascade numérique d'Andrea Polli projetée sur la façade du Mona Bismarck American Center. Sa couleur et son animation varient en temps réel selon le taux de CO2.
Pour dénoncer la pollution et le gaspillage, le Britannique Michael Pinsky "mettra en scÚne" des objets récupérés dans le canal de l'Ourcq.
Avec son film "De chair et de lait", le réalisateur Bernard Bloch s'est interrogé sur nos liens avec l?animal à travers seize "situations de partage" entre les vaches et les hommes dans le monde (avant-premiÚre le 8 décembre au MK2 Quai de Seine).
"One Heart One Tree" de Naziha Mestaoui propose de créer, via une application smartphone, un arbre virtuel qui sera projeté sur la Tour Eiffel et d'autres monuments. Chaque arbre en générera un autre, réel, planté dans le cadre de projets de reforestation.
Décidément trÚs sollicitée, la Tour Eiffel est aussi le terrain de jeu du "street artist" Shepard Fairey qui va suspendre entre le premier et deuxiÚme étages une boule décorée de ses habituelles arabesques.
MĂȘme si l'objet est assorti de slogans Ă©cologistes, le lien avec le rĂ©chauffement climatique semble assez tĂ©nu. A moins qu'il ne s'agisse d'une dĂ©coration de NoĂ«l.


Par Antoine FROIDEFOND - © 2015 AFP
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