Banque centrale américaine

Fin du suspense Ă  la Fed, hausse des taux en vue

  • PubliĂ© le 26 janvier 2022 Ă  13:13
  • ActualisĂ© le 26 janvier 2022 Ă  13:49
Le bĂątiment de la Fed Ă  Washington, le 22 janvier 2022

La banque centrale américaine (Fed) veut, pour contrer l'inflation, relever ses taux directeurs cette année pour la premiÚre fois depuis prÚs de deux ans et dévoilera mercredi son calendrier, ce qui pourrait faire dégringoler la Bourse.

La réunion du comité de politique monétaire (FOMC), débutée mardi matin, prendra fin mercredi midi. Un communiqué de presse sera publié à 14H00 (19H00 GMT) et le président de la Fed Jerome Powell tiendra une conférence de presse à 14H30 (19H30 GMT).

La puissante RĂ©serve fĂ©dĂ©rale pourrait, Ă  l'issue de ces deux jours de discussions, annoncer que les taux commenceront Ă  ĂȘtre relevĂ©s en mars, lors de la prochaine rĂ©union.

Les taux directeurs avaient été abaissés dans une fourchette de 0 à 0,25% en mars 2020, face à la pandémie de Covid-19, pour soutenir l'économie via la consommation.

Les responsables de l'institution monĂ©taire diront Ă©galement s'ils relĂšvent de 25 points de base ou directement de 50 points, faisant passer les taux au jour le jour dans une fourchette de 0,25 Ă  0,50%, ou de 0,50 Ă  0,75%. Ils devraient prĂ©ciser aussi combien de hausses ils envisagent pour 2022 et jusqu'oĂč ils vont monter ces taux.

"Nous tablons toujours sur deux hausses des taux directeurs au premier semestre 2022 et aucune au deuxiÚme semestre, car les craintes d'inflation devraient diminuer", soulignent Steve Englander et John Davies, économistes pour Standard Chartered Bank, dans une note. "Mais jusqu'à ce que l'inflation ralentisse de façon visible, il y a un risque que la Fed dise et fasse plus, plutÎt que moins", avertissent-ils.

- Ralentir la demande -

La Fed avait damé le terrain lors de sa précédente réunion, mi-décembre, en annonçant qu'elle mettrait fin plus tÎt que prévu à ses achats d'actifs, dÚs mars au lieu de juin.

Elle avait aussi, pour la premiÚre fois, cessé de qualifier de "temporaire" cette inflation qui est, depuis des mois, bien supérieure à son objectif à long terme de 2%.

Les prix ont grimpé de 7% en 2021, leur rythme le plus rapide depuis 1982, selon l'indice CPI. La Fed privilégie un autre indicateur de l'inflation, l'indice PCE, dont les données pour 2021 seront publiées vendredi.

Relever les taux d'intĂ©rĂȘt au jour le jour doit permettre de tempĂ©rer l'inflation en ralentissant la forte demande. Ces taux sur les fonds fĂ©dĂ©raux dĂ©terminent le coĂ»t de l'argent que les banques se prĂȘtent entre elles, et les relever rend donc le crĂ©dit plus onĂ©reux. Or si le crĂ©dit coĂ»te plus cher, particuliers et entreprises consomment ou investissent moins.

La Fed s'était jusqu'à présent montrée prudente sur les hausses, craignant que cela ne ralentisse trop brutalement la reprise économique et, par ricochet, le marché de l'emploi.

Mais le pays a désormais presque renoué avec le plein emploi, le taux de chÎmage ayant chuté en décembre à 3,9%, proche de son niveau d'avant la crise (3,5%), avec une pénurie de main-d'oeuvre qui place les salariés en position de force par rapport aux employeurs.

- Dette des pays émergents -

Le risque vient désormais de la Bourse, et la mesure, bien qu'attendue, fait craindre une correction. Les marchés européens ont dévissé lundi, Wall Street a plongé au plus bas depuis des mois.

L'ampleur de la chute pourrait mĂȘme pousser la Fed Ă  ralentir le mouvement, avertit l'Ă©conomiste Joel Naroff: "Si les marchĂ©s boursiers continuent de faiblir, (...) je ne sais pas ce que fera le (comitĂ© monĂ©taire) lors de la rĂ©union des 15 et 16 mars". "Je m'attendais Ă  une dĂ©monstration de force, avec 50 points de base en mars, mais cela pourrait ĂȘtre hors de propos", a-t-il dĂ©taillĂ©.

Une hausse des taux trop rapide pourrait également pénaliser les pays émergents et en développement, dont la dette est libellée en dollars, a averti le Fonds monétaire international (FMI).

"Cela va ĂȘtre un dĂ©fi pour les banquiers centraux cette annĂ©e d'ĂȘtre en mesure de communiquer la transition vers une politique monĂ©taire plus stricte. Et ils doivent gĂ©rer cela avec prĂ©caution", a indiquĂ© Ă  l'AFP la cheffe Ă©conomiste du FMI, Gita Gopinath.

Elle a également dit douter que l'inflation redescende à 2%, cible de la Fed, d'ici fin 2022, comme l'anticipe notamment la secrétaire au Trésor, Janet Yellen.
Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis, tablant, pour 2022, sur 4,0%, contre 5,2% auparavant attendus.

AFP

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