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COP21: une semaine pour boucler un accord sur le climat

  • PubliĂ© le 6 dĂ©cembre 2015 Ă  15:56
Session spéciale à l'Assemblée nationale dans le cadre de la COP21, le 5 décembre 2015

Le plus dur commence: les ministres chargés de négocier un accord mondial sur le climat commençaient à arriver dimanche à Paris avant de lancer lundi matin au Bourget une semaine cruciale pour la planÚte.


La Conférence de l'ONU sur le climat, qui doit aboutir vendredi à un accord universel d'une ambition inédite permettant de contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport à l'Úre pré-industrielle, "reste sur la bonne voie", a estimé dimanche le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a rencontré des ministres africains à Paris.
"De façon générale, nous observons une volonté et un esprit positif autour du processus", a-t-il souligné.
Les ministres des quelque 195 pays participant aux négociations ont rendez-vous lundi matin au Bourget pour plancher sur le texte de 48 pages élaboré depuis mardi par les négociateurs. Ils devront trancher sur le fond parmi les nombreuses options encore présentes dans ce texte touffu qui évoque aussi bien l'objectif de 2°C que la question de la répartition des efforts entre les pays, les moyens à mettre en oeuvre pour s'adapter au changement climatique ou la cruciale question des financements.
Cette deuxiÚme phase des discussions, aprÚs une premiÚre semaine marquée par la présence de plus de 150 chefs d'Etats et de gouvernement en ouverture, débutera à 10H00 (09H00 GMT). L'optimisme qui soufflait samedi sur la conférence sera-t-il encore de mise? Car le plus dur commence.
L'Ă©bauche d'accord actuellement sur la table constitue un "progrĂšs" mais "il reste Ă  approfondir et concrĂ©tiser", a rappelĂ© samedi le rĂ©sident de la COP, le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres Laurent Fabius. Il a souhaitĂ© que l'accord final puisse ĂȘtre achevĂ© dĂšs jeudi, pour permettre son adoption vendredi conformĂ©ment au calendrier prĂ©vu, ce qui en soit constituerait dĂ©jĂ  un tour de force pour des nĂ©gociations qui gĂ©nĂ©ralement jouent les prolongations pour au moins 24 heures.
- Sur une trajectoire de 3°C -
"Les positions des Etats sont encore trÚs éloignées sur des points essentiels. Mais nous n'avons plus le temps pour un jeu de poker menteur. DÚs leur arrivée à Paris les ministres vont devoir abattre leurs cartes", estime Célia Gautier du collectif d'ONG Réseau action climat.
"La question du financement reste Ă  la traĂźne, avec trĂšs peu de progrĂšs sur la somme dont disposeront les plus pauvres pour s'adapter au changement climatique" Ă  partir de 2020, remarque pour sa part l'ONG Oxfam.
"Soyons francs: tous les sujets politiques difficiles restent non résolus", a indiqué samedi le négociateur de l'Union européenne Miguel Arias Canete. Pour le délégué chinois Su Wei, les négociateurs ont réuni "tous les ingrédients et les assaisonnements pour réaliser une recette". La semaine prochaine marque "le passage en cuisine", a-t-il ajouté, évoquant le travail des ministres.
Le financement de l'aide climatique aux pays du Sud par ceux du Nord et la question de la rĂ©partition des efforts entre pays dĂ©veloppĂ©s, Ă©mergents et en dĂ©veloppement ne sont pas les seuls points Ă©pineux. La question des "pertes et dommages", portant sur les aides qui pourraient ĂȘtre apportĂ©es Ă  certains pays pour faire face aux impacts irrĂ©versibles du rĂ©chauffement, ou l'instauration de rendez-vous pour revoir les engagements sont Ă©galement des sujets de tensions.
La quasi-totalitĂ© des pays participant aux discussions ont publiĂ© leurs engagements pour rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. Mais ces engagements n'empĂȘcheront pas le thermomĂštre mondial de grimper de quelque 3°C par rapport Ă  l'Ă©poque prĂ©-industrielle, selon diffĂ©rentes estimations.
Or, les scientifiques redoutent qu'au-delà de 2°C l'adaptation soit impossible dans de nombreuses régions en raison de sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des cÎtes...
"Je refuse de rentrer à la maison sans un accord me permettant de regarder mes petits-enfants dans les yeux et de leur dire: +Papa+ est rentré, j'ai un bon accord pour vous", a prévenu samedi au Bourget Tony de Brum, ministre des Affaires étrangÚres des ßles Marshall, petit archipel du Pacifique, en premiÚre ligne face à la hausse du niveau des océans provoquée par le réchauffement.

Par Bojan KAVCIC, Djallal MALTI - © 2015 AFP
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