Onde de choc dans le monde de la musique: c'est par une vidéo énigmatique postée sur les réseaux sociaux, sobrement intitulée "Epilogue", que les Français Daft Punk, duo électro le plus célÚbre au monde, ont annoncé lundi leur séparation.
La vidĂ©o d'un peu plus de 8 minutes montre les deux membres, sous leurs traditionnels casques de robots, avancer dans un dĂ©sert. Mais ils ne marchent plus du mĂȘme pas et aprĂšs quelques signes de tĂȘte Ă©vocateurs, ceux d'un renoncement, l'un finit par enclencher le systĂšme d'auto-destruction de l'autre, qui se pulvĂ©rise. Une attachĂ©e de presse historique du duo a confirmĂ© Ă l'AFP le clap de fin du tandem formĂ© en 1993 par Thomas Bangalter, 46 ans et Guy-Manuel de Homem-Christo, 47 ans.
Eux qui étaient donc célÚbres pour leur tube "One more time" ("Encore une fois") ne feront donc plus jamais de musique ensemble. AprÚs tout, la fin d'une histoire, c'est humain, c'est d'ailleurs le nom d'un de leur album ("Human After All"). Dire que les rumeurs d'un nouvel album pullulaient cycliquement. Encore récemment, la twittosphÚre s'enflammait pour dire qu'ils pourraient faire une apparition à la mi-temps du Superbowl. Mais personne n'avait vu venir la fin. Le duo était depuis le tonitruant et abrasif "Homework" (1997), le plus grand ambassadeur de l'électro française. Un statut indéboulonnable solidifié avec trois autres opus au succÚs à chaque fois planétaire, "Discovery" (2001), "Human After All" (2005), "Random Access Memories" (2013) avec le tube planétaire "Get Lucky", ainsi que des performances scéniques marquantes.
Cela faisait quatorze ans que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, amis depuis le lycée, ne s'étaient plus produits en concerts, sinon pour de trÚs rares apparitions lors de cérémonies télévisées.
- Stratégie du silence -
Une absence, doublĂ©e d'une stratĂ©gie du silence mĂ©diatique adoptĂ©e dĂšs leurs dĂ©buts - on ne connaĂźt pas leurs visages, dissimulĂ©s sous un casque de robot -, qui suscite inĂ©vitablement attentes, fantasmes et envies. Leur anonymat Ă©tait d'ailleurs un running-gag du film "Eden" de Mia-Hansen Love. Alors que leurs disques sont diffusĂ©s partout, les deux jeunes hommes ne peuvent rentrer dans les soirĂ©es parisiennes oĂč ils sont invitĂ©s, car les physionomistes Ă l'entrĂ©e ne connaissent pas leurs traits.
Ces derniĂšres annĂ©es, le duo parisien aux six Grammys glanĂ©s aux Etats-Unis s'Ă©tait contentĂ© de collaborer avec le Canadien The Weeknd pour deux titres, "Starboy" et "I Feel It Coming", avant de produire le morceau "Overnight" du groupe australien Parcels. En dĂ©but d'annĂ©e, une pĂ©pite avait ressurgi. Un "set" inĂ©dit venait d'ĂȘtre retrouvĂ© 25 ans aprĂšs, enregistrĂ© sur deux banales cassettes audio oubliĂ©es au fond d'une boĂźte Ă chaussures. Un petit bijou dĂ©couvert par hasard, prĂšs d'Avignon.
A l'origine de cette trouvaille, Benoßt Chow, 25 ans, était à peine né quand les pionniers de la French Touch se produisent ce samedi 18 novembre 1995, sur la scÚne du Privé, la discothÚque que dirigeait alors son pÚre, aux Angles (Gard), dans la banlieue de la cité des Papes. Mais il avait entendu parler de cette époque: "Je savais que ces K7 existaient, car tout était enregistré, mais il nous reste trÚs peu de ces archives", expliquait le jeune homme à l'AFP.
"J'ai retrouvé un carton de cassettes que je connaissais et je me suis mis à regarder ce qu'il y avait vraiment dedans, et j'ai vu ces K7!" Un trésor qui n'en a que plus de valeur aujourd'hui.
AFP


