Des retraites aux flambeaux étaient organisées jeudi soir dans plusieurs villes, dont Paris, pour protester contre la réforme des retraites, à la veille de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres et d'une nouvelle journée nationale de mobilisation, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Les manifestants étaient plusieurs milliers au départ de la place de la Nation à Paris en direction de République, beaucoup d'entre eux portant des flambeaux distribués par les organisateurs en échange de contributions financiÚres libres pour alimenter les caisses de grÚve. Certains arboraient des lampions artisanaux faits de guirlandes électriques dans des bouteilles tenues au bout d'une ficelle.
Parmi les banderoles et slogans: "Macron retire ton projet! Sauvegardons et amĂ©liorons nos retraites!" ou "Ă bas le roi et sa cour". "On n'aime pas les lacrymos, on aime bien les flambeaux", chantait une manifestante. "Le mouvement se renouvelle, essaie de toutes les maniĂšres que ce soit de se faire entendre", a dĂ©clarĂ© l'eurodĂ©putĂ©e LFI Manon Aubry, croisĂ©e dans le cortĂšge, pour qui "peut-ĂȘtre que le gouvernement n'a pas vu la lumiĂšre au bout du tunnel depuis un mois mais qu'il va la voir aujourd'hui avec cette nouvelle forme de mobilisation".
MĂȘmes scĂšnes dans plusieurs autres villes, comme Dijon ou Lyon, oĂč Ă chaque fois plusieurs centaines de personnes ont dĂ©filĂ©, selon des journalistes de l'AFP. A Metz, ils Ă©taient 300 selon la police, chantant "on est lĂ , mĂȘme si Macron le veut pas nous on est lĂ ". "Le gouvernement ne veut rien cĂ©der (...) Je ne pense pas que les gens vont arrĂȘter de manifester. Moi, je ne vais pas arrĂȘter. On trouve d'autres façons de manifester", comme cette retraite aux flambeaux, a dĂ©clarĂ© Ă Dijon Alain Lomberget, 59 ans, qui travaillait "dans le social" mais est aujourd'hui en invaliditĂ©.
- "GrĂšve recombustible" -
"Ăa change sur la forme. Il faut marquer les esprits diffĂ©remment. Toutes les actions sont bonnes Ă prendre. Et concrĂštement, faire des manifestations en fin d'aprĂšs-midi, ça permet de mobiliser des personnes qui ne peuvent plus se permettre de faire grĂšve", a soulignĂ© Ă Lyon MickaĂ«l Goyot, qui manifestait sous les drapeaux de la CNT.
A Strasbourg (800 participants selon la police, 1.200 selon la CGT), des manifestants tenaient une grande banderole sur laquelle était inscrite "Macron, Etat, patrons, battez en retraite", tandis qu'un autre brandissait un pantin en costume noir avec un masque d'Emmanuel Macron et des faux billets sortant des poches et une pancarte autour du cou affirmant "c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches".
A Rennes, oĂč 1.400 personnes ont dĂ©filĂ© selon la prĂ©fecture, 2.000 selon les organisateurs, les slogans filaient la mĂ©taphore du feu: "Notre colĂšre s'enflamme" et "grĂšve recombustible", indiquaient des pancartes, ou encore "il fait bien sombre au pays des lumiĂšres".
Alan, 40 ans, travaille dans le BTP Ă Saint-Malo, et arbore gilet jaune et lampe frontale. "Je vais partir Ă 64 ans alors que j'ai commencĂ© Ă 15 ans pour une retraite qui va pas dĂ©passer les 1.200 euros", raconte-t-il. "Les Français acceptent davantage ce mouvement que celui des +gilets jaunes+, on garde espoir mĂȘme si, je le vois autour de moi, c'est difficile de mobiliser les gens pour manifester".
AFP

