Etats-Unis

Donald Trump, place aux actes

  • PubliĂ© le 23 janvier 2017 Ă  10:15
Le président américain Donald Trump, le 22 janvier 2017 à la Maison Blanche, à Washington

De l'immigration à l'énergie en passant par la diplomatie, le président des Etats-Unis Donald Trump attaque sa premiÚre semaine au pouvoir avec la volonté affichée de multiplier les décrets et les initiatives pour traduire dans les faits ses slogans de campagne.

"Nous allons signer sans relĂąche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, et mĂȘme chose la semaine suivante", a-t-il averti Ă  New York il y a dix jours, lors de son unique confĂ©rence de presse depuis son Ă©lection.

AprĂšs un premier week-end Ă  la Maison Blanche marquĂ© par des manifestations massives d'opposants, Ă  Washington et ailleurs, le prĂ©sident rĂ©publicain veut agir vite. A court terme, il devrait cependant se heurter Ă  un obstacle de taille: son Ă©quipe est loin d'ĂȘtre opĂ©rationnelle.
Seuls deux membres de son administration -James Mattis Ă  la tĂȘte du Pentagone et John Kelly secrĂ©taire Ă  la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure- ont Ă  ce jour Ă©tĂ© confirmĂ©s par le SĂ©nat. Mais la voie semble dĂ©sormais dĂ©gagĂ©e pour l'un des principaux d'entre eux: Rex Tillerson, ancien patron d'ExxonMobil, choisi pour diriger la diplomatie amĂ©ricaine.

L'exécutif américain est jusqu'ici resté trÚs évasif sur le contenu des décrets à venir, comme sur le calendrier.
Il pourrait en particulier remettre en cause le programme "DACA", mis en place par Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés jeunes sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.

- Remaniement Ă  la Cour suprĂȘme -

Sur l'environnement et le climat, l'administration Trump a juré de mettre fin à "la guerre contre le charbon" et pourrait revenir sur nombre de réglementations mises en place par l'administration Obama. Elle pourrait aussi réorienter de maniÚre significative l'allocation de fonds à l'international destinés à la lutte contre le changement climatique.

M. Trump a Ă©galement promis qu'il annoncerait dans les deux semaines Ă  venir le nom de celui qu'il entend proposer pour remplacer, Ă  la Cour suprĂȘme, le juge Antonin Scalia, prĂ©cisant qu'il disposait d'une liste de 20 candidats.
"Je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai Ă©tĂ© Ă©lu. Les habitants de ce pays ne supportaient plus ce qui se passait Ă  la Cour suprĂȘme".
Pour nombre d'initiatives de taille, telle que la construction d'un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, devenue une promesse de campagne emblématique, il devra passer par la case CongrÚs, qui seul est en mesure de débloquer les fonds pour un chantier dont les contours restent à déterminer.

Source d'intenses spéculations, une annonce imminente sur la promesse controversée de transférer l'ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem n'était pas à l'ordre du jour, selon la Maison Blanche.

- Martin Luther King encore lĂ  -

Une telle initiative romprait avec la politique de la majorité de la communauté internationale -y compris des Etats-Unis- selon laquelle le statut de Jérusalem, dont la partie orientale est revendiquée par les Palestiniens comme capitale de leur futur Etat, doit se régler par la négociation.
L'exécutif a par ailleurs exclu dimanche que le nouveau président américain, dont le patrimoine et les revenus sont entourés d'un épais mystÚre, rende publique sa déclaration d'impÎt.

"Il ne publiera pas sa déclaration d'impÎts. Ce sujet a été abordé durant la campagne et cela n'intéressait pas les gens", a lancé Kellyanne Conway, sa proche conseillÚre.
DÚs vendredi, quelques minutes à peine aprÚs avoir pris possession du Bureau ovale, M. Trump avait signé ses premiers décrets à portée plutÎt symbolique.

Comme ses prédécesseurs avant lui, il avait déjà changé plusieurs éléments de décoration dans ce lieu symbolique du pouvoir américain.
Les rideaux pourpres ont été remplacés par des rideaux dorés. L'immense tapis installé par Barack Obama à son arrivée, qui était composé sur ses bords de citations d'anciens présidents américains (dont Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt), a aussi été enlevé.
Le buste de Martin Luther King, lui, est toujours Ă  sa place.
De mĂȘme, le cĂ©lĂšbre "Resolute desk", utilisĂ© par les prĂ©sidents depuis des dĂ©cennies, est toujours Ă  sa place. Sur une cĂ©lĂšbre photo de 1962, c'est de sous ce bureau que regarde le petit John Jr Kennedy, tandis que son pĂšre travaille.

AFP

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