En Ecosse, Trump et von der Leyen cherchent l'accord douanier de la derniĂšre heure

  • PubliĂ© le 27 juillet 2025 Ă  10:12
  • ActualisĂ© le 27 juillet 2025 Ă  10:40
Le président américain Donald Trump joue au glof à Turnberry en Ecosse, le 26 juillet 2025

Pour le président américain, il y a "une chance sur deux" d'y arriver: Donald Trump négocie dimanche en Ecosse avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour arracher un accord douanier.

L'heure tourne: le républicain de 79 ans, lancé dans une vaste offensive protectionniste, se donne jusqu'au 1er août avant d'assommer les produits européens entrant aux Etats-Unis de taxes douaniÚres de 30%.

Toute entente entre les deux dirigeants devra ĂȘtre validĂ©e par les Etats membres de l'UE. Les diplomates europĂ©ens ont prĂ©vu de se concerter dĂšs dimanche soir ou lundi, en cas de fumĂ©e blanche Ă  Turnberry.

C'est dans cette tranquille localitĂ© de la cĂŽte ouest de l'Ecosse, oĂč la famille Trump possĂšde un luxueux complexe de golf, que la rencontre aura lieu - Ă  16H30 (15H30 GMT), selon la Maison Blanche.

"Nous avons une chance sur deux" de trouver un accord, avait lancĂ© Donald Trump vendredi Ă  son arrivĂ©e en Ecosse, d'oĂč il repartira mardi aprĂšs un sĂ©jour mi-privĂ© mi-diplomatique, en estimant qu'il restait "environ 20 sujets" contentieux Ă  rĂ©gler.

- "TrÚs respectée" -

Il a assurĂ© ĂȘtre "impatient" de s'entretenir avec Ursula von der Leyen, une "femme trĂšs respectĂ©e".

Ce ton aimable tranche avec les invectives dont le dirigeant républicain accable l'Union européenne, selon lui créée dans le but d'"arnaquer" les Etats-Unis.

Jeudi, un porte-parole de la Commission européenne avait affirmé qu'un accord était à "portée de main".

Selon plusieurs sources européennes, le texte en discussion prévoit des surtaxes douaniÚres de 15%, un montant conséquent, sur les exportations européennes à destination des Etats-Unis, avec des exemptions sur l'aéronautique ou les spiritueux - mais pas le vin.

L'acier serait soumis à des rÚgles spécifiques, avec des quotas pour les importations en provenance d'Europe. Les Européens s'engageraient aussi à acheter du gaz naturel liquéfié et à investir aux Etats-Unis.

- "Bazooka" -

L'ensemble évoque un accord annoncé il y a quelques jours entre les Etats-Unis et le Japon. L'Union européenne est actuellement soumise à une taxe de 25% sur les voitures, de 50% sur l'acier et l'aluminium, ainsi qu'à des droits de douane généraux de 10%.

Si Ursula von der Leyen et Donald Trump ne parvenaient pas Ă  s'entendre, Bruxelles assure ĂȘtre prĂȘt Ă  riposter en taxant des produits et services amĂ©ricains.

L'exécutif européen, sous l'impulsion de certains pays comme la France, pourrait aussi geler l'accÚs aux marchés publics européens ou bloquer certains investissements.

Dégainer ce "bazooka" - appelé instrument "anti-coercition" dans le jargon bruxellois - entraßnerait l'Europe et l'Amérique dans une escalade commerciale inouïe, dont l'effet se ferait sentir des deux cÎtés de l'Atlantique.

- Englué dans l'affaire Epstein -

Donald Trump, ancien promoteur immobilier qui a Ă©crit un livre Ă  succĂšs sur "l'art du deal", assure ĂȘtre en position de force sur le plan commercial.
Mais certains sondages montrent que les Américains doutent de sa stratégie douaniÚre et de sa conduite des affaires en général.

Dans un récent sondage Gallup, sa cote de confiance est tombée à 37%, 10 points de moins qu'en janvier.

Le milliardaire new-yorkais, qui s'est toujours jouĂ© des scandales et des poursuites pĂ©nales, peine Ă  se dĂ©pĂȘtrer de l'affaire Jeffrey Epstein.

Il est accusé par une partie de sa base de manquer de transparence sur les relations qu'il entretenait avec ce riche financier, mort en prison avant un procÚs pour crimes sexuels qui s'annonçait retentissant, et dont il était un ami.

Annoncer un accord avec l'UE, en promettant des retombĂ©es pharaoniques pour l'Ă©conomie amĂ©ricaine, et dans la foulĂ©e de ceux conclus ces derniers jours avec le Japon, le Vietnam et les Philippines, pourrait ĂȘtre une diversion bienvenue.

Lundi, c'est avec la Chine que des négociateurs américains s'efforceront, lors d'une rencontre à Stockholm, d'éviter une reprise de l'escalade commerciale entre les deux premiÚres économies mondiales, susceptible d'ébranler l'économie de la planÚte entiÚre.

Avant la rencontre de dimanche, le dirigeant républicain, féru de golf, a profité samedi du green surplombant la mer à Turnberry en compagnie de son fils Eric, l'un des dirigeants de la Trump Organization.

Cette holding familiale dĂ©tient le golf de Turnberry ainsi que celui d'Aberdeen, sur la cĂŽte est de l'Ecosse, oĂč le prĂ©sident amĂ©ricain ira inaugurer un nouveau parcours avant de regagner Washington.

AFP

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