ColĂšre

Ecologie, gazole, Europe : nouvelle journĂ©e de mobilisation des agriculteurs

  • PubliĂ© le 23 janvier 2024 Ă  10:17
  • ActualisĂ© le 23 janvier 2024 Ă  10:45
Manifestation d'agriculteurs en colĂšre bloquant l'autoroute A64 prĂšs de Carbonne, au sud de Toulouse, le 22 janvier 2024

Routes bloquées, appels médiatiques: les agriculteurs poursuivent mardi leurs actions pour obtenir des "mesures concrÚtes", aprÚs des discussions toujours dans l'impasse avec le gouvernement de Gabriel Attal et alors que s'ouvre une réunion des ministres européens du secteur.

A l'aube mardi, la préfecture de la DrÎme a signalé qu'"une vingtaine de tracteurs d'agriculteurs bloquent la circulation dans les deux sens à hauteur d'Albon sur l'autoroute A7", dans une publication sur le réseau social X.

Lundi soir, le gouvernement a accueilli les syndicats majoritaires pendant un peu plus de deux heures, sans annonce Ă  la sortie.

Il n'y aura "pas de levée des actions" menées par les agriculteurs tant qu'il n'y aura "pas de décisions concrÚtes" de l'exécutif, avait déclaré lundi le président de la FNSEA Arnaud Rousseau à la sortie de cette rencontre.

"On attend du Premier ministre que dans la semaine, il puisse faire un certain nombre de déclarations qui fassent bouger les lignes sensiblement", a-t-il précisé.

M. Rousseau a notamment évoqué le sujet d'une remise immédiate sur le gazole pour les tracteurs, au lieu d'un remboursement sur facture et déclaration.

M. Attal veut "aller vite", "dans la semaine" pour certaines annonces, a affirmé le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, qui s'est exprimé aprÚs la FNSEA et le syndicat Jeunes agriculteurs au sortir de la réunion.

"Je crois qu'on partage objectivement le diagnostic", a ajouté le ministre, pour qui "les agriculteurs ont besoin qu'on le traduise en acte", avant d'indiquer que le Premier ministre s'est engagé à aller à leur rencontre.

- Réduire les "paperasseries" -

Premier syndicat agricole français, la FNSEA, a remporté depuis plusieurs années de nombreux arbitrages auprÚs du gouvernement, comme sur les taxes sur l'eau ou les pesticides, mais la masse des agriculteurs continue de se plaindre de crouler sous les normes et de ne pas gagner assez bien sa vie.

Parmi les multiples revendications entendues sur le terrain: des simplifications administratives, pas de nouvelle interdiction de pesticides, arrĂȘter d'augmenter le prix du gazole pour les tracteurs, ĂȘtre indemnisĂ© plus vite aprĂšs des calamitĂ©s ou encore la pleine application de la loi censĂ©e obliger les industriels et les grandes surfaces Ă  mieux payer les agriculteurs.

Gabriel Attal avait déjà promis samedi de "faciliter la vie" des agriculteurs en réduisant les "paperasseries".

Les blocages routiers ont commencĂ© jeudi soir en Occitanie, oĂč l'A64 entre Toulouse et Bayonne est coupĂ©e Ă  la circulation au niveau de Carbonne (Haute-Garonne), Ă  45 km de Toulouse. Elle devrait le rester mardi.

Depuis lundi, l'A62 est bloquĂ©e au niveau d'Agen dans les deux sens. Les agriculteurs ont aussi dĂ©versĂ© des pneus sur les voies ferrĂ©es Ă  l'entrĂ©e de la gare d'Agen, oĂč la circulation est bloquĂ©e depuis 18h15 environ. Et le mouvement pourrait faire tĂąche d'huile : les Jeunes agriculteurs de l'Oise ont annoncĂ© Ă  l'AFP un blocage de l'autoroute A16 mardi en dĂ©but d'aprĂšs-midi au niveau de Beauvais.

Mais "aucune évacuation des blocages par les forces de l'ordre n'est prévue à ce stade car il n'y a pas de dégradations", a assuré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

- L'UE sous pression -

Le gouvernement craint un embrasement car, des Pays-Bas à la Roumanie en passant par la Pologne ou l'Allemagne, les agriculteurs multiplient les actions contre les hausses des taxes et le "Pacte vert" européen.

Mardi, les ministres europĂ©ens du secteur agricole se rĂ©unissent Ă  Bruxelles, avant le lancement jeudi d'un "dialogue stratĂ©gique" destinĂ© Ă  "dĂ©passer le clivage dans les dĂ©bats sur la transition Ă©cologique" au cƓur des textes lĂ©gislatifs du Pacte vert de l'UE.

Si les rĂ©centes manifestations Ă©voquent des facteurs nationaux divers (fin des subventions au gazole en Allemagne, par exemple), les secousses se sont multipliĂ©es partout: Ă©pisodes climatiques extrĂȘmes (sĂ©cheresse, inondations), grippe aviaire, flambĂ©e des prix de l'Ă©nergie...

Autre sujet clivant: l'afflux de produits agricoles ukrainiens dans l'UE depuis la levée des droits de douane en 2022. Bruxelles doit se prononcer sous peu sur sa reconduction en juin, avec de probables mécanismes "de sauvegarde".

Surtout, s'exprime de façon diffuse une "exaspération" commune face à une "surchauffe réglementaire", estime Christiane Lambert, présidente du Copa-Cogeca, l'organisation des syndicats agricoles majoritaires européens.

AFP

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