Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu'il dévoilerait son plan pour mettre fin au conflit israélo-palestinien avant la visite la semaine prochaine à Washington du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz.
"C'est un excellent plan", a-t-il déclaré aux journalistes à bord d'Air Force One. Concocté depuis le printemps 2017 dans le plus grand secret, ce projet, dont la publication a été maintes fois reportée, est déjà jugé mort-né par les Palestiniens.
Le volet économique a été présenté en juin: 50 milliards d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Mais les dirigeants palestiniens, qui refusent de discuter avec l'administration Trump depuis que le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, ont rejeté par avance le plan américain qui semble devoir enterrer la solution à deux Etats jusqu'ici privilégiée par la communauté internationale.
A bord de l'avion présidentiel, Donald Trump s'est félicité que MM. Netanyahu et Gantz aient tous les deux accepté de se rendre à la Maison Blanche alors qu'ils sont en campagne en vue des élections du 2 mars. "Nous avons les deux candidats qui viennent, c'est du jamais vu", a-t-il a souligné.
Selon la Maison Blanche, Benjamin Netanyahu est attendu Ă Washington mardi, jour oĂč, par ailleurs, les dĂ©putĂ©s israĂ©liens doivent commencer Ă discuter de la demande d'immunitĂ© du chef du gouvernement, inculpĂ© pour "corruption" dans trois affaires.
InterrogĂ© sur d'Ă©ventuels contacts entre son administration et les Palestiniens, M. Trump est restĂ© Ă©vasif. "Nous leur avons parlĂ© briĂšvement", a-t-il rĂ©pondu, sans autres prĂ©cisions. "Je suis certain qu'ils rĂ©agiront peut-ĂȘtre de maniĂšre nĂ©gative au dĂ©but, mais c'est en rĂ©alitĂ© trĂšs positif pour eux", a-t-il ajoutĂ©.
- Accord "déjà mort" -
L'Autorité palestinienne a réitéré jeudi son rejet catégorique du projet de paix de la Maison Blanche. "+L'accord du siÚcle+ que le président Trump pourrait annoncer est déjà mort", a déclaré le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas à l'issue d'une rencontre de ce dernier avec le président russe Vladimir Poutine. "Nous rejetons absolument ce que l'administration Trump a réalisé jusqu'à présent (...) Notre position est claire: Israël doit mettre fin à l'occupation des terres palestiniennes en vigueur depuis 1967", a ajouté Nabil Abou Roudeina.
La colonisation par Israël de la Cisjordanie occupée et de Jérusalem-Est annexée s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais elle s'est accélérée ces derniÚres années sous l'impulsion du Premier ministre Netanyahu et de son allié à Washington.
Mercredi, le prĂ©sident Abbas avait soulignĂ© "l'importance du rĂŽle français et europĂ©en pour sauver le processus politique", lors d'une rencontre avec le prĂ©sident français Emmanuel Macron qui s'est rendu Ă Ramallah, siĂšge de l'AutoritĂ© palestinienne. "Quelque processus de paix que ce soit n'est possible que si les parties en prĂ©sence veulent bĂątir la paix, alors la France aidera et dans le rĂŽle qui doit ĂȘtre le sien et sera le sien", a affirmĂ© M. Macron cette semaine Ă JĂ©rusalem.
C'est le vice-président américain Mike Pence, de passage à Jérusalem pour les commémorations de la libération du camp nazi d'Auschwitz il y a 75 ans, qui a annoncé la visite prochaine de M. Netanyahu à la Maison Blanche pour évoquer "la perspective d'une paix en Terre sainte".
Le plan annoncĂ© par Donald Trump en campagne Ă©tait attendu Ă l'automne 2019, aprĂšs les Ă©lections israĂ©liennes de septembre. Mais ce scrutin, qui a opposĂ© Benjamin Netanyahu Ă l'ancien chef de l'armĂ©e Benny Gantz, n'a pas dĂ©bouchĂ©, comme lors des Ă©lections prĂ©cĂ©dentes d'avril, sur la formation d'un gouvernement, d'oĂč la tenue de nouvelles lĂ©gislatives dĂ©but mars.
"Nous n'avons pas de meilleur ami que le président Trump", a réagi M. Netanyahu. "Avec tant d'amis à la Maison Blanche, nous devrions arriver à un consensus le plus large possible, afin d'assurer la sécurité et la paix d'Israël", a-t-il ajouté.
Benny Gantz "a Ă©galement acceptĂ© l'invitation du prĂ©sident", selon la Maison Blanche qui n'a pas prĂ©cisĂ© si sa visite interviendrait le mĂȘme jour.
AFP
