Plus de 450 personnes ont été évacuées lundi matin d'un campement de migrants installé depuis plus d'un mois dans un square du c?ur de Nantes, qui présentait pour les autorités des risques "élevés" en terme de santé et de salubrité publiques.
L'opération a débuté vers 08H15, avec la mise en place d'un dispositif policier tout autour du square Daviais, situé prÚs de la trÚs centrale place du Commerce. Les migrants ont progressivement quitté les lieux dans la matinée, sans précipitation, aprÚs avoir reçu un papier leur signifiant leur évacuation, emportant avec eux quelques effets personnels mais laissant tentes et matelas.
Au total, 455 personnes ont Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©es, a indiquĂ© Ă l'AFP la prĂ©fecture de Loire-Atlantique. D'abord composĂ© d'une poignĂ©e de tentes dans la premiĂšre quinzaine du mois de juin, le campement du square Daviais avait grossi de jour en jour, aprĂšs les Ă©vacuations successives de deux bĂątiments privĂ©s squattĂ©s, et au grĂ© d'arrivĂ©es depuis l'Italie ou l'Espagne de migrants, essentiellement Soudanais et ĂrythrĂ©ens.
Face Ă la situation sanitaire "prĂ©occupante" de ce campement concentrĂ© dans un petit jardin public, avec un seul point d'eau et un seul sanitaire, et oĂč la prĂ©sence de rats et des cas de gale ont Ă©tĂ© signalĂ©s, des associations et la ville de Nantes en avaient appelĂ© Ă l?Ătat.
La mairie ayant refusĂ© il y a une semaine de demander l'Ă©vacuation sans accueil des migrants "digne et organisĂ©", la prĂ©fecture avait saisi en urgence le tribunal administratif de Nantes. Une expulsion "sans dĂ©lai" de ce campement, oĂč s'Ă©taient rĂ©fugiĂ©s dans plus de 280 tentes des mineurs isolĂ©s, des femmes isolĂ©es avec des bĂ©bĂ©s et une famille, avait Ă©tĂ© ordonnĂ©e mercredi.
En milieu de matinée, le dispositif policier autour du square Daviais avait été considérablement allégé. Des militants associatifs s'employaient à replier les tentes et à regrouper matelas et duvets. Des sacs avec des affaires et du linge séchant sur des panneaux en bois ont été abandonnés sur place.
Les occupants du square ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă se rendre dans une salle de la ville abritant un guichet unique d'accueil temporaire pour y faire examiner leur situation par les services de l?Ătat.
"Faux espoir"
La prĂ©fecture a promis la mise Ă l'abri des "personnes les plus vulnĂ©rables" et celle des demandeurs d'asile "dans la limite des places disponibles", le dispositif d'accueil "Ă©tant actuellement saturĂ© en rĂ©gion Pays de la Loire", et particuliĂšrement Ă Nantes oĂč les demandes d'asile ont augmentĂ© de 28% en un an, lĂ oĂč d'autres grandes villes ont enregistrĂ© des baisses.
La préfecture avait annoncé le semaine derniÚre avoir trouvé "90 à 100 places" d'hébergement d'urgence dans toute la région. Dans un communiqué lundi, la préfecture indique avoir mobilisé des places "sur l'ensemble du territoire national". Ils ont été "priés de se rendre au guichet unique en leur donnant un bout de papier, qui est un faux espoir parce qu'ils ne sont pas sortis de cette galÚre", a estimé François Prochasson, membre d'un collectif de soutien aux migrants.
"Pour l'instant, la préfecture a promis une centaine de places, ce qui veut dire qu'il y aura au moins 300 personnes qui vont dormir à la rue ce soir, sans tente. Ils vont s'installer ailleurs, dans un autre jardin public et on n'aura rien résolu. (...) C'est retour à la case départ", a-t-il déploré.
"Je n'ai rien, donc je ne peux rien faire. Je suis juste quelqu'un sans espoir, faible. Donc je fais ce qu'ils veulent que je fasse et s'ils veulent que je dorme à la rue, je dormirai à la rue", a témoigné en anglais un Soudanais lors de son évacuation du square Daviais.
AprĂšs examen des situations individuelles des migrants, "ceux qui ne peuvent prĂ©tendre ni Ă l'asile, ni au sĂ©jour, ou dont la demande d'asile relĂšve d'un autre Ătat membre de l'Union europĂ©enne, seront invitĂ©s Ă quitter le territoire", souligne la prĂ©fecture dans son communiquĂ©.
 - © 2018 AFP



