G20 Finances

Etats-Unis inflexibles, le bras de fer commercial perdure

  • PubliĂ© le 22 juillet 2018 Ă  09:59
  • ActualisĂ© le 22 juillet 2018 Ă  10:37
Le ministre argentin de l'Economie Nicolas Dujovne (G) et la directrice du FMI Christine Lagarde lors d'une conférence de presse au sommet du G20 à Buenos Aires le 21 juillet 2018

La guerre commerciale que se livrent les grandes puissances a perduré lors du G20: le FMI a regretté qu'elle entame la croissance mondiale, la France a appelé Washington à faire machine arriÚre, mais les Etats-Unis sont inflexibles.

AprÚs les taxes douaniÚres sur l'acier et l'aluminium, visant avant tout la Chine, qui ont mis le feu aux poudres, les Etats-Unis menacent de surtaxer les importations automobiles européennes, de sanctionner les pays qui commercent avec l'Iran et ont promis de limiter de maniÚre drastique leurs achats de produits chinois.

Samedi à Buenos Aires, le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a ratifié cette politique controversée, critiquée y compris par des alliés des Etats-Unis, lors du G20 des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se rendra mercredi à Washington pour des pourparlers, mais pas question pour les pays européens d'accepter le diktat commercial des Etats-Unis.

- "Pistolet sur la tempe" -

"Nous refusons de nĂ©gocier avec un pistolet sur la tempe. C'est aux Etats-Unis de faire un pas pour enclencher une dĂ©sescalade, et arranger tout ça", a dit fermement Ă  des journalistes le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire. La veille, la chanceliĂšre allemande Angela Merkel avait assurĂ© que L'Union europĂ©enne Ă©tait "prĂȘte" Ă  riposter Ă  un Ă©ventuel relĂšvement par Washington de ses taxes sur les importations d'automobiles europĂ©ennes.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a estimé que la guerre commerciale qui sévit depuis quelques mois pourrait réduire la croissance mondiale "de 0,5 point".
Représentant de la premiÚre puissance mondiale, Steven Mnuchin a monopolisé l'attention. Il a appelé la Chine et l'Union européenne à faire des concessions pour parvenir à une relation commerciale plus équilibrée, aprÚs les déclarations fracassantes de Donald Trump qui a traité d'"ennemis" commerciaux Pékin, Bruxelles et Moscou.

- Multilatéralisme en crise -

Face à la Chine, les Etats-Unis accusent un déficit commercial de 376 milliards USD en 2017 et compte le réduire. L'administration Trump a menacé d'imposer des taxes punitives sur la totalité des importations chinoises, qui représentaient 500 milliards de dollars en 2017.
Pékin accuse Washington de vouloir déclencher "la pire guerre commerciale de l'histoire économique" et a réagi en imposant de nouvelles taxes sur des produits américains.

Face au cavalier seul des Etats-Unis, les autres pays se font les apĂŽtres du multilatĂ©ralisme. Pour le ministre brĂ©silien de l'Economie, Eduardo Guardia, "tout ce qui va Ă  l'encontre du libre-Ă©change, d'un commerce basĂ© sur les rĂšgles, doit ĂȘtre rĂ©solu Ă  travers des organisations internationales, aptes Ă  rĂ©soudre ce type de conflit".
"Le commerce mondial ne peut pas reposer sur la loi de la jungle. L'augmentation unilatĂ©rale des tarifs, c?est la loi du plus fort, ça ne peut pas ĂȘtre l?avenir des relations commerciales dans le monde", a dit le ministre français.

- Opportunité pour l'Europe -

Pour lui l'Europe a une carte Ă  jouer dans ce contexte, et doit tirer partie de sa puissance Ă©conomique. "Unie, assure-t-il, elle peut faire bouger les choses. Nous ne sommes pas condamnĂ©s Ă  ĂȘtre Ă©crasĂ©s entre une Chine qui ne cesse de gagner en puissance et des Etats-Unis qui ont dĂ©cidĂ© d?entrer dans un rapport de force avec tous les autres Etats de la planĂšte".

L'Europe exige des Etat-unis l'exemption des surtaxes sur l'acier et l'aluminium, qui plombe son industrie sidérurgique. Elle espÚre que Washington épargnera son vieil allié européen, qui essuie des dégùts collatéraux, car la premiÚre puissance mondiale vise en premier lieu la Chine, numéro deux de l'économie mondiale.
Le G20 Finances planche aussi sur les risques de crise dans les pays émergents, la taxation des géants du numérique, qui sont pour l'instant peu imposés.
D'aprÚs une source proche des discussions, le communiqué final du G20 Finances diffusé dimanche aprÚs la clÎture des débats devrait acter le risque pour la croissance mondiale des tensions commerciales, l'engagement à travailler sur la taxation du commerce numérique et l'encadrement des crypto actifs, afin d'éviter le blanchiment, la fraude et leur prise en main par des organisations terroristes.
AFP

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