Le sĂ©nateur du RhĂŽne Michel Mercier a multipliĂ© mercredi les justifications et explications en rĂ©ponse Ă des informations du Canard enchaĂźnĂ© sur l'emploi de sa fille comme assistante parlementaire, le jour mĂȘme oĂč la commission des lois du SĂ©nat validait sa nomination au Conseil constitutionnel.
En soirĂ©e, le sĂ©nateur du RhĂŽne, ĂągĂ© de 70 ans, a annoncĂ© qu'il avait sollicitĂ© un avocat pour le reprĂ©senter, en lui demandant de consigner son salaire de sĂ©nateur, "pour ĂȘtre plus libre" dans son action. Durant son audition au SĂ©nat dans la matinĂ©e, M. Mercier s'Ă©tait expliquĂ© devant ses pairs au sujet des rĂ©vĂ©lations du Canard enchaĂźnĂ©.
"C'est tout à fait exact que j'ai employé une de mes filles d'août 2012 à avril 2014 parce qu'à l'époque je menais des dossiers d'ordre culturel trÚs difficile" et qu'elle avait toutes les compétences, a-t-il dit en présentant sa candidature.
"Elle était domiciliée à l'époque en France", a-t-il ajouté, en précisant avoir vérifié ce fait sur le contrat de travail, et que sa fille avait été embauchée à temps partiel. Selon Le Canard qui cite les documents d'embauche de Delphine Mercier, celle-ci habitait alors Londres, alors que son lieu de travail était Paris.
"En avril 2014, nous avons estimé ensemble que son travail était achevé et nous avons rompu le contrat de travail", a poursuivi l'ancien ministre. "Aujourd'hui elle est à Londres". Dans un premier communiqué, M. Mercier a ensuite annoncé qu'il remettrait "les travaux réalisés par (sa) fille Delphine au Sénat afin de démontrer l'effectivité de l'emploi".
"Un travail effectif a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©, il n'y a donc pas en l'occurrence d'intention frauduleuse", a-t-il Ă©galement soulignĂ© dans un communiquĂ© ultĂ©rieur. Enfin M. Mercier a annoncĂ© qu'il dĂ©clarerait Ă la Haute autoritĂ© pour la transparence de la vie publique, dans le cadre de ses dĂ©clarations de situation patrimoniale et d'intĂ©rĂȘt d'activitĂ©s de fin de mandat, "les travaux effectuĂ©s, le temps travaillĂ© et les salaires perçus attestant ainsi de l'effectivitĂ© de l'emploi".
Au terme de son audition, la commission des lois a votĂ© par 22 voix contre 7 en faveur de l'entrĂ©e au Conseil constitutionnel de M. Mercier, jusqu'Ă prĂ©sent lui-mĂȘme membre de cette commission.
- Proche de François Bayrou -
Il remplacera au Conseil constitutionnel Nicole Belloubet, devenue ministre de la Justice. La nomination de M. Mercier, un proche du président du MoDem François Bayrou, avait été proposée par le président du Sénat Gérard Larcher (LR). Le sénateur du RhÎne avait lui aussi rallié Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.
"S'il y a quelqu'un qui a à la fois la connaissance du droit et, je le crois, les valeurs nécessaires pour faire un progrÚs dans le sens l'impartialité de la justice, c'est bien lui", avait dit M. Bayrou à l'annonce de sa nomination place VendÎme par Nicolas Sarkozy en 2010.
Nicole Belloubet avait été nommée au Conseil constitutionnel en 2013 par le président du Sénat de l'époque, le socialiste Jean-Pierre Bel. M. Mercier siégera au Conseil constitutionnel jusqu'en 2022.
Pour certains, en le nommant, M. Larcher a Ă©cartĂ© un rival potentiel Ă la prĂ©sidence de la Haute AssemblĂ©e. Au SĂ©nat oĂč il a Ă©tĂ© Ă©lu pour la premiĂšre fois en 1995, M. Mercier a Ă©tĂ© rĂ©cemment rapporteur du projet de loi antiterroriste que le gouvernement entend mettre en place pour remplacer, au 1er novembre, le rĂ©gime de l'Ă©tat d'urgence appliquĂ© depuis les attentats de novembre 2015.
Homme de consensus, il Ă©tait parvenu Ă maintenir l'unitĂ© du groupe centriste au SĂ©nat, qu'il a prĂ©sidĂ© de 2002 Ă 2009. Avant d'ĂȘtre Garde des Sceaux, M. Mercier avait occupĂ© les fonctions de ministre de l'Espace rural et de l'AmĂ©nagement du territoire.
Il a occupĂ© toutes les fonctions Ă©lectives, en particulier celle de maire de Thizy (RhĂŽne) oĂč il est nĂ©.
AFP
