Il conteste toujours la victoire de Joe Biden

Donald Trump évoque ouvertement une candidature en 2024

  • PubliĂ© le 2 dĂ©cembre 2020 Ă  19:41
  • ActualisĂ© le 2 dĂ©cembre 2020 Ă  20:20
Le président américain Donald Trump en meeting de campagne à Bullhead City, en Arizona, le 28 octobre 2020

Chaque jour plus isolĂ© dans sa croisade pour contester la victoire de Joe Biden, Donald Trump Ă©voque, dĂ©sormais ouvertement, la possibilitĂ© d'ĂȘtre de nouveau candidat Ă  la prĂ©sidence en 2024.

"Ce furent quatre annĂ©es fantastiques. Nous essayons de faire quatre ans de plus. Sinon, je vous reverrai dans quatre ans", a-t-il dĂ©clarĂ© mardi soir, lors d'une fĂȘte de NoĂ«l Ă  la Maison Blanche. L'Ă©vĂ©nement, en prĂ©sence de responsables du parti rĂ©publicain, n'Ă©tait pas ouvert Ă  la presse mais une vidĂ©o de son discours a circulĂ© peu aprĂšs. PrĂšs d'un mois aprĂšs l'Ă©lection du 3 novembre, Donald Trump refuse toujours de reconnaĂźtre sa dĂ©faite face Ă  Joe Biden. Reclus dans la Maison Blanche, il limite au maximum ses apparitions publiques, se contentant, en guise de communication prĂ©sidentielle, de tweets colĂ©riques sur des fraudes Ă©lectorales supposĂ©es, qu'aucun Ă©lĂ©ment concret n'accrĂ©dite.

"A ce stade, nous n'avons pas vu de fraude Ă  une Ă©chelle susceptible de changer le rĂ©sultat de l'Ă©lection", a lancĂ© mardi le ministre de la Justice Bill Barr. Ses mots ont d'autant plus de poids que cet ultra-conservateur de 70 ans fait partie de la garde rapprochĂ©e du prĂ©sident. Dans cet Ă©trange climat oĂč le prochain prĂ©sident prĂ©pare son Ă©quipe et l'actuel relaie, de plus en plus seul, des thĂ©ories du complot, Washington spĂ©cule sans fin. Selon NBC, Donald Trump a Ă©voquĂ© avec des proches la possibilitĂ© d'annoncer le lancement de sa campagne pour 2024 le 20 janvier, jour de la prestation de serment de Joe Biden, Ă  laquelle il n'assisterait donc pas.

L'ancien homme d'affaires se dit un peu superstitieux. En 2017, il avait fait dĂ©poser le dossier en vue d'une nouvelle candidature en 2020 dĂšs le 20 janvier, jour de sa prise de sa fonction. FidĂšle Ă  son sens de la provocation, il pourrait aussi profiter de l'occasion pour utiliser une recette qu'il affectionne particuliĂšrement: la contre-programmation. A plusieurs reprises, durant son mandat, il avait boycottĂ© le dĂźner de l'Association des correspondants de la Maison Blanche et organisĂ©, le mĂȘme soir, un meeting de campagne.

- Chemin semé d'embûches -

Une annonce de candidature pour 2024 lui permettrait, bien sĂ»r, de rester Ă  court terme au centre du jeu. Mais le chemin sera semĂ© d'embĂ»ches. DĂšs le 20 janvier, il deviendra "ex-prĂ©sident" et l'Ă©quation changera radicalement. La crainte qu'il inspire parmi les Ă©lus rĂ©publicains et l'attention mĂ©diatique dont il bĂ©nĂ©ficie (et raffole) s'amenuiseront considĂ©rablement. Tous les yeux se tourneront vers son successeur, bien sĂ»r, mais aussi vers les sĂ©nateurs ou gouverneurs, qui, au sein de son propre parti, trĂ©pignent et rĂȘvent de se lancer dans la course.

Comme il le rappelle à coups de tweets, Donald Trump n'a toutefois pas subi la déroute dans les urnes que lui prédisaient certains et peut revendiquer un solide socle de sympathisants. Le décompte se poursuit mais une chose est certaine: la participation à l'élection de 2020 a été historique. Joe Biden a recueilli plus de 81 millions de voix, un record. Mais Donald Trump a franchi le cap des 74 millions de voix, ce qui est aussi un record, juste derriÚre celui de son adversaire démocrate. L'analyse en pourcentage est cependant moins flatteuse pour Donald Trump, qui moque inlassablement les "losers": il est désormais passé sous la barre des 47% des suffrages exprimés.

Sera-t-il in fine candidat dans quatre ans? Rien n'est moins sĂ»r. Le magnat de l'immobilier fonctionne, comme il le revendique lui-mĂȘme, Ă  l'instinct. La planification stratĂ©gique sur plusieurs annĂ©es n'est pas, loin s'en faut, son point fort. En thĂ©orie, rien ne l'empĂȘche de tenter de nouveau sa chance en 2024. La Constitution amĂ©ricaine interdit d'assumer plus de deux mandats, mais en faire deux non-consĂ©cutifs est une possibilitĂ©. Un seul homme a rĂ©ussi ce pari: Grover Cleveland, Ă  la fin du XIXe siĂšcle. Elu en 1884, il fut battu en 1888, puis Ă©lu de nouveau en 1892. Il est, dans les livres d'histoire, Ă  la fois le 22e et le 24e prĂ©sident des Etats-Unis. Grover Cleveland avait 56 ans au dĂ©but de son deuxiĂšme mandat. Donald Trump en aurait 78.

AFP

guest
0 Commentaires