BientÎt les effets des couvre-feux, puis du reconfinement? Les indicateurs du Covid-19 ont commencé à donner de premiers signes encourageants, notamment en Ile-de-France, mais la tension dans les hÎpitaux reste critique et il est encore tÎt pour espérer des mesures moins strictes.
"Une amorce d'infléchissement" selon le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique-HÎpitaux de Paris) Martin Hirsch, un "frémissement" pour le ministre de la Santé Olivier Véran: avec des mots pesés, enrobés de formules trÚs prudentes, les responsables sanitaires ont allumé une lueur d'espoir. "On peut parler, en région Ile-de-France, d'une amorce d'infléchissement", a déclaré Martin Hirsch sur France Inter, expliquant que "ces trois ou quatre derniers jours on voit plutÎt à peu prÚs 80 entrées par jour (en réanimation)", contre 110 "il y huit jours" et "plutÎt 400 entrées en hospitalisation par jour" contre 500 il y a une semaine.
"Ce n'est pas la mĂȘme chose partout en France, mais dans certaines rĂ©gions, en Ile-de-France, on a l'impression d'avoir un frĂ©missement dans la pente Ă©pidĂ©mique, dans cette croissance que l'on voyait continuer (de maniĂšre) exponentielle ces derniĂšres semaines. On a l'impression que cela s'inflĂ©chit", a abondĂ© Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses Ă l'hĂŽpital Saint-Antoine Ă Paris, sur BFMTV-RMC.
"Pourquoi est-ce qu'on est prudent dans les termes ? On a vu un moment de répit fin septembre, on a vu (l'épidémie) redémarrer en octobre", a mis en garde Martin Hirsch. De plus, le pic des hospitalisations "est encore devant nous (...) ce n'est pas sous contrÎle partout et les jours à venir sont trÚs compliqués, forcément", a-t-il prévenu. Et le directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-CÎte-d'Azur, Philippe Demester, a tempéré tout excÚs d'optimisme: "je suis trÚs content pour l'Ile-de-France qu'il (Martin Hirsch) sente cette inflexion, en ce qui nous concerne c'est trop tÎt pour le dire on n'a pas encore de ralentissement de la croissance ici".
- Plus de 40.000 morts -
Pour l'instant, la pression sur les hÎpitaux s'accroßt toujours avec 4.527 patients touchés par le Covid-19 en réanimation dimanche, sur une capacité totale et toutes pathologies confondues déjà portée de 5.000 à 6.400 lits et qui devrait bientÎt passer à 7.500. Mais cela passe par des fermetures de blocs opératoires et des déprogrammations d'interventions chirurgicales.
Le nombre de morts depuis le dĂ©but de l'Ă©pidĂ©mie a dĂ©passĂ©, lui, la barre des 40.000 samedi. Cette pression, plus forte dans certaines rĂ©gions, a contraint les hĂŽpitaux Ă transfĂ©rer des malades vers d'autres territoires en France, voire en Allemagne. L'Agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS) d'Auvergne-RhĂŽne-Alpes envisage ainsi 200 nouveaux transferts de patients dans les quinze prochains jours. A Bayonne, un hĂŽpital mobile initiĂ© par le CHU de Toulouse va ĂȘtre dĂ©ployĂ© lundi aprĂšs-midi afin de renforcer les urgences sur place.
La semaine derniÚre, Olivier Véran avait envisagé que dans l'hypothÚse d'un confinement "bien respecté", le nombre de patients Covid-19 atteindrait un pic d'"environ 6.000" en réanimation, "une pression trÚs forte sur notre systÚme hospitalier", mais qui diminuerait ensuite.
- Panne informatique -
Le ministre de la Santé a donné rendez-vous d'ici la fin de la semaine ou au début de la suivante, pour "faire le bilan du confinement" et que le gouvernement puisse au besoin annoncer "des mesures complémentaires".
Mais dÚs lundi en fin de journée, le directeur général de la Santé, JérÎme Salomon, dressera un nouveau bilan de la situation. Difficile d'y voir clair dans l'immédiat: les données des nouvelles contaminations enregistrées chaque jour sont rendues trÚs difficiles à interpréter en raison d'embouteillages informatiques et Santé publique France n'en a pas diffusé ce week-end. Un éventuel assouplissement du confinement est espéré dans de nombreux secteurs avant Noël, en premier lieu les commerces non alimentaires, la restauration et l'hÎtellerie, qui subissent de plein fouet le reconfinement, aprÚs celui du printemps.
Selon la Banque de France, il devrait coûter à l'économie française 12% de son PIB en novembre par rapport à une activité dite "normale", une baisse contenue par rapport au printemps (31% en avril). La baisse de l'activité devrait se situer entre 9 et 10% sur l'ensemble de 2020.
Le reconfinement menace notamment le secteur du jouet, qui risque d'ĂȘtre privĂ© de 770 millions d'euros de ventes si les magasins ne peuvent rouvrir avant les fĂȘtes de fin d'annĂ©e, selon une Ă©tude du cabinet NPD Group publiĂ©e lundi.
AFP



