Environnement : les pays incapables de s'entendre sur un rapport de l'ONU

  • PubliĂ© le 9 dĂ©cembre 2025 Ă  15:13
  • ActualisĂ© le 9 dĂ©cembre 2025 Ă  15:18
Deux plateformes en mer du Nord, à 140 kilomÚtres à l'ouest de Stavanger, en NorvÚge, le 3 décembre 2019

Les gouvernements du monde, appelés à s'entendre sur les questions environnementales, mais trÚs divisés sur l'avenir des énergies fossiles, se sont montrés incapables de se mettre d'accord sur un texte de l'ONU.

Le 7e rapport de l'ONU sur l'avenir de l'environnement, publié mardi, se veut une mise à jour scientifique des enjeux environnementaux dans le monde. La derniÚre édition de ce tour d'horizon publié par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) datait de 2019.

Le "rĂ©sumĂ© pour les dĂ©cideurs", condensĂ© politique de plus de 1.000 pages de texte, doit ĂȘtre normalement validĂ© par les gouvernements, qui en nĂ©gocient chaque ligne avant publication, en mĂȘme temps que le rapport lui-mĂȘme.

Or, pour la premiÚre fois depuis le début des publications en 1997, les pays n'ont pas réussi à se mettre d'accord, selon l'ONU. "C'est regrettable", a déclaré à l'AFP la directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen.

"Les États membres n'ont pas rĂ©ussi Ă  s'accorder sur un rĂ©sumĂ© du fait de discussions qui sont un peu difficiles", a dĂ©plorĂ© une source diplomatique française.

"On est sur un rapport qui traite de la triple crise, qui aborde tous les sujets, y compris des sujets qui aujourd'hui sont des sujets sur lesquels certains pays ont des problÚmes sémantiques" et "pas seulement sémantiques", a-t-elle observé.

Cette "triple crise" fait référence au changement climatique, à la perte de la biodiversité et aux pollutions.

- "Désaccords" -

Des reprĂ©sentants des États Ă©taient rĂ©unis fin octobre en amont de l'AssemblĂ©e des Nations unies pour l'environnement qui s'est ouverte lundi Ă  Nairobi, siĂšge du PNUE, pour approuver le rĂ©sumĂ©.

Mais l'Arabie Saoudite et les États-Unis, deux gros producteurs d'hydrocarbures, se sont opposĂ©s aux rĂ©fĂ©rences Ă  la sortie des Ă©nergies fossiles, selon un compte rendu du PNUE. D'autres pays Ă©taient opposĂ©s Ă  des passages sur le genre ou les subventions nĂ©fastes pour l'environnement.

Dans une déclaration conjointe à l'issue des négociations, l'Union européenne (UE) et le Royaume-Uni ont regretté des "tentatives de diversion" de la part de certains pays, sans en nommer aucun en particulier.

Les pays avaient des "désaccords significatifs", a reconnu Mme Andersen. "C'est ce qui fait que les Nations unies sont les Nations unies", mais "on aimerait certainement espérer que cela ne crée pas un précédent pour d'autres processus", a-t-elle dit.

Ces nouvelles difficultĂ©s font suite Ă  l'Ă©chec, jusqu'Ă  prĂ©sent, Ă  parvenir Ă  un traitĂ© pour limiter la pollution plastique, ainsi qu'Ă  celui des nĂ©gociations sur la dĂ©carbonation des navires Ă  l'Organisation maritime internationale (OMI), sous la pression des États-Unis.

La COP30 s'est pour sa part achevée le 22 novembre par un modeste consensus sur l'action climatique, mais sans la feuille de route de sortie des énergies fossiles espérée par certains pays.

Le rapport publié mardi évalue à quelque 8.000 milliards de dollars par an les investissements nécessaires pour atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050 et assurer des financements nécessaires pour conserver et restaurer la biodiversité.

"Le coût de l'inaction est bien plus élevé", notent les auteurs, qui chiffrent les bénéfices économiques attendus d'un changement de modÚle plus respectueux de l'environnement.

Ces bénéfices commenceraient à apparaßtre en 2050, pour atteindre 20.000 milliards de dollars annuels d'ici à 2070, puis jusqu'à 100.000 milliards annuels ensuite.

La clef de ce changement réside dans une "transformation totale de notre systÚme énergétique", soulignait le coprésident du groupe d'experts auteurs, Robert Watson, lors d'une visioconférence de présentation du rapport.

"Nous devons clairement éliminer l'utilisation des combustibles fossiles sur les prochaines décennies", insistait-il, tout en reconnaissant "qu'en ce moment le multilatéralisme semble en difficulté".

AFP

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