Une station de ski avec hĂŽtels de luxe et restaurants gastronomiques

Courchevel, la piste aux étoiles

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2017 Ă  14:10
L'hÎtel cinq étoiles du "Cheval Blanc" accueille le restaurant "1947" dont le chef Yannick Alleno a décroché sa 3e étoile dans le guide Michelin, à Courchevel le 10 février 2017

A Courchevel, il n'y a pas que les skieurs qui décrochent les étoiles. HÎtels de luxe et restaurants gastronomiques brillent aussi dans cette station de ski savoyarde huppée qui défend la mixité de sa clientÚle, tendance "Décathlon ou Chanel".


"C'est quand mĂȘme pas mal d'avoir autant d'Ă©toiles!". Philippe Mugnier, enfant du cru et maire de la commune, ne boude pas son plaisir au lendemain des annonces du Guide Michelin.
Le 3e macaron de Yannick Alleno au "1947", restaurant de l'hÎtel Cheval Blanc, propriété du groupe LVMH ; le 2e pour Jean-Rémi Caillon au Kintessence de l'hÎtel K2 et Gatien Demczyna au Montgomerie du K2 Altitude, ajoutés aux autres, forment un total de 14 distinctions pour huit restaurants.
Et seulement 2.426 habitants à l'année. Mais la population grimpe jusqu'à 30.000 lors des pics de la saison hivernale et ce sont ces visiteurs, dont certains richissimes, qui fréquentent surtout ces établissements, dont la plupart n'ouvrent que le soir et parfois avec trÚs peu de couverts.


A 1.850 mÚtres d'altitude se concentrent tables étoilées, palaces et grands hÎtels, chalets de luxe, quartiers privatisés et altiport. Sur les 40.000 lits d'hébergement de la station, "environ 50% sont des résidence privées", souligne Nathalie Faure, de Courchevel Tourisme. Les propriétaires sont des familles du Moyen-Orient ou des grands capitaines d'industrie.
Créée ex-nihilo en 1947 pour inscrire le ski dans le mouvement de l'Ă©ducation populaire, Courchevel s'est depuis beaucoup dĂ©veloppĂ©e, inventant le damage des pistes. Et dans les annĂ©es 60, la clientĂšle parisienne et le "showbiz" ont amenĂ© la fĂȘte.
AprÚs Brigitte Bardot et Joe Dassin, les stars du moment - Leonardo Di Caprio, Kate et William, David Guetta ou Patrick Bruel - se font discrÚtes, pouvant sortir de leurs nids douillets "skis aux pieds", déjà casquées et masquées.


- Des Rolls au coin de la rue Léo Lagrange -


Une "Croisette" a mĂȘme vu le jour dans les annĂ©es 70 mais ce bĂątiment multifonctions attend une cure de jouvence pour se remettre au goĂ»t du jour. En attendant, on peut voir des Rolls-Royce tourner au coin de la rue LĂ©o Lagrange... 1936 et le Front populaire paraissent loin.
La renommée de la station, son positionnement "d'excellence" et un patient travail de marketing ont poussé la part de la clientÚle internationale à prÚs de 70%, avec 45 nationalités représentées. Et si les Russes font souvent parler d'eux, "la clientÚle russophone ne représente que 10% et vient derriÚre les Britanniques et les Belges, juste devant les Brésiliens et les Turcs", précise-t-on.


Le maire s'Ă©lĂšve en faux contre "l'image vĂ©hiculĂ©e d'une station +excluante+", avec ses rues oĂč se succĂšdent les enseignes de luxe - Dior, Fendi, Chanel, Elie Saab, Boucheron, Cartier, HermĂšs, etc.
"Le festival international de pyrotechnie en février, c'est pour tout le monde sur le front de neige", souligne Nathalie Faure. "Il y a le studio à 150 euros la semaine par personne et la suite à 35.000 euros la nuit ; 110 adresses pour se restaurer, du panini au restaurant gastronomique (...) Le Wed'ze (marque de ski de Decathlon) se mélange au Chanel, il n'y a pas de souci."
"Quand on discute avec des gens au fort pouvoir d'achat, ils aiment cette mixité", renchérit Philippe Mugnier.
Certains, comme le chef Michel Rochedy, deux étoiles au Chabichou depuis 1984, la font vivre: il ouvre toute l'année pour ancrer ses employés dans "le pays" et propose depuis 2011 un bistrot pour les skieurs.


Dans la station, le "clinquant" ne satisfait pas tout le monde, comme Nicole Riboulleau, pharmacienne dans la campagne bordelaise qui avait acheté il y a 30 ans en multipropriété. "On se croirait un peu sur l'avenue Montaigne et les endroits préservés se comptent maintenant sur les doigts de la main", assure cette élégante grand-mÚre, qui "adore" toujours venir à Courchevel.
Mais Christophe, moniteur de surf depuis 16 ans, y voit une forme de "redistribution des richesses": "ils jettent leur argent par la fenĂȘtre, et moi je suis sous la fenĂȘtre !"

Par Sophie LAUTIER - © 2017 AFP

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