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De jour comme de nuit, la chasse au Pokémon bat son plein aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 13 juillet 2016 Ă  20:25
Pikachu et ses amis envahissent une fois de plus le monde

Il est prÚs de minuit, mais Roland James Rodas n'hésite pas. Il saute de son lit, sort de chez lui avec un seul but: attraper un Pokémon nocturne, qui rÎde non loin de là. Edith Duro a interrompu son dßner pour chasser un de ces petits monstres et Nick B. --qui a refusé de donner son vrai nom-- a dû faire des pieds et des mains pour atteindre un "PokéStop" niché dans une propriété privée de Nob Hill, un quartier huppé de San Francisco.

Le lieu de ravitaillement "se trouvait dans l'arriĂšre-cour d'une propriĂ©tĂ© privĂ©e et on a dĂ» grimper dans un parking non loin de lĂ  pour ĂȘtre assez prĂšs et l'atteindre", raconte le jeune homme, qui, tout en racontant ses aventures, poursuivait sa chasse devant la mairie de la ville.

Depuis que Pokemon Go est sorti la semaine derniĂšre des scĂšnes similaires se rĂ©pĂštent partout oĂč le jeu est disponible, aux Etats-Unis bien sĂ»r mais aussi en Australie, en Nouvelle-ZĂ©lande et en Europe. La version XXIĂš siĂšcle de ce jeu qui a conquis les cours de rĂ©crĂ©ation du monde entier il y a deux dĂ©cennies, se joue dĂ©sormais non plus avec des cartes Ă  jouer mais sur son tĂ©lĂ©phone portable. GrĂące Ă  la gĂ©olocalisation et Ă  l'appareil photo incorporĂ©, la myriade de monstres aux pouvoirs magiques apparaĂźt superposĂ©e Ă  l'environnement rĂ©el, ce qu'on appelle la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e.
Et depuis c'est la folie.

"J'avais entendu parler de jeu de réalité augmentée mais je n'avais pas bien compris ce que ça signifiait avant que ce jeu ne sorte", raconte Roxanne Cook, en chasse dans un parc pendant sa pause déjeuner. "C'est fascinant, super intéressant et marrant", lance-t-elle.

- Tout le monde joue -

M. Rodas, ĂągĂ© de 23 ans, a passĂ© son week-end Ă  jouer, ne s'arrĂȘtant que pour dormir (un peu), manger et surtout recharger son tĂ©lĂ©phone pour pouvoir continuer la traque. "Toute le monde joue", se rĂ©jouit le jeune homme et d'ajouter: "cela faisait longtemps que je n'avais pas passĂ© autant de temps avec les copains. On se retrouve rĂ©guliĂšrement juste pour se balader et jouer".

De fait, le PokĂ©mon Go semble bien favoriser la socialisation et l'activitĂ© physique. C'est d'ailleurs comme cela que l'on peut repĂ©rer les chasseurs: un petit groupe de personnes, qui tournent en rond ou zigzaguent, les yeux rivĂ©s sur leur tĂ©lĂ©phone. On Ă©change des conseils ou on partage des adresses oĂč recharger rapidement son tĂ©lĂ©phone.

Roxanne Cook, qui est maman, reconnaĂźt qu'il lui faut plus de temps maintenant pour se rendre Ă  son travail en vĂ©lo, "parce que je m'arrĂȘte Ă  chaque PokĂ©Stop", les lieux de ravitaillement. "Je choisis aussi dĂ©libĂ©rĂ©ment de rallonger le chemin vers l'endroit oĂč je veux me rendre, juste pour avoir plus de +stops+ sur le chemin", avoue-t-elle. Et c'est ce qu'elle apprĂ©cie dans le jeu, "l'excitation que procure la chasse et la capture de PokĂ©mons rares" et le fait qu'on se balade et que l'on se parle.

A 33 ans, Steven Kong reconnaĂźt une petite gĂȘne, Ă  jouer ainsi en public: "c'est vrai que ça fait un peu bizarre", mais il fait partie de cette gĂ©nĂ©ration qui a jouĂ© Ă  PokĂ©mon dans les bacs Ă  sable, il y a 20 ans. A l'instar de nombreux joueurs interrogĂ©s par l'AFP, "il y a un peu de nostalgie (...) et, comme tout ce qui est viral, tout le monde veut savoir de quoi il retourne", juge-t-il. Une raison plausible pour expliquer la fulgurance du phĂ©nomĂšne.

- ATTENTION -

Un succĂšs avec son cortĂšge d'excĂšs --le musĂ©e de l'Holocauste Ă  Washington a demandĂ© aux joueurs de s'abstenir de chasser le PokĂ©mon dans ce lieu de mĂ©moire de la Shoah-- et ses dangers. VĂ©los et voitures s'arrĂȘtent brutalement pour capturer un PokĂ©mon, au risque de provoquer des accidents. A New York, Ă  4.000 km Ă  vol d'oiseau (ou de PokĂ©mon volant) de San Francisco, Michael Mercilliott, un Ă©lectricien de 27 ans, raconte comment il a "rencontrĂ©" d'autres joueurs. "Hier je jouais en marchant dans la rue et je suis rentrĂ© dans quelqu'un qui y jouait aussi. Ca nous a fait rire. Il faut faire attention Ă  ce qu'il y a autour de nous, surtout quand on traverse la rue. J'imagine que ça peut ĂȘtre dangereux".

Cela n'a pas empĂȘchĂ© deux policiers de Washington d'Ă©changer des trucs pour mieux attraper les bestioles avec une journaliste de l'AFP, tout en traversant la rue.
 AFP

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