Des jeunes en Ă©bullition, le cauchemar de la dette et une campagne captĂ©e par les extrĂȘmes : la Macronie achĂšve dix ans de pouvoir dans une ambiance crĂ©pusculaire, exacerbĂ©e par les rivalitĂ©s internes dans la course Ă la prĂ©sidentielle.
Il paraßt loin le souffle des débuts, quand Emmanuel Macron pouvait déployer tous azimuts sa politique de l'offre, encouragé par de bons résultats économiques, envisageait avec optimisme l'instauration d'un nouveau systÚme de retraites à points ou encore suscitait une relative bienveillance de la jeunesse, lui président quadra aux abords modernes et progressistes.
"Macron assassin", "on a raison de se révolter", "le pouvoir a peur de nous"... Le mouvement de contestation des lycéens, parti d'une demande pour plus de moyens, ne cesse de s'étendre depuis une semaine, soutenu par la France insoumise (LFI) et désormais par une vaste intersyndicale de l'éducation. Au grand dam de l'exécutif qui crie à la manipulation.
"Une jeunesse mobilisĂ©e est plus dangereuse quâune bombe atomique. Ne lĂąchez rien !", s'Ă©crie la cheffe des dĂ©putĂ©s Insoumis, Mathilde Panot, mĂ©gaphone en main, au milieu de lycĂ©ens survoltĂ©s, dans une vidĂ©o circulant sur X.
Proviseurs agressés, tirs de mortiers, lycées incendiés. En un éclair, la contestation a pris un tout autre visage, avec son cortÚge de violences et d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants.
Vendredi, prÚs de 400 lycées sont restés fermés. "735 établissements ont été perturbés d'une maniÚre ou d'une autre", selon le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.
Dans ce fracas d'images, de soupçons et d'accusations, Emmanuel Macron paraĂźt de plus en plus Ă©loignĂ©, mĂȘme s'il continue Ă se montrer offensif et pugnace, en France comme Ă l'international.
- "Le réel nous rattrape" -
Depuis Madrid, il a enjoint au Rassemblement national de "clarifier sa ligne" aprÚs les accusations d'antisémitisme portées contre son chef Jordan Bardella et reproché aux Insoumis d'"agiter les peurs".
Avec un succĂšs tout relatif, jusque dans son camp. "Lorsqu'on reprĂ©sente la France et que l'on est Ă l'Ă©tranger, on ne commente pas la vie politique" française, a lĂąchĂ© son ancien Premier ministre Ădouard Philippe, candidat Ă sa succession.
Une pique qui fait Ă©cho Ă d'autres, rĂ©currentes dans le camp prĂ©sidentiel oĂč la rivalitĂ© entre Ădouard Philippe et un autre ex-Premier ministre de la Macronie, Gabriel Attal, laisse aussi des traces dans la course Ă la prĂ©sidentielle.
De quoi alimenter les craintes d'un scĂ©nario catastrophe alors qu'aucun des deux n'est assurĂ© d'accĂ©der au second tour et d'empĂȘcher un face-Ă -face final entre Marine Le Pen et Jean-Luc MĂ©lenchon.
Dans ce contexte déjà pesant, la bataille qui s'annonce pour faire voter un budget à l'Assemblée en l'absence de majorité prend aussi des airs funÚbres. Voire d'enterrement de premiÚre classe pour le bilan économique d'Emmanuel Macron.
"Le rĂ©el nous rattrape", concĂšde d'ailleurs le Premier ministre SĂ©bastien Lecornu, aprĂšs des records de taux d'intĂ©rĂȘt sur la dette, en appelant Ă ne pas ajouter de "l'instabilitĂ©" Ă l'instabilitĂ©.
Avec en toile de fond la menace d'une censure du gouvernement, deux ans aprÚs le traumatisme de la dissolution de l'Assemblée, qui a fait définitivement dérailler le deuxiÚme quinquennat d'Emmanuel Macron.
"Câest l'intĂ©rĂȘt du RN (de ne pas censurer), aprĂšs peut-ĂȘtre quâils ne le verront pas comme ça", s'inquiĂšte un ministre.
- "La Macronie en feu" -
Emmanuel Macron qui avait promis, au soir de sa premiĂšre Ă©lection en 2017, de "tout" faire pour que les Français "n'aient plus aucune raison de voter pour les extrĂȘmes", risque en tout cas de quitter le pouvoir sans avoir concrĂ©tisĂ© cet engagement.
Au final, la crise des lycées installe encore davantage le mano a mano entre le RN et les Insoumis.
"Marine Le Pen tire les marrons du feu. Avec des mecs en noir qui brûlent des poubelles et tapent sur les flics, les gens ils ne disent pas +vive Mélenchon+", estime un cadre du bloc central.
"En agitant la jeunesse, LFI s'installe dans une forme de tango avec lâextrĂȘme droite qui Ă©crase le centre et les modĂ©rĂ©s", renchĂ©rit un proche d'Emmanuel Macron.
De quoi alourdir un climat déjà délétÚre avec la multiplication des crises à l'international qui alimentent l'envolée des prix à la pompe et plombent le pouvoir d'achat des Français.
"La Macronie finit en feu, dans la colÚre d'une jeunesse à qui elle avait promis l'égalité des chances", résume le banquier d'affaires Matthieu Pigasse, engagé dans la campagne au cÎté de la gauche.
AFP







C'est vrai qu'entre la dette abyssale, des services de santĂ© Ă l'agonie, une Education Nationale en friches, une protection civile sans moyens (incendies de forĂȘts...) et une confiance dans les Ă©lus qui n'existe plus, ce type va laisser un sacrĂ© souvenir dans l'histoire !
Pourquoi? Vous trouvez qu'avant il a été lumineux? Ce type a détruit la FRANCE petit à petit. Hélas les suites ne seront pas meilleures.