La pandémie a tué prÚs de 2,5 millions de personnes dans le monde

Covid-19: les Etats-Unis tout prĂšs du seuil des 500.000 morts

  • PubliĂ© le 22 fĂ©vrier 2021 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 22 fĂ©vrier 2021 Ă  06:45
Le président américain Joe Biden (g) et son conseiller médical Anthony Fauci aux Instituts nationaux de santé (NIH) de Bethesda (Maryland), le 11 février 2021

Les Etats-Unis s'apprĂȘtent Ă  franchir la sombre barre des 500.000 morts du Covid-19, au moment oĂč nombre d'indicateurs, au premier rang desquels le rythme des vaccinations, offrent des lueurs d'espoir. "C'est terrible, c'est horrible", a rĂ©agi dimanche l'immunologue Anthony Fauci, conseiller de Joe Biden, Ă  l'Ă©vocation de ce palier macabre. La pandĂ©mie a fait plus de 2,46 millions de morts dans le monde depuis fin dĂ©cembre, sur plus de 111 millions de contaminations confirmĂ©es, selon un bilan Ă©tabli par l'AFP dimanche en milieu de journĂ©e.

"Nous n'avons rien connu de tel depuis plus de 100 ans, depuis la pandĂ©mie de 1918", a-t-il rappelĂ© sur CNN. "C'est quelque chose qui restera dans l'histoire. Dans des dĂ©cennies, les gens parleront encore de ce moment oĂč tant de gens sont morts".
Selon les chiffres de l'université Johns Hopkins qui fait référence, le décompte s'élevait à 498.786 morts lundi à 00H00 GMT. Le premier mort du Covid-19 aux Etats-Unis avait été annoncé il y a un an, le 29 février 2020. Il s'était passé environ trois mois avant que le pays ne franchisse la barre des 100.000 morts. Le seuil des 400.000 décÚs avait été dépassé en janvier, à la veille de l'investiture de Joe Biden, qui a fait de la lutte contre l'épidémie la priorité absolue de son début de mandat.

- "Tout ce chagrin..." -

Pour illustrer ce cap du demi-million de dĂ©cĂšs, le New York Times a choisi, en une, une infographie: une large colonne verticale oĂč chaque petit point reprĂ©sente un AmĂ©ricain mort. Le bas de la colonne, qui reprĂ©sente les dĂ©cĂšs de ces derniers mois, est presque uniformĂ©ment noir.

"500.000! C'est prÚs de 70.000 de plus que tous les Américains morts pendant la Seconde Guerre mondiale, sur une période de quatre ans", avait souligné vendredi Joe Biden. "Tout ce chagrin... toute cette peine... toute cette douleur..."

Mais lors de son allocution dans une usine de vaccins Pfizer, à Kalamazoo dans le Michigan, le 46e président des Etats-Unis a aussi souligné combien le rythme actuel des vaccinations était porteur d'espoir.

Avec une moyenne de 1,7 million d'injections quotidiennes, qui devrait encore augmenter dans les semaines à venir, il s'est dit confiant dans la capacité d'atteindre 600 millions de doses (de quoi vacciner l'ensemble de la population) disponibles d'ici fin juillet.

Au total, plus de 61 millions de personnes ont pour le moment reçu l'un des deux vaccins autorisés aux Etats-Unis (Pfizer/BioNTech et Moderna), dont 18 millions ont eu les deux injections requises.

Autre signe encourageant: aprÚs un pic de l'épidémie en janvier, la moyenne hebdomadaire des morts et celle des nouveaux cas sont nettement en baisse, selon les données du Covid Tracking Project.

- "On espĂšre que cette fois c'est la bonne!" -

La vague de froid polaire et les tempĂȘtes de neige qui frappent le pays depuis plus d'une semaine ont nĂ©anmoins ralenti la campagne de vaccination. La distribution de 6 millions de doses a Ă©tĂ© retardĂ©e et les 50 Etats amĂ©ricains sont impactĂ©s par ces retards dus aux intempĂ©ries, a dĂ©taillĂ© vendredi Andy Slavitt, conseiller de la Maison Blanche pour la lutte contre le coronavirus.

Ailleurs dans le monde, oĂč plus de 205 millions de doses de vaccins anti-Covid ont Ă©tĂ© administrĂ©es, les gouvernements comptent aussi sur les injections pour faire reculer la pandĂ©mie.
En Australie, la campagne de vaccinations est entrĂ©e lundi dans le vif du sujet: quelque 60.000 doses sont prĂȘtes Ă  ĂȘtre injectĂ©es cette semaine, auprĂšs des personnels soignants, des policiers, employĂ©s d'hĂŽtels de quarantaine ou rĂ©sidents de foyers pour personnes ĂągĂ©es.

Ce lancement a toutefois été assombri par les manifestations anti-vaccins tenues dans certaines grandes villes australiennes et par les réactions hostiles exprimées par certains spectateurs de la finale hommes de l'Open de tennis dimanche.

Quelque 20.000 doses de Spoutnik V - destinées aux équipes médicales- sont par ailleurs arrivées dimanche dans l'enclave palestinienne de Gaza en provenance des Emirats arabes unis et via la frontiÚre égyptienne.

En Israël, le pays le plus en avance en matiÚre de vaccination, les centres commerciaux et les commerces de rue ont été rouverts dimanche pour l'ensemble de la population, dans le cadre du troisiÚme déconfinement depuis le début de la pandémie.

"On espÚre que cette fois c'est la bonne!", déclare Mordehai Nazarian, 34 ans, qui a ouvert son magasin de chaussures à Tel-Aviv, aprÚs plusieurs mois de fermeture. "On attend que les gens arrivent, on ne demande qu'à les servir", dit l'homme énergique, heureux de reprendre le travail.

En Europe, l'Allemagne - partiellement confinĂ©e depuis novembre - a en revanche appelĂ© Ă  la prudence aprĂšs une hausse des infections, au moment oĂč les Ă©coles rouvrent lundi.
"Nous constatons que les chiffres augmentent Ă  nouveau. C'est ennuyeux et cela crĂ©e une certaine incertitude. Par consĂ©quent, nous devons continuer Ă  ĂȘtre prudents, Ă  tester et vacciner", a exhortĂ© le ministre de la SantĂ©, Jens Spahn.

En Italie, ce sont les variants et les attroupements du week-end, favorisés par une météo particuliÚrement clémente, qui inquiÚtent. "Je suis inquiet évidemment. Le regain des contagions est due en grande partie au variant anglais", a estimé Massimo Galli, l'un des plus éminents virologues italiens, dans un entretien publié dimanche par le quotidien romain Il Messaggero. "Toutes les données vont dans la direction de l'augmentation des nouveaux cas".

AFP

guest
0 Commentaires