Municipales

Edouard Philippe sera candidat tĂȘte de liste au Havre

  • PubliĂ© le 31 janvier 2020 Ă  15:05
  • ActualisĂ© le 31 janvier 2020 Ă  15:16
Le Premier ministre Edouard Philippe, le 30 janvier 2020 Ă  Paris

Le Premier ministre se lance dans la bataille: Edouard Philippe se prĂ©sentera comme candidat tĂȘte de liste aux Ă©lections municipales au Havre en mars, mais restera Ă  Matignon s'il est Ă©lu, une dĂ©cision critiquĂ©e par les oppositions.

Une décision "mûrie comme toute décision importante", fondée sur l'idée que "dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c'est l'élection", et que "nos concitoyens ne veulent surtout pas de responsables politiques hors-sol", justifie vendredi dans le quotidien Paris-Normandie celui qui a déjà dirigé la cité normande de 2010 jusqu'à son entrée à Matignon en 2017.

M. Philippe, attendu vendredi soir en meeting au Havre, avait avivĂ© l'hypothĂšse de sa candidature en septembre dernier en rappelant, dans une dĂ©claration d'amour publique Ă  la ville, que ses "tripes" d'arriĂšre-petit-fils de docker avaient "un goĂ»t d'eau salĂ©e". Alors qu'on lui avait prĂȘtĂ© des intentions Ă  Paris en vue de ce scrutin, il assure n'avoir "jamais envisagĂ© un engagement politique ailleurs qu'au Havre", oĂč il est Ă©lu depuis 2001 et a construit son parcours politique, d'abord sous le tutorat de l'emblĂ©matique maire Antoine Rufenacht. "C'est la ville que j'aime. C'est lĂ  que sont mes attaches", a plaidĂ© celui qui ne manque pas une occasion de chanter les mĂ©rites du port dans ses interventions publiques.

- "Voler l'élection aux Havrais" -

Elu au premier tour en 2014 sous l'étiquette UMP (désormais Les Républicains) avec 52% des voix, M. Philippe a souligné que "sa plus grande ambition" était de redevenir maire à terme. En attendant, "si le président de la République continue à m'accorder sa confiance, je continuerai à remplir ma mission de Premier ministre parce qu'on ne se dérobe pas quand il s'agit de servir son pays", a-t-il poursuivi.

Ainsi, s'il Ă©tait Ă©lu au soir du 22 mars prochain, M. Philippe proposerait que l'actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne conserve le fauteuil. Et "le jour oĂč ma mission s'achĂšvera Ă  Matignon, je souhaite, si les Havrais me font confiance Ă©videmment, redevenir maire parce que c'est lĂ  que je veux continuer Ă  m'investir", a-t-il expliquĂ©.?
Sa candidature suscite les critiques de l'opposition, de droite comme de gauche.

"Il va voler l'Ă©lection municipale aux Havrais", car le scrutin risque de "se transformer en rĂ©fĂ©rendum pour ou contre la politique nationale" du gouvernement, au dĂ©triment des enjeux locaux, a estimĂ© auprĂšs de l'AFP le dĂ©putĂ© PCF Jean-Paul Lecoq, Ă©galement candidat Ă  la mairie. Mais, veut-il espĂ©rer, ce pourrait aussi ĂȘtre aussi l'occasion pour la gauche de se "rassembler", alors qu'EELV et le PS, sans le PCF, feront liste commune.

Edouard Philippe "s'est un peu servi du Havre comme d'un marche-pied, il ne faudrait pas que ça devienne un trampoline non plus, mais clairement, c'est son plan de retraite", tacle l'Ă©cologiste Alexis Deck, Ă©lu municipal depuis 2014 au Havre et Ă  la tĂȘte de cette liste.

L'eurodĂ©putĂ© EELV Yannick Jadot juge pour sa part cette candidature "profondĂ©ment scandaleu(se)" au moment oĂč la France est "en burn out social et dĂ©mocratique", et tandis que la rĂ©forme des retraites continue son parcours.

Le député La France insoumise Eric Coquerel a appelé pour sa part le Premier ministre à "démissionner dÚs maintenant puisque son choix est manifestement de redevenir maire du Havre".

Cela en dit "beaucoup sur la fébrilité de La République en marche" à l'approche des municipales, considÚre le porte-parole du Rassemblement national Sébastien Chenu, pour qui LREM "déguise des Républicains (...) ou des élus socialistes en marcheurs" pour pallier "un personnel politique pas au niveau".
Mais Edouard Philippe récuse toute tentative de "tirer des élections du Havre des leçons nationales", affirmant sa volonté de "parler du Havre", en laissant "les commentateurs" commenter.

Sans préciser les contours de son programme qu'il qualifie d'"ambitieux", il a assuré dans Paris-Normandie qu'il mÚnerait "une campagne intense au Havre", tout en remplissant ses "obligations à Paris".

AFP

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