Création d'une "zone de sécurité"

Erdogan Ă  Moscou pour discuter de la Syrie avec Poutine

  • PubliĂ© le 23 janvier 2019 Ă  16:33
  • ActualisĂ© le 23 janvier 2019 Ă  17:06
Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan (g), le 1er décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine

Les prĂ©sidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan doivent discuter de la Syrie Ă  Moscou mercredi, le second cherchant Ă  convaincre du bien-fondĂ© de sa proposition d'une "zone de sĂ©curitĂ©" dans le nord syrien, pour y empĂȘcher toute autonomie kurde.

La Russie soutient militairement le régime de Damas et la Turquie aide des groupes rebelles voulant renverser le président Bachar al-Assad mais les deux pays disent chercher ensemble une solution politique à un conflit qui dure depuis prÚs de huit ans.

Ils ont convenu de coordonner leurs opérations sur le terrain aprÚs l'annonce surprise par le président américain Donald Trump, en décembre, du retrait de ses 2.000 soldats engagés en Syrie. Dans un discours lundi, M. Erdogan a indiqué qu'il plaiderait auprÚs de M. Poutine la création de la "zone de sécurité" contrÎlée par la Turquie dans le nord. M. Trump s'est prononcé pour cette idée mi-janvier.

Les Kurdes, qui contrĂŽlent la majeure partie de cette rĂ©gion, et qui sont alliĂ©s aux AmĂ©ricains, sont extrĂȘmement hostiles Ă  la proposition, craignant une offensive turque.

Pour sa part, la Russie défend depuis le début du conflit une ligne simple, selon laquelle le régime syrien doit retrouver sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire.

"Nous sommes convaincus que la seule solution correcte et optimale serait de remettre ces territoires sous le contrÎle du gouvernement syrien (...), tout en se rendant compte que les Kurdes doivent se voir assurer toutes les conditions nécessaires (pour la vie) dans leurs lieux d'habitation traditionnels", a déclaré la semaine derniÚre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

- Sommet avec l'Iran -

Le retrait amĂ©ricain annoncĂ© a confortĂ© en ce sens les plans du Kremlin et de Damas. Au point que les forces kurdes les plus exposĂ©es par le dĂ©part des États-Unis ont demandĂ© au rĂ©gime syrien de les aider face Ă  la perspective d'une attaque turque.
La Russie s'est déjà félicitée de l'entrée fin décembre des forces gouvernementales dans la région de Minbej, pour la premiÚre fois depuis six ans, aprÚs qu'une milice kurde les y eut invitées.

Moscou prépare un sommet tripartite Russie-Turquie-Iran dans les mois à venir, pour poursuivre le processus de paix d'Astana, lancé par ces trois pays en 2017. "Pour l'instant, aucune date n'a été fixée, mais aprÚs négociation avec M. Erdogan nous commencerons les préparatifs", indiquait mi-janvier à la presse le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.

Le dernier sommet entre Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et le président iranien Hassan Rohani avait eu lieu à Téhéran début septembre, avec le sort de la province syrienne d'Idleb (nord-ouest) comme principale préoccupation. Il avait débouché sur un échec.

La Russie et la Turquie avaient connu de graves tensions en 2015, quand l'armée turque avait abattu au-dessus de la Syrie un avion militaire russe. L'année suivante, les deux présidents avaient scellé une réconciliation spectaculaire, en trouvant des points d'entente sur la Syrie.

Les deux pays coopÚrent désormais étroitement sur le dossier syrien, mais aussi dans le domaine de l'énergie, avec la construction par la Russie de la premiÚre centrale nucléaire en Turquie, ainsi que dans le secteur de l'armement.
AFP

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