Etats-Unis

Destitution: des "preuves accablantes" contre Trump, selon le rapport officiel

  • PubliĂ© le 3 dĂ©cembre 2019 Ă  23:03
  • ActualisĂ© le 4 dĂ©cembre 2019 Ă  05:32
Le président américain Donald Trump à la base américaine de Bagram (Afghanistan), le 28 novembre 2019

L'enquĂȘte en destitution contre Donald Trump a rassemblĂ© des "preuves accablantes" de "conduite inappropriĂ©e" du prĂ©sident rĂ©publicain, selon le rapport de la commission parlementaire qui a supervisĂ© les investigations.

"L'enquĂȘte en destitution a montrĂ© que le prĂ©sident Trump, personnellement et par l'entremise d'agents dans et en dehors du gouvernement, a sollicitĂ© l'ingĂ©rence d'un pays Ă©tranger, l'Ukraine, pour favoriser sa campagne de réélection", selon ce rapport de la commission du renseignement de la Chambre des reprĂ©sentants, Ă  majoritĂ© dĂ©mocrate.

"Le prĂ©sident a placĂ© ses intĂ©rĂȘts personnels et politiques au-dessus des intĂ©rĂȘts nationaux, a cherchĂ© Ă  miner l'intĂ©gritĂ© du processus Ă©lectoral amĂ©ricain et mis en danger la sĂ©curitĂ© nationale", ajoutent les auteurs de ce rapport de 300 pages, qui doit servir de base Ă  la rĂ©daction des chefs d'accusation contre le prĂ©sident. "Les pĂšres fondateurs ont prescrit un remĂšde quand un chef de l'exĂ©cutif place ses intĂ©rĂȘts personnels au-dessus de ceux du pays: la destitution", ajoutent-ils.

La Maison Blanche a immĂ©diatement rĂ©futĂ© cette analyse. "L'imposture" de l'enquĂȘte en destitution n'a produit "aucune preuve" contre Donald Trump, a dĂ©clarĂ© la porte-parole de l'exĂ©cutif Stephanie Grisham. "Ce rapport ne reflĂšte rien d'autre que les frustrations" des dĂ©mocrates, il "se lit comme les divagations d'un blogueur de bas Ă©tage qui s'Ă©vertue Ă  prouver quelque chose quand il n'y a clairement rien", a-t-elle ajoutĂ©.

Le milliardaire new-yorkais est dans la tourmente parce qu'il a demandĂ© lors d'un appel estival Ă  son homologue ukrainien d'enquĂȘter sur le dĂ©mocrate Joe Biden, un de ses adversaires potentiels Ă  la prĂ©sidentielle de 2020.

Pendant deux mois, la commission du renseignement de la Chambre a menĂ© l'enquĂȘte pour dĂ©terminer s'il avait abusĂ© de ses pouvoirs pour forcer la main Ă  Kiev, notamment en gelant une aide de prĂšs de 400 millions de dollars destinĂ©e Ă  ce pays en guerre avec la Russie.

Selon son rapport, il existe des "preuves accablantes" sur deux sujets: "le prĂ©sident a conditionnĂ© une invitation Ă  la Maison Blanche et une aide militaire Ă  l'Ukraine Ă  l'annonce d'enquĂȘtes favorables Ă  sa campagne" et il a "entravĂ©" les investigations.

Selon ce document, "aucun prĂ©sident n'a bafouĂ© Ă  ce point la Constitution et le pouvoir de supervision du CongrĂšs". Le rapport doit ĂȘtre adoptĂ© dans la soirĂ©e par la commission du renseignement puis transmis Ă  la commission judiciaire, qui entamera mercredi le dĂ©bat juridique pour dĂ©terminer si les faits reprochĂ©s au prĂ©sident justifient une mise en accusation formelle.

AFP

guest
0 Commentaires