Conflit israélo-palestinien

Frappes sur le sud de Gaza, querelle sur un futur Etat palestinien

  • PubliĂ© le 19 janvier 2024 Ă  07:32
  • ActualisĂ© le 19 janvier 2024 Ă  08:36
De la fumée s'élÚve dans le ciel au-dessus de Khan YounÚs, le 18 janvier 2024, vu depuis Rafah dans la bande de Gaza

L'armée israélienne bombarde intensément vendredi le sud de bande de Gaza sur fond d'un important différend entre Israël et Washington à propos d'un éventuel Etat palestinien et d'une régionalisation croissante du conflit jusqu'au large du Yémen.

Aux premiĂšres heures de vendredi, des tĂ©moins ont fait Ă©tat de tirs et des frappes aĂ©riennes Ă  Khan YounĂšs, principale ville du sud de la bande de Gaza oĂč se cachent selon IsraĂ«l de nombreux membres de la direction locale du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le Croissant-Rouge palestinien a déploré "d'intenses" tirs d'artillerie "dans les environs" de l'hÎpital local al-Amal, l'agence palestinienne Wafa faisant état de nombreux morts et blessés dans la nuit à Khan YounÚs, épicentre désormais des combats.

"Les soldats appuyés par l'artillerie et l'aviation ont éliminé des dizaines de terroristes (dans des combats) au corps à corps" à Khan YounÚs, a indiqué l'armée israélienne affirmant avoir atteint le secteur "le plus au sud" de Gaza depuis le début de son déploiement terrestre qui avait commencé tout au nord du territoire palestinien.

A Gaza, oĂč environ 80% de la population a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e par les raids ou les combats, la situation humanitaire demeure critique.

L’organisation mondiale de la SantĂ© (OMS) a annoncĂ© dans la nuit avoir recensĂ© 24 cas d'hĂ©patite A, une infection virale du foie et des "milliers" de cas de jaunisse "probablement" liĂ©es Ă  la propagation de cette hĂ©patite.

"Les conditions de vie inhumaines – Ă  peu prĂšs d'eau potable, de toilettes propres et de possibilitĂ© de garder les environs propres – permettront Ă  l’hĂ©patite A de se propager davantage", a Ă©crit sur X, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, Ă©voquant un contexte sanitaire "explosif".

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre dans le sud d'Israël qui a tué 1.140 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de chiffres officiels.

Quelque 250 personnes ont Ă©tĂ© enlevĂ©es et emmenĂ©es Ă  Gaza durant l'attaque, dont une centaine ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©es Ă  la faveur d'une trĂȘve fin novembre. Selon IsraĂ«l, 132 restent dĂ©tenues dont 27 seraient mortes.

En représailles, Israël a juré "d'anéantir" le Hamas, qui avait pris le pouvoir à Gaza en 2007. Selon le ministÚre de la Santé du Hamas, 24.620 personnes, en grande majorité des femmes, enfants et adolescents ont été tuées et 61.830 blessées dans les opérations israéliennes.

- Un Etat palestinien ? -

"Nous ne nous satisferons pas de moins qu’une victoire totale, ce qui signifie l’élimination des chefs terroristes, la destruction des capacitĂ©s opĂ©rationnelles et militaires du Hamas, le retour de nos otages Ă  la maison, la dĂ©militarisation de Gaza avec un contrĂŽle sĂ©curitaire d’IsraĂ«l total et sur tout ce qui entre dans" ce territoire palestinien, a dĂ©clarĂ© jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

"La victoire prendra de longs mois", a-t-il martelé. Et d'ajouter: "Israël doit avoir le contrÎle de la sécurité sur l'ensemble du territoire situé à l'ouest du Jourdain. Il s'agit d'une condition nécessaire, qui est en contradiction avec l'idée de souveraineté (palestinienne)".

"Nous voyons évidemment les choses de façon différente", a lùché le porte-parole du Conseil national de sécurité John Kirby, interrogé sur des propos du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu semblant apporter une fin de non recevoir aux sollicitations américaines.

Les Etats-Unis, principal allié d'Israël et soutien clé dans son opération contre le Hamas, répÚtent de leur cÎté que la création et la reconnaissance d'un Etat palestinien viable est nécessaire pour envisager une "véritable sécurité".

Au cours de la nuit, l'armĂ©e a menĂ© des raids dans diffĂ©rents secteurs de la Cisjordanie occupĂ©e, notamment Ă  Tulkarem oĂč le ministĂšre de la SantĂ© de l'AutoritĂ© palestinienne dĂ©nombre au moins six morts depuis mercredi.

La communauté internationale, elle, redoute un débordement du conflit avec les échanges de tirs quotidiens à la frontiÚre israélo-libanaise, la multiplication des attaques des Houthis contre les navires marchands en mer Rouge et dans le golfe d'Aden et l'intensification des frappes américaines au Yémen.

- Houthis vs. Washington -

TÎt vendredi, les rebelles Houthis ont revendiqué des tirs contre un pétrolier américain, le Chem Ranger, circulant dans le Golfe d'Aden, nouvelle attaque en date de ce groupe soutenu par l'Iran contre des navires marchands en "solidarité" avec Gaza.

Selon le site spécialisé Marine Traffic, le Chem Ranger est un pétrolier battant pavillon des ßles Marshall qui se trouvait ces derniers jours au large des cÎtes du Yémen.

Le commandement militaire américain au Moyen-Orient (Centcom) a confirmé que les Houthis avaient bien visé le Chem Ranger, sans toutefois l'atteindre comme le prétendent les rebelles. L'équipage "a vu les missiles toucher l'eau prÚs du navire", a indiqué le Centcom, assurant qu'il n'y avait eu ni dommages, ni blessés.

Plus tĂŽt, jeudi, les Etats-Unis avait bombardĂ© des missiles Houthis "ĂȘtre lancĂ©s de maniĂšre imminente en mer Rouge". Il s'agissait de la cinquiĂšme que Washington bombarde des positions des Houthis, mouvement remis mercredi par Washington sur une de ses listes des organisations "terroristes".

AFP

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