Possible confinement le week-end

Covid-19: les Alpes-Maritimes suspendues aux nouvelles mesures

  • PubliĂ© le 22 fĂ©vrier 2021 Ă  13:34
  • ActualisĂ© le 22 fĂ©vrier 2021 Ă  13:38
Olivier Véran (2eG), et Christian Estrosi (3éG) au CHU de Nice le 20 février 2021 avec le professeur Michel Carles

Les habitants des Alpes-Maritimes, fatalistes ou "abasourdis", étaient toujours lundi dans l'attente d'annonces des autorités qui prévoient de nouvelles mesures, dont un possible confinement le week-end, pour lutter contre le Covid-19 dans ce département plus touché que le reste de la France.

"Si c'est nĂ©cessaire, il faut le faire", rĂ©agit Ă  Nice Pierre Mondoloni, 78 ans, anticipant un possible reconfinement le week-end dans sa ville. "Ça veut dire que pendant quelques jours les gens ne vont pas sortir, eh bien, tant pis", poursuit, rĂ©signĂ©, le retraitĂ©.

AprÚs consultation des élus, la préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé dimanche avoir transmis au gouvernement des propositions de mesures pour le département du bord de Méditerranée, sans préciser lesquelles.

Selon Alexandra Valetta-Ardisson, députée LREM des Alpes-Maritimes, les élus ont proposé plusieurs pistes, dont un "confinement ciblé sur le week-end et uniquement sur (...) le littoral" et "l'interdiction des entrées dans le département, sauf motif impérieux".

Lors d'une visite à Nice samedi, le ministre de la Santé Olivier Véran avait avancé que les nouvelles mesures pourraient "prendre la forme d'une accentuation du couvre-feu, voire d'un confinement partiel ou total".

Le taux d'incidence est particuliÚrement élevé dans la métropole niçoise, avec plus de 700 cas positifs pour 100.000 habitants, plus de trois fois la moyenne nationale (190), tandis qu'environ 10% des tests de dépistage s'avÚrent positifs (contre 6% pour l'ensemble de la France), dans un contexte de diffusion du variant britannique, plus contagieux.

Le maire LR de Nice Christian Estrosi, qui multiplie les initiatives et les prises de parole depuis le dĂ©but de la crise sanitaire, penche, lui pour un confinement le week-end: l'option "mĂ©rite d'ĂȘtre Ă©tudiĂ©e", juge-t-il, car elle dĂ©couragerait les touristes qui auraient voulu rĂ©server un sĂ©jour Ă  Nice, ainsi que "ceux qui prennent des risques en se rassemblant Ă  10, 15 ou 20 le week-end".

Un constat partagé par le président LR de la région Provence-Alpes-CÎte d'Azur, Renaud Muselier qui a plaidé lundi pour que des décisions concernant le week-end se fassent "sur le territoire du littoral et le plus vite possible".

"Tous les chiffres sont quand mĂȘme trĂšs inquiĂ©tants", a-t-il commentĂ© sur CNews. En rĂ©animation, il n?y a "plus que 14 places libres dont 8 hors covid, 6 pour le covid. (...) Il n?y a plus de place ni Ă  Cannes, ni Ă  Antibes, et Ă  peine Ă  Nice".

"Il faut régler ça au plus tÎt pour ne pas condamner la saison d'été, donc il faut serrer la vis", a plaidé le président de région, alors que les vacances viennent de débuter dans la zone B dont font partie les Alpes-Maritimes et se poursuivent pour la zone C.

- "Rustine sur jambe de bois" -

"Abasourdie" par cette possibilité d'un reconfinement du weekend, Patricia FantapiÚ, 52 ans, qui vit à Nice se dit elle "démoralisée": "C'est une privation encore de nos libertés, je serais ravie que l'on annonce davantage de stratégie, d'ouverture de lits. On va vivre avec ce virus, on ne peut pas vivre sans cesse enfermé. C'est injuste. C'est une rustine sur une jambe de bois", a déploré cette commerciale dans le secteur du tourisme.

Au niveau national, la situation reste aussi tendue, comme dans la rĂ©gion parisienne par exemple: "Ça fait plusieurs semaines qu'on n'est pas dans un plateau mais qu'on a une augmentation rĂ©guliĂšre du nombre d'entrĂ©es", a indiquĂ© le directeur gĂ©nĂ©ral de l'Assistance publique-HĂŽpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch.

Une bonne nouvelle toutefois, "75%, des rĂ©sidents en Ehpad ont Ă©tĂ© vaccinĂ©s avec un bon taux d'acceptation", a soulignĂ© lundi sur LCI le coordinateur de la campagne de vaccination en France Alain Fischer. "On peut espĂ©rer dans un dĂ©lai peut-ĂȘtre pas trop lointain en voir les premiers effets, en terme de rĂ©duction d'hospitalisation, et espĂ©rons de mortalitĂ©". "D'ici juin, on aura terminĂ© de vacciner l'ensemble des personnes fragiles, 17 Ă  20 millions de Français, en tout cas ceux qui voudront", a-t-il soulignĂ©.

Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a affirmĂ© de son cĂŽtĂ© samedi que les rĂšgles sanitaires mises en place dans les Ă©tablissements scolaires allaient ĂȘtre "stabilisĂ©es" aprĂšs les vacances d'hiver.

AFP

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