MĂȘme si rien n'est rĂ©glĂ©, Chris Froome a repris la compĂ©tition mercredi au Tour d'Andalousie, pour sa premiĂšre apparition publique depuis la rĂ©vĂ©lation de son contrĂŽle antidopage anormal.
Et tout en disant faire "profil bas", le Britannique a fustigé la "désinformation" autour de l'affaire.
Au départ de la "Ruta del Sol", l'autre nom de cette épreuve remportée par Froome en 2015, le leader de l'équipe Sky a reçu un accueil plutÎt bienveillant de la part du public, qui l'a chaudement applaudi au moment de sa signature sous un soleil déjà printanier.
AprĂšs deux mois de silence mĂ©diatique, brisĂ© seulement par quelques rares tweets ou communiquĂ©s lissĂ©s et soupesĂ©s, le quadruple vainqueur du Tour de France a rĂ©pĂ©tĂ© les mĂȘmes arguments de dĂ©fense. Mais il a aussi critiquĂ© ceux qui, dans le monde du cyclisme, l'ont priĂ© de ne plus courir avant que la procĂ©dure le concernant ne soit tranchĂ©e.
"Il y a beaucoup de désinformation qui circule et beaucoup d'opinions de gens qui ne comprennent pas tout à la procédure", a dit le Britannique.
"Je crois fermement que quand tous les faits seront connus, les gens verront les choses de mon point de vue", a-t-il ajouté lors d'un point presse improvisé devant le bus de son équipe, au départ de la 1re étape de l'épreuve espagnole à Mijas, prÚs de Malaga.
- 'Je fais profil bas' -
Réglementairement, le leader de l'équipe Sky a le droit de courir dÚs lors que la substance incriminée dans son contrÎle anormal, le salbutamol (anti-asthmatique), n'entraßne pas de suspension provisoire. Mais dans l'attente d'une décision de l'Union cycliste internationale (UCI) dans ce dossier, le fait que Froome accroche un dossard a suscité un certain malaise dans le peloton.
A ce stade, la dĂ©fense du coureur, ĂągĂ© de 32 ans, n'a pas encore annoncĂ© avoir prĂ©sentĂ© le dossier scientifique Ă mĂȘme de justifier, Ă©ventuellement, le rĂ©sultat anormal subi en septembre lors de sa victoire sur le Tour d'Espagne, et rĂ©vĂ©lĂ© en dĂ©cembre par les quotidiens français Le Monde et britannique The Guardian.
"Nous travaillons aussi dur que possible pour résoudre cette situation. Personne ne souhaite plus que moi que cela se résolve vite", a dit Froome.
"Il est sĂ»r que cela a Ă©tĂ© une pĂ©riode difficile, ce ne sont pas des circonstances normales. Ăvidemment, cela devait ĂȘtre une procĂ©dure confidentielle mais elle a Ă©tĂ© rendue publique. Nous faisons de notre mieux pour rĂ©soudre tout cela. Je fais profil bas, je reste concentrĂ© sur mon entraĂźnement et ma prĂ©paration", a-t-il assurĂ©.
Parmi les voix les plus critiques à l'encontre du Britannique, le président de l'UCI, le Français David Lappartient, a demandé que Froome reste sur la touche jusqu'à la décision le concernant.
- La logique sportive faussée ? -
Interrogé à ce sujet, le Britannique a répliqué avoir surtout reçu des marques de bienveillance. "Le soutien du peloton a été incroyable", a-t-il fait valoir.
"C'est une période difficile pour tout le monde, les supporteurs, tous les coureurs, mais le soutien que j'ai reçu a été incroyable. Cela a été d'une grande aide dans cette période difficile", a insisté Froome.
S'il vient Ă ĂȘtre blanchi par la suite, ce retour Ă la compĂ©tition est un jalon indispensable pour le Britannique qui a besoin d'accumuler les kilomĂštres en vue de ses objectifs: participer cette annĂ©e au Tour d'Italie (dĂ©part le 4 mai) puis au Tour de France (7 juillet) dans lequel il veut Ă©galer le record des cinq victoires.
En revanche, si une sanction lui est infligĂ©e, le risque est grand que le palmarĂšs de la Ruta del Sol doive ĂȘtre modifiĂ© a posteriori, faussant la logique sportive de l'Ă©preuve courue de mercredi Ă dimanche.
Quoi qu'il en soit, Froome s'est placé parmi les premiers coureurs sur la ligne de départ mercredi à Mijas, avant 196 km de moyenne montagne jusqu'à Grenade. Comme si de rien n'était.
Par Julie CARNIS - © 2018 AFP


