Commerce inernational

Donald Trump fustige la politique monétaire de l'UE et la Chine

  • PubliĂ© le 20 juillet 2018 Ă  23:57
  • ActualisĂ© le 21 juillet 2018 Ă  06:15
Donald Trump menace de taxes punitives les 505 milliards de dollars de produits chinois importés

Donald Trump s'est lancé vendredi dans une nouvelle escalade sur le commerce en accusant la Chine et l'Union européenne de manipuler leur monnaie respective et en menaçant Pékin de taxer toutes ses exportations vers les Etats-Unis.

"La Chine, l'Union europĂ©enne et les autres manipulent leurs monnaies en baissant leurs taux d'intĂ©rĂȘt alors que les Etats-Unis augmentent leurs taux avec un dollar devenant de plus en plus fort, jour aprĂšs jour, ce qui dĂ©grade notre compĂ©titivitĂ©", a dĂ©noncĂ© le prĂ©sident amĂ©ricain dans un tweet, critiquant aussi vertement la politique monĂ©taire de la Banque centrale amĂ©ricaine.

"Comme d'habitude, ce n'est pas juste", a-t-il ajouté, alors que la monnaie chinoise est à son plus bas niveau depuis un an. Depuis avril, le yuan, billet rouge à l'effigie de Mao Tsé-toung, a perdu prÚs de 8% de sa valeur face au dollar, avantageant l'exportation des marchandises chinoises sur le marché américain et permettant ainsi de compenser en partie les taxes punitives américaines.

Le dollar a, lui, repris de la vigueur face Ă  l'euro depuis avril. Il fallait ainsi vendredi environ 1,17 dollar pour acheter un euro contre 1,23 dollar en avril.

Dans un autre tweet visant la Fed, Donald Trump a estimĂ© que "les Etats-Unis ne devraient pas ĂȘtre pĂ©nalisĂ©s parce qu'ils vont trĂšs bien. Resserrer (la politique monĂ©taire) fait du tort dĂ©sormais Ă  tout ce que nous avons fait", a-t-il Ă©crit, en rĂ©fĂ©rence Ă  une Ă©conomie florissante dynamisĂ©e par la rĂ©forme fiscale, qui a fortement diminuĂ© les impĂŽts des mĂ©nages et des entreprises. La BCE n'a pas rĂ©agi, la Fed non plus, renvoyant aux commentaires des mois derniers de son prĂ©sident Jerome Powell dĂ©fendant l'indĂ©pendance de l'institution.

La Fed, qui a entamé une sortie de la politique monétaire à taux zéro il y a deux ans, prévoit de relever graduellement son taux directeur encore deux fois cette année pour le situer à prÚs de 2,50%, au lieu de 2% aujourd'hui, pour maßtriser l'inflation et éviter une surchauffe aprÚs le stimulus budgétaire massif qui favorise, entre autres, la hausse des prix.

Plus tĂŽt, Donald Trump s'en Ă©tait pris Ă  PĂ©kin, affirmant qu'il Ă©tait prĂȘt Ă  imposer des taxes punitives sur la totalitĂ© des importations chinoises.
"Je suis prĂȘt Ă  aller jusqu'aux 500", a-t-il dit sur la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision CNBC, une allusion aux 505,5 milliards de dollars de marchandises chinoises importĂ©es par les Etats-Unis en 2017. "Je ne le fais pas Ă  des fins politiciennes, je le fais pour faire ce qui est bon pour notre pays", a-t-il assurĂ©, accusant la Chine d'"arnaquer" depuis longtemps les Etats-Unis.

Le prĂ©sident amĂ©ricain, qui accuse PĂ©kin de pratiques "dĂ©loyales" et de "vol de propriĂ©tĂ© intellectuelle", exige du gĂ©ant asiatique de rĂ©duire le dĂ©ficit amĂ©ricain de 200 milliards de dollars. Mais aprĂšs une trĂȘve de courte durĂ©e au printemps, la Maison Blanche a mis en oeuvre le 6 juillet des taxes douaniĂšres supplĂ©mentaires de 25% sur 34 milliards de dollars d'importations chinoises. Seize milliards de dollars d'importations doivent ĂȘtre en outre prochainement taxĂ©es.

- "Plus grande guerre commerciale" -

Les autorités chinoises, qui dénoncent des actes "irrationnels" du président américain, estiment que Washington a déclenché "la plus grande guerre commerciale de l'histoire économique". "J'aime vraiment beaucoup le président Xi (Jinping). Mais c'est trÚs injuste", a insisté Donald Trump.

Mi-avril, le TrĂ©sor amĂ©ricain avait estimĂ© que la Chine ne manipulait pas sa monnaie mais avait placĂ© sous surveillance le pays de mĂȘme que la CorĂ©e du Sud, de l'Allemagne, du Japon, de la Suisse et de l'Inde. Les Ă©conomistes s'inquiĂštent de la politique commerciale agressive des Etats-Unis.

Cette semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a certes maintenu sa prévision de croissance mondiale à 3,9% pour 2018 et 2019 mais sa directrice générale, Christine Lagarde, a souligné qu'il s'agissait probablement d'un pic. Et Maurice Obstfeld, économiste en chef du Fonds, a en outre estimé que les tensions commerciales constituaient "la menace la plus grande à court terme pour la croissance mondiale".
D'autant que la Maison Blanche s'est lancée dans un conflit commercial non seulement avec Pékin mais encore avec ses principaux partenaires tels que l'Union européenne, le Canada ou le Mexique.

L'administration Trump envisage notamment des taxes punitives sur le secteur stratĂ©gique de l'automobile, suscitant une vive inquiĂ©tude Ă  l'Ă©tranger comme aux Etats-Unis, oĂč industriels et syndicats redoutent de massives suppressions d'emplois. Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, Jean-Claude Juncker, rencontrera Donald Trump le 25 juillet dans la capitale fĂ©dĂ©rale pour tenter de dĂ©samorcer le conflit commercial.

AFP

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