Les plus costauds ne sont pas les plus rapides

De la mouche Ă  la baleine, la vitesse est une question de taille

  • PubliĂ© le 30 juillet 2017 Ă  13:00
Un guépard photographié en pleine course au conservatoire Cheetah à Otjiwarongo en Namibie, le 18 février 2016

Qu'ils nagent, qu'ils courent ou qu'ils volent, la vitesse des animaux dépend de leur taille mais les plus costauds ne sont pas les plus rapides, selon une étude publiée dans Nature Ecology & Evolution.


"Notre modÚle peut déterminer les vitesses maximales des animaux avec une précision de prÚs de 90%", explique Myriam Hirt du Centre allemand de recherche intégrative de la biodiversité (iDiv) à Leipzig. Il se base uniquement sur la taille des animaux.

Sur terre, les guépards sont champions du monde. Les marlins, des poissons des mers chaudes, fendent les eaux comme aucune autre espÚce. Les faucons et les buses volent à 140km/h ... Pourtant ces animaux ne possÚdent pas les muscles les plus robustes du rÚgne animal dans leur catégorie.

"Alors qu'en thĂ©orie les plus grands animaux pourraient ĂȘtre les plus rapides, l'Ă©nergie et le temps nĂ©cessaire pour que leur gros corps fournissent une accĂ©lĂ©ration les pĂ©nalisent", explique la chercheuse.

Car, selon l'Ă©tude, la vitesse maximale d'un animal dĂ©pend de sa capacitĂ© Ă  augmenter sa vitesse le plus rapidement possible. Et l'accĂ©lĂ©ration n'est pas l'apanage des grands gabarits mĂȘme s'il sont musclĂ©s.
Bouger rapidement nécessite beaucoup d'énergie en peu de temps. De plus le sprint se fait en anaérobie, c'est-à-dire uniquement à partir de sucres stockés dans le corps, sans l'apport énergétique de l'oxygÚne. Une énergie vite épuisée.

Selon le modÚle - que les chercheurs ont testé sur 474 espÚces animales différentes - un gain de taille rime avec une plus grande vitesse pour les petits animaux mais au delà d'une certaine taille, la courbe s'inverse et plus les animaux gagnent en volume plus ils perdent en vitesse.

"Si la progression était linéaire, les éléphants se déplaceraient à 600 km/h (alors qu'ils ne peuvent en réalité courir qu'à environ 34 km/h)", s'amuse la chercheuse.

Une des grandes surprises de leur dĂ©couverte, c'est que le mĂȘme modĂšle s'applique Ă  tous les animaux, de la mouche au requins en passant par les mammifĂšres et les oiseaux.

Les chercheurs en ont profité pour aller plus loin et ont appliqué leur modÚle à des espÚces disparues, comme les dinosaures par exemple. "Le modÚle prédit des vitesses maximales plutÎt faibles pour les grands dinosaures tels que le T. Rex et encore plus réduites pour les gigantesques Tricératops", explique Myriam Hirt. Des résultats qui confirment des travaux précédents sur les dinosaures.

AFP

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