Catalogne

Décision importante au parlement catalan sur la candidature de Puigdemont lundi

  • PubliĂ© le 22 janvier 2018 Ă  10:49
  • ActualisĂ© le 22 janvier 2018 Ă  11:21
Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont (c) le 12 janvier 2018 à Bruxelles

Le chef du parlement catalan doit décider lundi s'il propose la candidature de l'indépendantiste Carles Puigdemont pour diriger la Catalogne depuis la Belgique, en dépit de tous les obstacles logistiques et judiciaires qui l'attendent.


Roger Torrent, un sĂ©paratiste qui a promis de privilĂ©gier le "dialogue" aprĂšs la tentative de sĂ©cession infructueuse qui a secouĂ© la Catalogne et l'Espagne en octobre, doit annoncer sa dĂ©cision Ă  11h30 (10h30 GMT). Pendant ce temps, Carles Puigdemont, en exil volontaire en Belgique depuis le 30 octobre, pourrait se risquer pour la premiĂšre fois hors de ce pays pour le Danemark oĂč il doit participer Ă  un colloque, au risque d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©.

En Belgique, il n'est pas recherchĂ© par la justice espagnole, notamment pour Ă©viter des divergences d'interprĂ©tation entre juges belges et espagnols sur la gravitĂ© des dĂ©lits qui lui sont reprochĂ©s, dont la rĂ©bellion. Mais le parquet a fait savoir que s'il se rendait au Danemark, il demanderait l'Ă©mission d'un mandat d'arrĂȘt international. La dĂ©cision appartiendra au juge de la Cour suprĂȘme en charge de l'enquĂȘte sur Carles Puigdemont, poursuivi en Espagne pour "rĂ©bellion", "sĂ©dition" et "malversation de fonds" en lien avec la tentative de sĂ©cession du 27 octobre.
A Barcelone, les indépendantistes dominent toujours le parlement et les deux principales formation du camp séparatiste soutiennent sa candidature.

- Casse-tĂȘte -

Mais celle-ci s'avĂšre trĂšs difficile. Si le prĂ©sident destituĂ© par Madrid reste en Belgique, il devra ĂȘtre investi Ă  distance, ce que les services juridiques du parlement ont dĂ©jĂ  jugĂ© contraire Ă  la Constitution. Et s'il rentre, il a toutes les chances d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©. Sa situation se complique d'autant plus qu'il doit avant la fin janvier obtenir un titre de sĂ©jour en tant que rĂ©sident en Belgique s'il veut y rester.

- Cour constitutionnelle -

Dans le cas oĂč les Ă©lus indĂ©pendantistes arrivent Ă  l'Ă©lire en son absence, le gouvernement et l'opposition feront tout pour bloquer sa prise de fonction en saisissant la justice. A terme, la Cour constitutionnelle pourra suspendre le vote au parlement rĂ©gional en faveur de sa candidature, voire la rĂ©solution parlementaire nommant Carles Puigdemont. "Permettre que quelqu'un soit investi ou prĂ©tendre ĂȘtre le prĂ©sident du gouvernement catalan en Ă©tant Ă  Bruxelles est illĂ©gal", a prĂ©venu samedi le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy.

"Si c'était le cas, l'article 155 (de la Constitution) continuerait" à s'appliquer, a-t-il conclu en expliquant qu'il ne rendrait pas à la région l'autonomie qui lui a été retirée aprÚs la tentative de sécession du 27 octobre. La décision du président du parlement catalan Roger Torrent, 38 ans, n'en reste pas moins difficile car s'il ne choisit pas le président destitué, il peut susciter une crise au sein de son propre camp, entre la liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droite) de M. Puigdemont et l'autre grande formation, la sienne (Gauche républicaine de Catalogne, ERC).

Le quotidien anti-indépendantiste et de centre-droit El Mundo prévoit d'ailleurs dimanche qu'il ira de l'avant en sachant que "la proclamation du chef de file indépendantiste sera annulée par les tribunaux" et débouchera sur la nomination d'un autre candidat, "une pantomime qui alimentera la légende du président en exil". Le parti ERC préfÚre désormais éviter le choc frontal avec Madrid et gagner davantage de terrain dans une société catalane trÚs divisée.

D'autant qu'en cas de blocage la rĂ©gion devrait organiser encore de nouvelles Ă©lections qui pourraient ne pas le favoriser. "On doit mesurer les coĂ»ts et bĂ©nĂ©fices de toutes les dĂ©cisions", dĂ©clarait samedi Ernest Maragall (ERC), le doyen des Ă©lus Ă  la chambre catalane. Le retour surprise en Espagne de Carles Puigdemont n'est pas complĂštement exclu mĂȘme s'il y serait trĂšs certainement arrĂȘtĂ©, a aussi dĂ©clarĂ© son avocat espagnol samedi.

AFP

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